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Politique - Décryptage

Déposer les armes, devenir un parti politique ou perdre les deux : que choisira le Hezbollah ?


Les préparatifs pour les prochaines séances de négociations vont bon train, qu’il s’agisse de celle consacrée aux questions sécuritaires, prévue le 29 mai, ou de celles politiques les 2 et 3 juin, à Washington. Le Liban espère obtenir des résultats concrets, notamment en ce qui concerne le respect de la trêve prolongée jusqu’à la fin du mois de juin, et même en ce qui concerne un plan de retrait progressif israélien des territoires occupés. Mais il sait aussi qu’il doit tenir compte de l’attitude du Hezbollah, qui reste un facteur-clé dans toutes les décisions à venir.

Selon un responsable, l’équation actuelle est la suivante : le Hezbollah devrait désormais choisir entre perdre sa branche militaire et continuer d’exister en tant que formation politique ou bien disparaître complètement. Car, toujours selon ce responsable, la décision est prise au niveau international et régional d’en finir avec ses activités militaires. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le gouvernement libanais a décidé, le 2 mars, de considérer ces activités comme illégales.

Pour le responsable précité, la balle est donc désormais dans le camp du Hezbollah. C’est à lui de choisir s’il accepte de renoncer à sa structure militaire et de devenir un parti politique, un peu comme l'ont fait les différentes milices après la guerre civile. C’est dans ce contexte que la réunion sécuritaire du 29 mai au Pentagone revêt une importance capitale pour la suite des développements sur le terrain au Sud. Les Américains insistent en effet pour que cette mission soit menée par les Libanais eux-mêmes, avec le soutien de Washington.

Mais le problème, ajoute la source précitée, c’est que le Hezbollah refuse de prendre en compte cette réalité. Selon ses médias et ses proches, il est convaincu d’être en train d’enregistrer des victoires et il ne croit absolument pas à sa défaite face aux Israéliens. Il ne cesse donc de mettre en avant les drones qu’il utilise dans ses attaques et leur impact sur les cibles, et d’insister sur l’état d’insécurité qui régnerait dans le nord d’Israël. Mais pour de nombreux Libanais, cela ne suffit pas à contrer les Israéliens, qui rasent complètement le Sud. Sauf que le parti veut poursuivre la mobilisation de ses troupes et montrer que la victoire n’est pas impossible, même si elle ne sera pas éclatante. Il s’agirait, selon sa théorie, d’une victoire « stratégique » qui s’inscrit sur le long terme.

Comment, dans ce cas, le convaincre d’accepter de renoncer à ses armes, pour ne pas tout perdre et entraîner une base populaire qui continue de croire en lui ? La mission s’annonce difficile, voire impossible. Le Hezbollah est déterminé à aller jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix. Surtout qu’il n’a plus confiance dans le processus diplomatique officiel. Il estime avoir accordé une chance à ce processus pendant 15 mois (de novembre 2024 au début de mars 2026), sans obtenir le moindre résultat concret. Toutefois, à ce sujet, de nombreuses parties estiment que le Hezbollah a, de son côté, trompé tout le monde pendant cette période, en faisant semblant de vouloir donner une chance aux négociations diplomatiques, tout en s’employant à reconstituer ses forces. Mais cela ne change rien au fait que les Israéliens n’ont pas respecté leur part de l’accord.

De plus, ce que le Hezbollah ne dit pas mais craint, c’est que s’il renonce à ses armes, ses adversaires au Liban s’empresseront aussitôt de chercher à l’éliminer de la scène politique. Selon ses milieux, il ne bénéficierait alors plus d’aucun moyen de défense, ni même de la moindre protection, et il disparaîtrait complètement, en dépit des promesses reçues. Pour éviter un tel scénario, le Hezbollah préfère donc refuser la proposition de renoncer à ses armes et prendre le risque de perdre la bataille.

Entretemps, le Liban officiel est sommé par les Américains et la communauté internationale d’agir pour avoir effectivement le contrôle des armes sur l’ensemble du territoire, sinon il n’obtiendra pas la moindre concession israélienne. Comment sortir de l'impasse ? Certains estiment que seul l’usage de la force par l’armée pourrait ouvrir la voie à une solution crédible au problème du monopole des armes, et la réunion du 29 mai pourrait pousser dans ce sens en essayant de donner à la troupe les moyens d’agir. D’autres sont convaincus que seuls les Iraniens pourraient pousser le Hezbollah à remettre ses armes.

Les préparatifs pour les prochaines séances de négociations vont bon train, qu’il s’agisse de celle consacrée aux questions sécuritaires, prévue le 29 mai, ou de celles politiques les 2 et 3 juin, à Washington. Le Liban espère obtenir des résultats concrets, notamment en ce qui concerne le respect de la trêve prolongée jusqu’à la fin du mois de juin, et même en ce qui concerne un plan de retrait progressif israélien des territoires occupés. Mais il sait aussi qu’il doit tenir compte de l’attitude du Hezbollah, qui reste un facteur-clé dans toutes les décisions à venir. Selon un responsable, l’équation actuelle est la suivante : le Hezbollah devrait désormais choisir entre perdre sa branche militaire et continuer d’exister en tant que formation politique ou bien disparaître complètement. Car, toujours...
commentaires (6)

Bonne analyse de l’OLJ, cependant vous parlez souvent de l’occupation israélienne et jamais de l’occupation du sud Liban par le Hezbollah car c’est bien une occupation iranienne déguisée. Jamais ce pays ne connaîtra la prospérité tant que ces iraniens avec un passeport libanais continueront à se soumettre au régime sanguinaire des mollahs

Frankie

14 h 36, le 22 mai 2026

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Commentaires (6)

  • Bonne analyse de l’OLJ, cependant vous parlez souvent de l’occupation israélienne et jamais de l’occupation du sud Liban par le Hezbollah car c’est bien une occupation iranienne déguisée. Jamais ce pays ne connaîtra la prospérité tant que ces iraniens avec un passeport libanais continueront à se soumettre au régime sanguinaire des mollahs

    Frankie

    14 h 36, le 22 mai 2026

  • "Car, toujours selon ce responsable, la décision est prise au niveau international et régional d’en finir avec ses activités militaires. " Une telle phrase ne relève-t-elle pas de l'incantation ? La destruction de Gaza n'a pas permis celle du Hamas. Alors comment imaginer qu'une nouvelle guerre permettra celle du Hezbollah ? Tout se jouera certainement dans les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis. Sans accord avec l'Iran ( ce qui ne semble pas bien parti), il me paraît très difficile d'imaginer un désarmement du Hezbollah.

    Pierrick Poisson

    12 h 54, le 22 mai 2026

  • Quand les boites sous les turbans sont trouees et il y entre de L,AIR et sort du VENT, il est quasi certain de tout perdre avec ces deux COURANTS VIDES.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 39, le 22 mai 2026

  • La situation est bien decrite et analyse precise. Un article objectif (pour changer, de la part de Mme Haddad)....Merci

    Cadmos

    10 h 10, le 22 mai 2026

  • L'insistance de Téhéran à introduire la protection , non du Liban bien sûr, mais du Hezbollah, dans les négociations pakistanaises, montre l'intérêt ESSENTIEL que représente pour lui, sa milice au Liban. Dès lors, il est bien naïf de croire – et bien hypocrite de nous faire croire – que l'Iran acceptera de perdre cet atout essentiel. Il doit être bien clair que le Hezbollah ne déposera JAMAIS les armes (même s'il accepte, éventuellement, un accord qu'il se gardera de respecter). Bibi la bien compris et la guerre ne s'arrêtera qu'avec le dépôt de la dernière kalachnikov.

    Yves Prevost

    08 h 27, le 22 mai 2026

  • La dernière phrase semble bien être la réalité. Le hezbollah n’a pas été créé et chouchouté par les barbus pour décider, mais bien pour leur obéir. Son passé le prouve. Toutes ses aventures guerrières ont-elles servi « son » pays ? Ses guerres stériles pour défendre bachar, le hamas, les houtis et les autres, étaient pour défendre le Liban ? Allons donc, il s’agit de mercenaires sectaires, des pions et des sacs de sable. Sans sa quincaillerie guerrière, il n’y a pas de hezbollah, ni sur le terrain ni au parlement. Il a été condamné à mort, la sentence est en train d’être appliquée.

    NG

    07 h 09, le 22 mai 2026

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