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Liban

Retour des réfugiés syriens : la feuille de route des FL

Ce plan en cinq points, présenté par le ministre des Affaires sociales, demande notamment au régime syrien de donner des signes de bonne volonté envers les déplacés. 

Des réfugiés syriens rassemblés à Ersal, dans la Békaa, s'apprêtent à rentrez chez eux, le 28 juin 2018. Photo d'archives REUTERS/Mohamed Azakir

Le ministre libanais des Affaires sociales, Richard Kouyoumjian, a présenté samedi lors d'une conférence de presse, "une initiative de règlement" en cinq points, soumise au Conseil des ministres au nom des ministres Forces libanaises, de la crise des réfugiés syriens en vue de leur retour dans leur pays, dossier faisant l'objet de divergences de vue entre certaines formations du gouvernement.

Selon ce document des FL, "le Conseil des ministres est le seul lieu où la solution au retour des réfugiés syriens doit être examinée".

Cette feuille de route propose de réactiver la commission ministérielle chargée du dossier des réfugiés syriens. Présidée par le Premier ministre Saad Hariri, elle serait composée des ministres de la Santé, de l’Éducation, des Finances, des Affaires étrangères, de l'Intérieur, des Affaires sociales, de l’Économie et du commerce et du ministre d’État chargé des Affaires des réfugiés. Les FL proposent d'y adjoindre le ministre du Travail, compte tenu de l'importance de la question de la main d’œuvre syrienne.

Cette commission devra être chargée de mettre au point les mécanismes de retour "en coordination avec les instances internationales, dont l'ONU, afin d'encourager les Syriens à revenir chez eux en leur fournissant des aides sur le territoire syrien, puis avec les grandes puissances, dont la Russie, qui a lancé sa propre initiative sur ce plan".


(Lire aussi : Un nouveau groupe de réfugiés syriens rapatrié)


Pression sur Damas
"Afin d'encourager et de faciliter le retour, le gouvernement libanais doit demander à la communauté internationale de faire pression sur le régime syrien lequel, en signe de bonne volonté, doit supprimer le service militaire obligatoire, les amendes prévues en cas de désertion, et revoir les lois concernant les titres de propriété et garantir que les réfugiés ne seront pas poursuivis ou arrêtés de façon arbitraire", poursuit ce texte.   

Les FL proposent également de faire pression sur le régime de Damas afin qu'il supprime les frais d'enregistrement des naissances à l'ambassade de Syrie au Liban et qu'il reconnaisse les actes de naissance émanant des autorités libanaises.

La formation de Samir Geagea propose également que la Sûreté générale soit l'instance qui coordonne les opérations de rapatriement entre le Liban et la Syrie. Elle propose aussi que le gouvernement annule les frais liés à la régularisation des Syriens souhaitant revenir dans leur pays.

Enfin, les FL proposent que le ministère des Affaires sociales, qui est en relation avec les organismes humanitaires internationaux ainsi qu'avec les centres de services de développement sur l'ensemble du territoire, prenne en charge le recensement des familles syriennes candidates au retour et ce, en coordination avec le ministère de l'Intérieur, et à condition que le gouvernement accorde au ministère des Affaires sociales le budget suffisant pour mener à bien son action sur ce plan.


(Lire aussi : « Nous rentrons en Syrie parce que nous ne voulons pas mendier au Liban »)


Plusieurs milliers de réfugiés syriens sont rentrés chez eux dans le cadre d'opérations de retour volontaire organisées par la SG. Celles-ci se poursuivent malgré des interrogations sur la sécurité de ces réfugiés qui rentrent chez eux. L'ex-ministre d’État pour les Affaires des réfugiés, Mouïne Merhebi, avait affirmé début novembre que de nombreux réfugiés sont soumis à des exactions lors de leur retour en Syrie, certains étant tués et d'autres emmenés de force pour accomplir leur service militaire, mais le président Michel Aoun avait assuré ne pas être au courant de telles informations. La directrice de Human Rights Watch au Liban, Lama Faqih, avait de son côté accusé les forces de sécurité libanaises d'exercer des pressions sur les réfugiés afin de les pousser à rentrer dans leur pays, ce qu'avait démenti la SG.

Le Liban accueille, selon les chiffres du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU, un peu plus de 970 000 réfugiés syriens, officiellement inscrits sur les registres de l'Onu. Le retour de ces réfugiés est prôné par certains dirigeants libanais, notamment le chef de l’État Michel Aoun et le chef de la diplomatie Gebran Bassil, qui estiment que le régime ayant repris la majorité du territoire aux rebelles et aux jihadistes, la situation est désormais "sûre" en Syrie. D'autres responsables adoptent le point de vue de la communauté internationale et appellent à un règlement politique du conflit syrien avant d'assurer le retour des réfugiés.

La déclaration ministérielle du gouvernement de Saad Hariri a proclamé son appui à un retour "sûr" des réfugiés, et soutenu l'initiative russe, annoncée en juillet, pour un retour massif des réfugiés syriens au Liban et en Jordanie, sans attendre une solution politique dans leur pays. Mais le président Michel Aoun avait indiqué que l'application de cette initiative était au point mort "pour des raisons financières".



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commentaires (3)

Les autorités en place en Syrie ne bougeront pas d'un pouce avant que le Liban officiel n'entre en contact avec elles . Il existe une ambassade de Syrie au Liban , elle pourrait servir de vestibule

Chucri Abboud

18 h 50, le 03 mars 2019

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Commentaires (3)

  • Les autorités en place en Syrie ne bougeront pas d'un pouce avant que le Liban officiel n'entre en contact avec elles . Il existe une ambassade de Syrie au Liban , elle pourrait servir de vestibule

    Chucri Abboud

    18 h 50, le 03 mars 2019

  • LA COMMISSION HAKIM EST UNE BONNE IDEE MAIS ELLE NE DEVRAIT POINT SE LIMITER AUX CONTACTS AVEC L,ONU ET LES INSTANCES INTERNATIONALES MAIS AUSSI AVEC LES PREMIERS CONCERNES LES REFUGIES ET LE REGIME SYRIEN. ON NE PEUT PAS IGNORER COMPLETEMENT LE REGIME MEME SI NOUS NE LE CONSIDERONS NE POINT REPRESENTER TOUS LES SYRIENS...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 29, le 03 mars 2019

  • Sur 1million et demi de réfugiés, environ 140000 sont rentrés en syrie, il n’en reste plus qu’1million 410000... le plus dur est fait.... L’on commence à ressentir les effets

    c...

    11 h 24, le 03 mars 2019