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Économie

Budget 2019 : le FMI fait « confiance » au gouvernement, assure Bteich

Entretien

Le ministre de l’Économie et du Commerce est revenu pour « L’Orient-Le Jour » sur l’évolution de l’examen de l’avant-projet de budget par le gouvernement, qui doit se poursuivre aujourd’hui.

06/05/2019

Mardi dernier, au lendemain du week-end des Pâque orthodoxes, le gouvernement Hariri III entamait enfin l’examen de l’avant-projet de budget pour 2019. Un processus lancé avec plusieurs mois de retard déjà sur le calendrier prévu par la Constitution et un objectif aussi impérieux que pressant : transmettre aux députés un projet de loi de finances qui entérine les premières réformes que les dirigeants libanais se sont engagés à lancer lors de la Conférence de Paris en avril 2018 (CEDRE) pour commencer à assainir les finances publiques du pays.

Après quatre réunions, le Conseil des ministres a passé en revue une quarantaine d’articles sur la soixantaine que compte l’avant-projet préparé par le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, et doit aujourd’hui en principe se pencher sur la houleuse question de la réduction des dépenses dans la fonction publique, qui a déjà provoqué plusieurs manifestations, entre autres sujets délicats. Ces difficultés qui ne semblent toutefois pas inquiéter le ministre de l’Économie et du Commerce, Mansour Bteich. « J’ai tout lieu de croire que le gouvernement va pouvoir atteindre les objectifs fixés. Nous avons les moyens de le faire, mais il faut établir le bon diagnostic et se mettre d’accord sur l’approche », assure-t-il à L’Orient-Le jour.


(Lire aussi : Budget 2019 : report du vote sur la hausse de la taxe sur les intérêts bancaires)


Le budget n’est qu’un point de départ
Le haut responsable, qui s’était distingué mardi en critiquant certains choix du ministère des Finances, a déclaré ultérieurement à L’Orient-le Jour que le Fonds monétaire international (FMI) était plus « confiant » en la capacité des dirigeants libanais à s’entendre depuis l’adoption, le 8 avril, du plan de réforme de l’électricité, quelques jours avant qu’une délégation libanaise ne se rende à Washington pour rencontrer des responsables de l’institution internationale.

« C’était la première fois où nous étions une équipe cohérente et unie avec un seul point de vue », raconte M. Bteich en rappelant qu’il présidait la délégation composée de quatre membres du ministère des Finances, dont son directeur général, Alain Bifani. « Les pertes liées au secteur de l’électricité ont pesé pour presque 47 % de la dette publique. L’adoption du plan sur la réforme de l’électricité était la première étape. Celle du budget sera la seconde », ajoute le ministre, soulignant que l’objectif n’est pas uniquement de réduire le déficit public à moins de 9 % du PIB. « J’ai proposé (mardi) de lier la réduction du déficit budgétaire à celle de la balance commerciale ainsi que dans les comptes courants extérieurs. C’est la première fois qu’on essaye au sein du gouvernement de lier les deux », poursuit-il, notant qu’en 2018, le déficit public était de l’ordre de 6,5 milliards de dollars pour un déficit commercial qui s’élève à 20 milliards de dollars et une balance des paiements en dedans de plus de 4,8 milliards de dollars. « Une autre difficulté concerne le niveau de la consommation, qui représente 105 % du PIB, dont près de 92 % pour les ménages et 13 % pour l’État. Ce qui veut dire qu’il n’y a pas d’épargne ni d’investissement », expose encore M. Bteich.

« Il y a un problème grave dans la structure économique du pays. Cela ne se limite pas uniquement aux comptes de l’État. Ce projet de budget n’est que le début. Il ne pourra pas apporter toutes les solutions, mais permettra de donner un signal très clair sur la détermination du gouvernement », martèle-t-il. S’il affirme ne pas être autorisé à communiquer de détails sur les pistes qui sont actuellement débattues par l’exécutif, le ministre assure toutefois que beaucoup de pistes ont été identifiées, notamment pour « réduire les dépenses courantes non productives et les subventions qui ne sont pas efficaces », tout en favorisant les investissements dans les secteurs productifs. Un axe de travail qui figure parmi ceux proposés par le ministre mardi dernier, avec la lutte contre l’évasion fiscale et l’instauration d’un impôt progressif unique sur le revenu.

La suppression de toutes les exonérations fiscales, la hausse du taux d’imposition sur les intérêts bancaires de 7 à 10 % (déjà relevé de deux points en octobre 2017 et dont l’exécutif devrait continuer de débattre aujourd’hui ) ; la mise en place d’une taxe de 3 % pendant trois ans sur les importations – en dehors de celles destinées à l’industrie – pour favoriser la production locale ; la hausse de l’imposition sur les revenus générés par les concessions accordées par l’État ; ou encore la remise à plat des mécanismes de subventions des intérêts des prêts au secteur privé, notamment dans l’immobilier ; font partie des autres mesures proposées par le ministre mardi.Interrogé enfin sur ses remarques formulées début avril à l’encontre de la politique monétaire de la Banque du Liban, M. Bteich a rejeté toute polémique à ce sujet en insistant sur le fait « qu’(il) avait simplement appelé à une coopération plus étroite entre l’État et la Banque centrale ».


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