L’aéroport de Qleyaat, au Liban-Nord. Photo fournie à notre correspondant Michel Hallak
Le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, a annoncé jeudi que le lancement de la procédure d’attribution du projet de réhabilitation et de remise en service de l’aéroport René Moawad de Qleyaat, qui n’a pas été utilisé pour les vols civils depuis trente ans, est programmé pour le 19 mai. La procédure d’attribution, qui prend la forme d’une enchère publique, a été lancée le 23 avril, selon les informations disponibles sur le site de l’Autorité des marchés publics. La procédure devra cependant être reconduite ou son délai prolongé s’il n’y a pas suffisamment de candidats à l’issue du délai fixé au 19 mai.
Le président Joseph Aoun avait annoncé la veille l’attribution prochaine de ce marché public, qui fait partie des projets phares portés par l’exécutif depuis le début de son mandat en janvier 2025 et la formation du gouvernement de Nawaf Salam un mois plus tard.
Le gouvernement avait approuvé en février dernier la demande du ministère des Travaux publics et des Transports pour la réouverture progressive de cet aéroport situé dans le nord du Liban, pour une première phase de quatre ans. Avant la reprise de la guerre entre le Hezbollah et Israël l 2 mars, le ministère espérait voir l’infrastructure accueillir ses premiers vols cette année.
« Dès l’entrée en vigueur du cessez-le-feu » entre le Hezbollah et Israël, le 17 avril, « nous avons fixé au 19 courant l'ouverture des plis et le lancement de la procédure d’attribution pour l’exploitation de l’aéroport de Qleyaat », a déclaré le ministre Rassamny à l'Agence nationale d'information (Ani). Selon M. Rassamny, l’ouverture des plus dans le cadre de l'enchère publique sera suivie d’une phase d’évaluation technique, administrative et opérationnelle des propositions soumises, afin d’attribuer le marché à « l’entité répondant le mieux aux critères requis ». Cette procédure devrait prendre plusieurs jours, conformément aux mécanismes adoptés par l’administration des appels d’offres et aux évaluations techniques propres aux projets liés au secteur de l’aviation civile, a-t-il expliqué.
Le ministre a précisé qu’une fois l’enchère attribuée, la partie retenue disposera d’un délai de 90 jours pour réaliser les travaux nécessaires. Ceux-ci comprennent notamment la construction d’un terminal destiné aux passagers ainsi que la réhabilitation des infrastructures techniques et opérationnelles de l’aéroport, afin de permettre l’accueil de vols commerciaux conformément aux normes de sécurité et de l’aviation civile en vigueur.
Selon les détails de l’appel d’offres publiés sur le site de la Direction des adjudications, il s’agit d’une « enchère publique » portant sur l’exploitation et l’investissement de l’aéroport René Moawad. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 19 mai 2026 à 10h pour soumettre leurs offres, tandis que la séance d’ouverture des dossiers administratifs et techniques est prévue le même jour à 11h. Le cahier des charges peut être retiré auprès du secrétariat de la Direction générale de l’aviation civile, après paiement d’un montant de 100 dollars. Les documents joints à l’appel d’offres comprennent notamment le cahier des charges unifié relatif à l’exploitation et à l’investissement de l’aéroport, ainsi qu’une décision portant sur l’annulation puis la relance de la procédure de mise en adjudication.
La conversion de l’aéroport militaire de Qleyaat en infrastructure civile est évoquée depuis plusieurs années déjà, notamment pour désengorger l’aéroport international de Beyrouth (AIB), seul aéroport civil en fonction dans tout le pays. Durant les guerres de 2024 puis de 2026, dont l'escalade avait atteint Beyrouth, le projet de réhabilitation d’un second aéroport civil à Qleyaat s’était révélé plus pressant, alors que l’armée israélienne ciblait les abords de l’AIB. Cet aérodrome du Nord, construit en 1938 par l’armée française, a été placé sous le contrôle de l’armée libanaise en 1966, qui l'a modernisée en base militaire. Il a été rebaptisé aéroport René Moawad en 1989, en hommage au président de la République élu – sur les lieux mêmes – et assassiné.



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Très bien, il faut bien commencer quelque part.
18 h 07, le 08 mai 2026