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La Dernière

Parce que Liliane Nemri rit de si bon cœur...

Liban Pop

La comédienne présente « Helwi el-deni », sa nouvelle pièce de théâtre, et sera bientôt de retour à la télévision.

22/09/2018

Avec la comédienne Liliane Nemri, toute ronde et si joviale, le sourire est toujours de mise. Avec la tendresse d’une maman qu’elle n’a jamais été, Liliane Nemri, « Lilo » pour les intimes, a su se faire aimer des grands et des petits, à travers tous les rôles qu’elle a joués dans sa carrière lancée à la fin des années 60. Fille de deux acteurs appréciés du public libanais, le grand Chrenno et la sympathique Alia Nemri, elle a grandi dans une maison où le théâtre faisait partie du quotidien. « Mes parents faisaient tout à la maison, de l’écriture aux répétitions, raconte-t-elle. Mon père, qui est l’un des fondateurs du théâtre comique au Liban, y préparait ses pièces. Un enfant ne peut pas grandir dans cette ambiance sans aimer l’art, même si le temps dévoilera son talent. »

Un talent héréditaire ? « Rien n’est sûr, répond-elle. Mes frères et sœurs ont, pour la plupart, été bons dans ce domaine, mais ils n’ont pas poursuivi ce chemin. Il faut dire que mes parents ne nous ont jamais encouragés à suivre leurs pas, surtout maman. » Malgré les réserves de Alia Nemri pour qui leurs études étaient une priorité, Liliane joue son premier rôle à l’âge de 6 ans puis prend une pause de quelques années. Ce n’est qu’à 17 ans qu’elle fera véritablement son retour à la télévision dans Al-mouaallima wal oustaz, auprès de Ibrahim Maraachli et Hind Abillamaa qui la repère dans le théâtre ambulant de son père, très apprécié à l’époque. Le succès est au rendez-vous. « Ma mère ne savait ni lire ni écrire, confie-t-elle. C’est mon père qui le lui a appris. Elle a voulu réaliser ses rêves à travers moi, mais elle n’a jamais réussi à me faire détester ce métier. Quand Hind Abillamaa lui a demandé la permission pour que je joue avec elle, car elle recherchait une fille naturelle sans chichis, elle est devenue folle. Elle a finalement cédé pensant que ce serait mon dernier rôle... »


La plus rude des épreuves
De cette époque, Liliane Nemri ne garde que de bons souvenirs. « C’était un autre temps, dit-elle. Il y avait davantage de respect et les acteurs n’étaient jamais en retard pour leurs tournages. Ils étaient proches les uns des autres et se concertaient pour choisir leurs costumes, leur maquillage. Il y avait une ambiance bon enfant et on travaillait pour l’art et pour une seule télévision. » Si les temps ont changé, l’actrice concède qu’aujourd’hui, un acteur peut mieux vivre de son métier qu’auparavant. « Surtout s’il est chanceux et qu’il accepte de jouer tout et n’importe quoi, assure-t-elle. Personnellement, je reçois moins de propositions que mes collègues, mais je suis quand même sélective pour la télé, car cela ne sert à rien de jouer les mêmes rôles. J’ai encore le temps avant d’interpréter la mère et la grand-mère de tout le monde ! »

Entre-temps, la « zaïmé » de la comédie libanaise, comme on l’appelle, apparaîtra bientôt dans deux séries télévisées écrites par Claudia Marchalian sur la MTV, et se consacre beaucoup au théâtre. « Ma mère a voulu aussi avoir son propre théâtre pour ne pas avoir à travailler “chez les gens” et espérait que je fasse de même. Si cela n’a pas été possible, moi qui ai vécu trente ans de guerre, je crée aujourd’hui mes propres pièces. » Actuellement, elle présente Helwi el-deni, une pièce destinée à toute la famille, qui relate l’histoire d’une mère qui a perdu son mari et qui élève ses enfants seule en cuisinant pour gagner son pain. Sans trop de moyens, elle voit ses enfants grandir, et avec eux leurs désirs et leurs demandes. Elle invite alors un de ses voisins, handicapé, à dîner, pour leur montrer les choses sous un autre angle.

« J’aime le théâtre qui véhicule des messages humains, car je le suis. Si je rencontre une personne qui me manque vraiment, je pleure parfois avant même d’avoir pu dire bonjour, raconte Liliane. C’est moi. Et le caractère jovial que je joue me ressemble et aborde tous ses problèmes avec le sourire. L’histoire, quant à elle, explique que la foi et l’humilité nous font voir la vie sous un jour meilleur. » « Nous avons tous connu des moments de désespoir. J’ai souvent ouvert la fenêtre et lancé à Dieu des pourquoi ?... Mais je n’ai jamais perdu la foi », ajoute-t-elle, estimant que la perte de ses parents a été la plus rude des épreuves. « On croit tous que nos parents sont éternels. Quand il leur arrive quelque chose, c’est une grande leçon de vie et les voir souffrir m’a marquée très tôt. Mais j’ai décidé de rester positive, car j’aime la vie. » Un amour qui maintient Liliane Nemri toute jeune, en dépit de la cinquantaine passée. « J’aime que les personnes autour de moi soient heureuses et je déteste les énergies négatives. Quand je me sens triste, je m’éloigne des autres, car Dieu m’a créée pour les faire sourire. »


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