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Renault signale à la justice des flux suspects entre Oman et le Liban remontant à l'ère Carlos Ghosn

Selon des sources proches du dossier citées par Reuters, le constructeur français a versé plusieurs millions d'euros désignés comme des primes de performance à Suhail Bahwan Automobiles, distributeur commercial des marques de l'alliance à Oman. L'essentiel des fonds a été ensuite transféré à une société libanaise contrôlée par des associés de l'homme d'affaires franco-libano-brésilien.

L'ancien PDG de Renault-Nissan, l'homme d'affaires libano-franco-brésilien Carlos Ghosn, à sa sortie de prison de Tokyo, le 6 mars 2019. REUTERS/Issei Kato

Renault a alerté la justice française après avoir découvert l'existence de paiements suspects à un partenaire commercial de Renault-Nissan à Oman, au Moyen-Orient, remontant à l'ère Carlos Ghosn, qui ont ensuite transité par le Liban, ont déclaré à Reuters deux sources proches du dossier. Ce signalement, qui concerne des flux ayant circulé entre 2011 et 2016, a été réalisé en fin de semaine dernière, a précisé l'une des sources.

L'existence des paiements a été découverte par l'enquête interne ouverte par Renault après l'arrestation de l'homme d'affaires franco-libano-brésilien en novembre dernier, sur des accusations de malversations financières chez Nissan, qu'il dément.

Selon cette enquête, Renault a versé plusieurs millions d'euros désignés comme des primes de performance à Suhail Bahwan Automobiles, distributeur commercial des marques de l'alliance à Oman, ont dit les sources au fait du contenu détaillé des investigations. Les éléments adressés par Renault au parquet suggèrent également que l'essentiel des fonds a été ensuite transféré à une société libanaise contrôlée par des associés de Carlos Ghosn. Selon les sources, la somme totale versée par le groupe français se chiffre à au moins dix millions.

Nissan, le partenaire japonais de Renault dont M. Ghosn était président, a établi pour sa part dès janvier que sa propre filiale régionale avait effectué des paiements suspects de plus de 30 millions de dollars à SBA.

Un porte-parole de Renault n'était pas en mesure dans l'immédiat de commenter ces informations.

L'avocat français de Carlos Ghosn, Jean-Yves Leborgne, n'était pas joignable dans l'immédiat pour faire un commentaire, tout comme le porte-parole de Carlos Ghosn aux Etats-Unis, le parquet français et SBA.


Libéré le 6 mars sous caution après plusieurs mois de prison, Carlos Ghosn, qui n'a pas le droit de quitter le Japon, a été inculpé dans ce pays pour minoration d'une partie de ses revenus pour un montant de 9,23 milliards de yens (74 millions d'euros) entre 2010 et 2018, dans les rapports de Nissan remis aux autorités boursières. Il a également été inculpé pour divers abus de confiance.

En France, l'ancien patron, déchu de toutes ses fonctions chez Renault et Nissan, est soupçonné d'avoir obtenu la location du château de Versailles et du Grand Trianon pour l'organisation de son mariage, une prestation évaluée à 50.000 euros, en contrepartie d'une convention de mécénat signée entre l'établissement public et la marque au losange. L'enquête, confiée à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff), fait suite à un signalement de Renault à la justice début février.

Un Conseil d'administration du constructeur est prévu mercredi afin de préparer la prochaine assemblée générale des actionnaires. La rémunération de Carlos Ghosn au titre de 2018 devrait notamment y être discutée ainsi que le renouvellement d'administrateurs arrivés en fin de mandat. La réunion sera aussi l'occasion de faire un point sur les résultats de l'enquête interne.

Carlos Ghosn a déjà dénoncé, dans deux interviews accordées en prison, un "complot" ourdi par le constructeur nippon pour faire échouer son projet de rapprochement plus poussé avec Renault. Mais il ne s'est encore jamais exprimé sur les soupçons qui ont émergé en France.



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Renault a alerté la justice française après avoir découvert l'existence de paiements suspects à un partenaire commercial de Renault-Nissan à Oman, au Moyen-Orient, remontant à l'ère Carlos Ghosn, qui ont ensuite transité par le Liban, ont déclaré à Reuters deux sources proches du dossier. Ce signalement, qui concerne des flux ayant circulé entre 2011 et 2016, a été...

commentaires (3)

Faut surtout pas compter sur la France pour vous enfoncer ! Carlos va en Chine stp.

FRIK-A-FRAK

21 h 22, le 01 avril 2019

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Commentaires (3)

  • Faut surtout pas compter sur la France pour vous enfoncer ! Carlos va en Chine stp.

    FRIK-A-FRAK

    21 h 22, le 01 avril 2019

  • Certains veulent l'achever... Qui parle encore du sauvetage de Nissan par ce capitaine ? J'espère pour Carlos Ghosn qu'il aura assez de ressources pour remonter la pente.

    Sarkis Serge Tateossian

    21 h 00, le 01 avril 2019

  • JE REGRETTE POUR LUI DE LIRE DE CES NOUVELLES.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    19 h 05, le 01 avril 2019