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Liban

Pourquoi il faut séparer le dossier des réfugiés de celui de la normalisation avec Assad

Éclairage
26/02/2019

Le lien établi entre la question du retour au bercail des déplacés syriens et celle de la normalisation des relations avec la Syrie afin de rétablir le contact avec le régime syrien constitue une tentative de torpiller le processus de retour et de semer la confusion et la zizanie, estiment des milieux politiques souverainistes à la lumière de la polémique qui a animé le Conseil des ministres la semaine dernière avant de se transposer sur la scène publique.

Pour ces milieux, il est clair que certaines forces politiques du 8 Mars s’emploient à mettre en place une relation fusionnelle entre les deux dossiers, ce qui a pour effet de créer d’ores et déjà un climat de tension et de polémiques au sein de l’équipe ministérielle qui pourrait se répercuter négativement sur la productivité du gouvernement et retarder par conséquent l’application des résolutions de la CEDRE sous l’impulsion de la communauté internationale – et tout particulièrement de la France.

Aussi ces milieux insistent-ils sur la nécessité de dissocier le dossier de la normalisation des rapports avec le régime Assad de celui des déplacés, sur lequel planche actuellement le président du Conseil Saad Hariri en collaboration avec la Russie et d’autres pays et organisations internationales afin de mettre en place un plan pour un retour qui garantirait la sûreté et la dignité des citoyens syriens.

Or c’est le régime syrien qui souhaite rétablir ce rapport de domination avec le Liban et qui a commencé, partant, à exploiter ce dossier à cette fin, dans une volonté de briser le blocus politique et diplomatique imposé par le monde arabe à Damas. Le fait que le ministre d’État pour les Affaires des réfugiés Saleh Gharib se soit empressé de se rendre dans la capitale syrienne, soutenu par les milieux politiques du 8 Mars, sitôt le nouveau gouvernement formé et avant même qu’il ne tienne sa première réunion, est un indicateur puissant de cette velléité du régime Assad. D’autant que le dossier syrien est loin de faire l’unanimité entre les parties présentes au gouvernement. Pour les partis souverainistes, tout contact avec le régime Assad constitue en effet une rupture avec la politique de distanciation que le Liban s’est engagé à respecter.


(Lire aussi : Geagea à L’OLJ : Il n’y a pas de come-back de l’influence syrienne au Liban)


Les milieux précités expriment ainsi leur étonnement vis-à-vis des pratiques de certains, rappelant que la relation entre les deux pays devrait être d’égal à égal et interétatique, en vertu des usages requis, du respect de la souveraineté, de l’indépendance, des spécificités des deux pays et de l’application des chartes et des accords internationaux et de la redynamisation des relations diplomatiques bilatérales. Pourquoi l’ambassadeur du Liban à Damas ne remplirait-il pas la mission des ministres qui se rendent individuellement en Syrie? Pourquoi ne mènerait-il pas lui-même les concertations avec les responsables syriens pour mettre sur pied un plan de retour pour les réfugiés syriens ? Pourquoi l’ambassadeur syrien, Ali Abdelkarim Ali, ne contribuerait-il pas, côté libanais, à la résolution de ce dossier, en visitant les camps de réfugiés pour s’enquérir de leurs conditions de vie ?

Selon des sources diplomatiques, c’est à travers les réseaux sécuritaires et diplomatiques, non politiques, que devrait être résolu le dossier des réfugiés, compte tenu du conflit avec Damas et du fait que la grande majorité de ces réfugiés sont des opposants au régime Assad. Ni le régime en veut ni eux souhaitent retourner dans une Syrie gouvernée par Bachar. Ces sources estiment que la Russie plancherait sur une tentative de traduire sur le terrain sa proposition de médiation pour le retour des déplacés, surtout après l’accord lors de la conférence de Sotchi entre les parties prenantes au groupe d’Astana, Moscou, Ankara et Téhéran sur la préservation et l’élargissement des zones sûres ainsi que le maintien du cessez-le-feu et la résolution de toutes les questions problématiques par le dialogue et les moyens pacifiques, notamment le cas d’Idlib.

Saad Hariri, conscient de la controverse interlibanaise au sujet de ce dossier, appelle à coordonner avec Moscou sur cette question, dans la mesure où seule la Russie est à même d’obtenir de Damas les garanties nécessaires pour que ce retour ait lieu. Or de source diplomatique, l’on apprend que la Russie aurait réussi à réunir ces garanties : annulation de la loi n° 10 qui conduit l’État syrien à confisquer leur terrains aux déplacés, fin des sanctions contre ceux qui retournent et suspension de l’enrôlement de force pour le service au drapeau pour une période de deux ans. Il reste à réunir les fonds nécessaires pour donner corps à l’initiative avec l’aide de la communauté internationale. Mais aussi et surtout à séparer ce dossier des relations libano-syriennes stricto sensu pour étouffer la poursuite de la polémique aussi bien au sein des institutions qu’en dehors.



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VIRAGE CONTRÔLÉ

Si près si loin .

En l'état actuel des choses , ces réfugiés ne méritent pas d'être pénalisés une 2eme fois .

La guerre imposée à la Syrie du héros Bashar les a jeté sur les routes de l'exil avec des promesses de retour dans leur pays d'origine une fois le problème réglé façon complot occidental, n'oublions pas que ça devait être une question de 2 semaines, hé hé , mais comme ça n'a pas marché comme ces comploteurs le souhaitaient , c'est comme si on leur disait demerdez vous , on s'en lave les mains .

Que ceux parmi les refugies qui ont faute aient peur du retour , je le comprends , mais que le régime de l'état syrien vainqueur de ce honteux complot veuille filtrer les entrées, je le comprend toit aussi bien .

Merde alors , il y'a bien eu une guerre atroce , comme en Irak, en lybie etc.... non ?

gaby sioufi

Etant Donne l'echange d'ambassadeurs & ce fameux organisme de coordination ,au chef appele khoury qui sont la :
NUL n'a encore demande une reponse claire qui repondrait a LA QUESTION que se posent les Libanais-anti ET pro moumanaa :
-que veut exactement dire dans ce cas ( voir ci-haut ) ,reprendre des relations Normales avec les syriens ?
-que demande/exige les pro au "pouvoir " Libanais pour pour satisfaire a cette cette requete ?
-que demande/exige le pouvoir syrien pour etre satisfait en retour .
VOILA, UNE EXPLICATION SIMPLE - SERAIT BIENFAITRICE A TS LES NIVEAUX -A CONDITION D'AVOIR REMPLI 2 CONDITIONS:
#1- PAS DE LANGUE DE BOIS
#2-OBJECTIVITE ABSOLUE.
surement que bcp seraient alors du bord de la moumanaa.

gaby sioufi

Etant Donne l'echange d'ambassadeurs & ce fameux organisme de coordination ,au chef appele khoury qui sont la :
NUL n'a encore demande une reponse claire qui repondrait a LA QUESTION que se posent les Libanais-anti ET pro moumanaa :
-que veut exactement dire dans ce cas ( voir ci-haut ) ,reprendre des relations Normales avec les syriens ?
-que demande/exige les pro au "pouvoir " Libanais pour pour satisfaire a cette cette requete ?
-que demande/exige le pouvoir syrien pour etre satisfait en retour .
VOILA, UNE EXPLICATION SIMPLE - SERAIT BIENFAITRICE A TS LES NIVEAUX -A CONDITION D'AVOIR REMPLI 2 CONDITIONS:
#1- PAS DE LANGUE DE BOIS
#2-OBJECTIVITE ABSOLUE.

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