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Ghosn privé de conseil chez Nissan, Renault discute de l'alliance

Justice

Selon une personne proche de Nissan, Carlos Ghosn aurait participé au conseil par téléconférence en raison des modalités fixées dans le cadre de sa libération sous caution.


OLJ/Reuters
11/03/2019

Un tribunal de Tokyo a rejeté la requête de Carlos Ghosn, président déchu de Nissan , qui souhaitait participer mardi au conseil d'administration du constructeur automobile japonais, qui doit porter notamment sur un renforcement de son alliance avec Renault.

Carlos Ghosn, libéré sous caution mercredi après plus de cent jours de détention à Tokyo pour répondre d'accusations de malversations, avait soumis cette demande au tribunal de district de Tokyo, conformément aux conditions de sa libération, a déclaré à la presse son avocat Junichiro Hironaka. L'avocat a précisé que son client pourrait faire appel, ajoutant que Nissan s'était fermement opposé à la présence de son ancien président, voulant sans doute éviter ainsi un face-à-face potentiellement explosif entre Carlos Ghosn et ceux qu'il accuse d'avoir fomenté un complot contre lui.

"L'opposition vigoureuse de Nissan à la participation de Carlos Ghosn est très regrettable", a estimé Junichiro Hironaka.

Selon une personne proche de Nissan, Carlos Ghosn aurait participé au conseil par téléconférence en raison des modalités fixées dans le cadre de sa libération sous caution.


(Lire aussi : Ghosn libéré en tenue d'ouvrier : son avocat reconnaît un "échec" désastreux)


Le rejet de sa demande intervient alors que Renault, principal actionnaire de Nissan, a confirmé être en discussion avec ses deux partenaires japonais Nissan et Mitsubishi en vue de créer un nouvel organe commun au sein de l'alliance pour faciliter leur collaboration. Trois sources au fait du dossier avaient dit plus tôt à Reuters que les trois partenaires envisageaient de mettre en place un conseil commun à la suite de l'arrestation en novembre de Carlos Ghosn qui occupait les postes de président du conseil d'administration des trois sociétés. Nissan a annoncé lundi que les dirigeants des trois constructeurs tiendraient une conférence de presse commune mardi au siège de Nissan à Yokohama.

"En réponse à des articles de presse récents, Renault confirme être en pourparlers avec ses partenaires de l'Alliance, Nissan Motor et Mitsubishi Motor, concernant la création d'un nouvel organe de l'Alliance afin d'améliorer et de renforcer leur collaboration", a déclaré Renault dans un communiqué. "L'accord envisagé n'aura aucun impact sur l'existence du RAMA et de la structure d'actionnariat croisé, qui resteront tous deux en place", a-t-il ajouté, en référence à l'accord-cadre qui régit l'alliance depuis 2002.



(Lire aussi : Un projet de conseil commun Renault, Nissan et Mitsubishi Motors ?)



Senard présiderait le nouvel organe
La chute de Carlos Ghosn a avivé les tensions entre Renault et Nissan et jeté une ombre sur l'avenir de la première alliance automobile mondiale alors que l'ancien PDG de Renault devait consacrer son dernier mandat à renforcer ce partenariat unique dans l'histoire de l'automobile pour le rendre pérenne.

Une partie des dirigeants de Nissan voyaient d'un mauvais oeil les efforts de Carlos Ghosn en faveur d'un approfondissement de l'alliance, voire d'une fusion, de peur que ces projets confortent une structure qu'ils jugent déjà déséquilibrée en faveur de la partie française.


Même déchu de ses fonctions, Carlos Ghosn reste administrateur des trois groupes, car un vote des actionnaires en assemblée générale est requis pour mettre fin à ces mandats.

Selon les mêmes sources, le nouveau président de Renault, Jean-Dominique Senard, prendrait probablement la présidence de la nouvelle structure commune. Celle-ci remplacerait les entités basées aux Pays-Bas qui assurent actuellement le lien entre Renault et Nissan d'une part, Nissan et Mitsubishi d'autre part.

"Il faut attendre de connaître les détails pour évaluer le bien fondé de tout changement", commente les analystes d'EvercoreISI dans une note. "Nous restons convaincus que la relation entre Nissan et Renault doit être rééquilibrée pour restaurer la confiance et refléter la réalité des relations entre les partenaires", ajoutent-ils.


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Eleni Caridopoulou

Incroyable mais vrai comme les japonais sont nationalistes le pauvre Ghosn paye pour les autres

Sarkis Serge Tateossian

Le contraire nous aurait grandement étonner.
Le Japon est dans sa bulle ....de nos jours.
(En tout cas dans ce dossier de Carlos Ghosn)

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