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Liban

Aoun appelle à mettre fin aux sit-in, aux grèves et aux manifestations

Baabda

Le chef de l’État insiste sur le fait que la crise « ne doit pas atteindre une limite extrême et interdite »

OLJ
15/05/2019

L’iftar présidentiel est devenu une tradition qui rassemble la classe politique, les hauts fonctionnaires, les dignitaires religieux, les responsables militaires et sécuritaires, les personnalités des différents milieux économiques et les diplomates, autour du chef de l’État, du président de la Chambre et du Premier ministre. Cette année, ce rendez-vous a été placé sous le signe de la crise économique et le discours du président s’est voulu un appel à partager les responsabilités, à serrer les coudes et en même temps un message d’espoir. Tout comme il avait annoncé l’an dernier, à la même occasion, que cette année marquera le début de la lutte contre la corruption, le président Michel Aoun a déclaré hier devant ses invités que l’an prochain le Liban aura fait de grands pas vers la sortie de crise. D’une voix solennelle, il s’est engagé devant les Libanais à poursuivre la lutte contre la corruption, en dépit de l’augmentation des pressions, « car elle constitue la pierre angulaire de toute réforme ».

Dans son discours, le président de la République a bien entendu évoqué le projet de loi sur le budget en déclarant qu’il repose sur deux priorités, d’abord « l’identification des sources de gaspillage pour les éliminer et ensuite, la mise en avant de la fonctionnalité économique du budget pour s’attaquer aux causes essentielles du déficit au niveau financier et commercial à la lumière de l’intérêt supérieur du peuple libanais ».

Le chef de l’État a ainsi affirmé que le pays traverse actuellement une crise économique, qui est en majorité la conséquence d’un passé lourd, mais elle peut être surmontée si tous les Libanais s’entraident et acceptent de sacrifier certains de leurs privilèges. Il a toutefois promis que les sacrifices seront équilibrés et reposeront sur un souci de justice. « Nous devons revenir à notre conscience nationale et dépasser nos intérêts personnels immédiats pour éviter que la crise n’atteigne la limite extrême et interdite. Sauvons-nous nous-mêmes et acceptons les sacrifices requis », a encore souligné le chef de l’État. En même temps, il a lancé un appel à arrêter les grèves, sit-in et les manifestations qui, a-t-il dit, « ne font que paralyser les secteurs privé et public ». Il a aussi invité les médias à participer à cet effort national en cherchant à maintenir l’espoir vivace dans le cœur des Libanais. D’ailleurs, le président Aoun ne manque pas une occasion de souligner l’importance du rôle des médias dans le monde d’aujourd’hui.Aoun s’est voulu rassurant au sujet de la livre, en affirmant qu’elle n’est pas menacée et que les difficultés actuelles sont momentanées et limitées.


(Lire aussi : Budget 2019 : Bassil et Hasbani contraignent Khalil à revoir sa copie)


Le président a ensuite évoqué les protestations populaires en expliquant qu’elles cachent « une réalité douloureuse, celle de la perte de confiance des Libanais en l’État ». C’est pourquoi il s’est directement adressé au gouvernement, représenté par la majorité des ministres, pour lui dire : « Rendez aux Libanais leur confiance dans leur État. Montrez-leur que leurs sacrifices ne seront pas engloutis dans le gouffre du gaspillage et de la corruption. »

Michel Aoun a aussi rappelé que lorsqu’il a appelé les Libanais « le grand peuple du Liban », il pensait surtout à leur capacité à affronter les crises et à les surmonter, avec détermination, courage et confiance, en se tournant toujours vers l’avenir. « Pour moi, vous resterez toujours ce grand peuple du Liban », a-t-il conclu.


(Lire aussi : Budget 2019 : la question des rémunérations dans la fonction publique encore reportée)


Mélanger les orientations
Le discours du chef de l’État a été très applaudi et des groupes se sont ensuite formés pour échanger les commentaires. Le ministre du Tourisme, Avédis Guidanian, a ainsi laissé entendre que le gouvernement devrait achever l’examen du projet de loi sur le budget à la fin de la semaine. Le député Jamil Sayyed a eu des apartés avec quelques députés dont Ibrahim Moussaoui du Hezbollah. Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, était avec son épouse Sethrida à la même table que le ministre et chef du CPL, Gebran Bassil. D’ailleurs, à chaque table il y avait une tentative de mélanger les tendances et les orientations pour faire de cet iftar un espace de dialogue et de retrouvailles. La plupart des jeunes députés étaient présents, comme Taymour Joumblatt, mais aussi Sami Fatfat, Ibrahim Azar, Eddy Maalouf et d’autres auprès desquels Samy Gemayel faisait désormais figure de vétéran. Tous les courants et partis politiques étaient présents, ainsi que les différents corps professionnels et syndicats, dans une atmosphère bon enfant. Le palais présidentiel était ainsi hier un petit résumé du Liban tout entier dans sa diversité, le chef de l’État saisissant l’occasion pour appeler au réveil de la conscience nationale et à la solidarité en vue de traverser cette crise.


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Gros Gnon

Se rend-il seulement compte qu'il est un peu derrière tout ça avec toutes les promesses populistes qu’il a faites (conjugaison?) depuis son retour en 2005?...

LIBAN D'ABORD

Une solution radicale auquel personne ne pourra s’opposer est de faire dévaluer la livre libanaise lentement de façon à ce que en dollars tous les montants deviennent inférieur
Pourquoi cet entêtement à vouloir garder la livre à un taux fixe alors que les banques payent des intérêts de 7 %
D’autre part en même temps empêcher le change
De la livre libanaise contre une devise si ce change n’est pas pour payer une importation de produits de l’etranger
Chypre avait même mis un retrait maximum par semaine dans les banques durant sa crise financiere
UNE SOLUTION À LAQUELLE PERSONNE NE PEUT S’OPPOSER CAR ELLE REFLÈTERA LA RÉALITÉ DE LA SITUATION ÉCONOMIQUE DU PAYS
ALLEZ M RIAD SALAMÉ THINK OUT OF THE BOX NOW

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ENCORE FAUT-IL POUVOIR DECIDER DES REFORMES ET DES MESURES D,AUSTERITE ET AVOIR LE POUVOIR DE LES APPLIQUER. LE REGIME FORT... EST FORT CONTROVERSÉ !

Irene Said

Monsieur Michel AOUN,
dirigez, vous et votre gouvernement, ce pays de façon correcte, et vous n'aurez plus besoin de lancer des appels, car il n'y aura plus de grèves, manifestations et sit-in,
c'est aussi simple que cela !
Irène Saïd

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