Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Karim Souhaid, lors d'une réunion à Washington, en octobre 2025. Photo BDL
Dans un communiqué publié mardi 5 mai, le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souhaid, a défendu sa politique monétaire afin de répondre à « ce qui a été récemment rapporté concernant l’évolution des actifs en devises » de l'institution, dans les médias.
Le gouverneur attribue la baisse des réserves de change de la banque centrale ces derniers mois à une conjonction de facteurs liés au contexte géopolitique depuis la reprise de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars, ainsi qu’à l'impact de mesures sociales décidées par le gouvernement. « La baisse temporaire de 516 millions de dollars enregistrée durant les mois de février, mars et avril 2026 (…) ne reflète aucune défaillance des politiques monétaires ou financières adoptées, mais résulte plutôt de développements géopolitiques exceptionnels qu’ont connus le pays et la région durant cette période, ayant entraîné un ralentissement relatif du rythme d’achat de devises par la BDL et de son intervention sur les marchés », a-t-il notamment plaidé.
« En parallèle, les paiements en espèces ont augmenté au début de l’année 2026, en raison de la hausse des dépenses du secteur public et de l’augmentation des plafonds de retraits en vertu des circulaires n° 158 et n° 166 (autorisant des retraits limités de dollars « frais » depuis les comptes bancaires bloqués depuis 2019, NDLR) », a poursuivi le gouverneur, soulignant que ces facteurs ont exercé « une pression temporaire sur le niveau des actifs. »
Karim Souhaid met également en avant le fait que la valeur des actifs de la BDL « est également influencée par des facteurs purement d’évaluation, résultant des fluctuations des taux de change mondiaux, notamment les variations de l’euro par rapport au dollar ». Selon lui, « ces facteurs comptables ne reflètent pas des flux de trésorerie réels ». Il assure également que « la BDL coopère avec le ministère des Finances et continue de maîtriser la masse monétaire en livres libanaises, laquelle demeure à des niveaux similaires aux précédents, ce qui témoigne d’une stabilité à long terme du taux de change. »
Nommé fin mars 2025 à la tête de la BDL, le gouverneur appelle de son côté à apprécier l’évolution de ces réserves en incluant sa première année de mandat, sur laquelle il affirme, en se basant sur « des données officielles », que les actifs de la BDL ont affiché une « hausse nette de 372 millions de dollars » – à environ 11,43 milliards de dollars –, entre avril 2025 et 2026, malgré les fluctuations conjoncturelles observées durant certains mois. Il précise en outre que, sur la période allant d’avril à décembre 2025, ces réserves ont augmenté d’environ 888 millions de dollars.
Il assure enfin que « les politiques monétaires adoptées par la banque centrale, ainsi que les politiques financières de l’État mises en œuvre par les autorités compétentes, ont démontré leur capacité à maintenir un équilibre relatif sur le marché et à protéger les actifs, malgré la faiblesse des ressources financières du pays et les conditions exceptionnelles ».
Nouvelle visite annoncée à Washington
Au surlendemain de la publication de son plaidoyer, le gouverneur s’est entretenu à Baabda avec le président Joseph Aoun pour une discussion qui a abordé l’état de la stabilité monétaire et économique dans le pays « dans le contexte actuel et les derniers développements liés aux lois de réforme bancaire », selon le communiqué de la présidence publié jeudi sur X.
Le gouverneur de la Banque centrale a notamment informé le président de sa prochaine visite aux États-Unis, au cours de laquelle il doit tenir des réunions avec des responsables clés du Fonds monétaire international ainsi qu’avec des responsables américains chargés des affaires monétaires, financières et du Trésor.
Cette annonce intervient après que le gouvernement libanais a adopté, jeudi 30 avril, une série d'amendements à la loi de juillet 2025 sur la résolution bancaire afin de rendre ce texte davantage compatibles aux exigences du FMI, tandis que le projet de loi dit sur « le trou financier » doit encore être adoptés.
Les discussions devraient également porter sur la réglementation s’appliquant aux institutions financières non bancaires, que la BDL a renforcé depuis un an dans un contexte de pression américaine et internationale croissante sur les circuits de financement du Hezbollah.



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Le gouverneur de la BDL se targue de maintenir la "stabilité à long terme du taux de change. » ? Quelle blague. De toutes manieres la Livre Libanaise ne vaut que par le cout du papier sur lequel elle est imprimee.
18 h 37, le 07 mai 2026