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Parlement libanais : Berry reconduit pour un sixième mandat, Ferzli vice-président

Liban

Les consultations parlementaires contraignantes, à l'issue desquelles le président Michel Aoun doit désigner un Premier ministre chargé de former le gouvernement, débuteront jeudi.

OLJ
23/05/2018

Le président sortant de la Chambre et allié du Hezbollah, Nabih Berry, qui occupe ce poste depuis 1992, a été reconduit sans surprise mercredi à la tête du Parlement libanais, qui a élu dans la foulée Elie Ferzli, personnalité très associée à la période de la tutelle syrienne, à la vice-présidence de la Chambre, lors de la séance inaugurale de l'Assemblée issue des dernières élections législatives. La législature du Parlement, issu du scrutin du 6 mai, avait débuté la veille.

M. Berry, 80 ans, a été élu avec 98 voix. Vingt-neuf députés ont voté blanc, et un vote nul a été enregistré, celui de Paula Yacoubian, députée d'Achrafieh issue de la société civile, qui a indiqué avoir écrit le nom de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki, primée samedi à Cannes avec son film Capahrnahum et qui avait fait l'objet d'une polémique avec certaines figures du Hezbollah. Les 128 députés étaient présents, tout comme les anciens présidents et Premiers ministres libanais, ainsi que de nombreux ambassadeurs.


(Lire aussi : Considérations sur le nouvel ordre parlementaire libanais)


Consultations parlementaires jeudi
"Mes responsabilités, notamment celle de préserver le Parlement, et le Liban à travers lui, sont grandes", a déclaré M. Berry lors d'un discours sur le perchoir après son élection, appelant à une formation rapide du gouvernement, "la troisième échéance importante, après l'élection du jour et celle du chef de l'Etat, Michel Aoun. "Cette élection constitue un cadeau aux Libanais à l'occasion du 18ème anniversaire de la Libération du Liban-Sud", a-t-il ajouté. Le chef du Parlement a insisté sur le fait que la Chambre "a pour rôle de protéger la Constitution et son préambule qui assure la coexistence et refuse l'implantation". Il a ajouté que le Parlement serait "une forteresse" pour protéger les frontières terrestres et maritimes du Liban, rappelant l'importance du triptyque "armée, peuple et résistance", en allusion au Hezbollah, pour répondre "aux agressions et violations d'Israël".

Dans l'après-midi M. Berry s'est rendu au palais de Baabda pour un entretien avec le chef de l'Etat, Michel Aoun, en compagnie du vice-président et des membres du bureau de la Chambre. A l'issue de la réunion, il a annoncé que les consultations parlementaires contraignantes, à l'issue desquelles le président Michel Aoun doit désigner un Premier ministre chargé de former le gouvernement, auront lieu jeudi.  Selon toute vraisemblance, il devrait s'agir du Premier ministre sortant Saad Hariri. Interrogé sur ses relations avec le chef de l'Etat, le président de la Chambre a répondu : "Un amour qui dure, si Dieu le veut".

De son côté, le président Aoun a souhaité que le nouveau Parlement soit "productif dans les domaines de la législation et du contrôle" et qu'il "incarnera la volonté des Libanais (...) et réalisera leurs aspirations et leurs espoirs (...)", selon des propos rapportés par le compte twitter de la présidence.


Mardi, les blocs parlementaires du mouvement Amal, dirigé par M. Berry, du Hezbollah, du Courant du Futur, dirigé par M. Hariri, de la Rencontre démocratique, dirigé par le leader druze Walid Joumblatt, notamment, avaient annoncé leur soutien au seul candidat au poste de président du Parlement, réservé à la communauté chiite. Le Courant patriotique libre avait décidé de laisser aux membres de son bloc parlementaire "Le Liban fort" la liberté de voter soit blanc, soit en faveur de M. Berry. Les Forces libanaises avaient décidé de voter blanc.


(Lire aussi : Le retour de figures proches de Damas au Parlement libanais, « une gifle pour le camp souverainiste » ?)



Berry, "pilier national"
A l'ouverture de la séance, Michel Murr a souligné dans son discours les accomplissements de M. Berry.  "En cette occasion, je ne peux que saluer la sagesse, le patriotisme, les efforts et la justice de Nabih Berry, qui a présidé les séances parlementaires depuis 1992", a déclaré M. Murr. "Depuis 1992, M. Berry assure  l'équilibre du pays et lui permet d'éviter les dangers. Il est le garant de l'unité du Liban et du vivre-ensemble", a-t-il ajouté. "Nous devons œuvrer pour sauver le Liban qui fait face à de nombreuses crises", a affirmé M. Murr.

Saad Hariri, qui a amené M. Murr au Parlement, a de son côté déclaré que M. Berry est un "pilier national" et qu'il y avait "une coopération" entre eux.


Saad Hariri (g) accompagnant Michel Murr au Parlement, mercredi 23 mai 2018. REUTERS/Aziz Taher


Ferzli, vice-président
Elie Ferzli, député membre du bloc parlementaire "Le Liban fort", dont le Courant patriotique libre est la principale composante, a quant à lui été élu à la vice-présidence du Parlement avec 80 voix.

Le challenger de M. Ferzli, Anis Nassar, député d'Aley et membre du bloc parlementaire "La République forte" des Forces libanaises, a obtenu 32 voix. Huit députés ont voté blanc.
Nicolas Nahas, membre du bloc de l'ancien Premier ministre Najib Mikati, a obtenu 4 voix, et Paula Yacoubian, une voix. Deux votes, l'un pour la réalisatrice libanais Nadine Labaki et l'autre pour l'ancien homme politique disparu Charles Malek, ont été déclarés nuls.

A noter que le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, s'est retiré de la séance pour ne pas participer à ce vote. 


(Portrait : Qui est Elie Ferzli, élu vice-président du Parlement)


M. Ferzli, 68 ans, qui a déjà occupé la fonction de vice-président du Parlement de 1992 à 2004 alors qu'il était député de la Békaa, est une personnalité très associée à la période de la tutelle syrienne qui s'est achevée en 2005 après l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad, le chef du gouvernement sortant. Elie Ferzli était alors ministre de l'Information.

Mardi, les blocs parlementaires du CPL, du Hezbollah, du mouvement Amal, ainsi que certains députés du bloc dirigé par le député Teymour joumblatt, le fils du leader druze Walid Joumblatt, avaient annoncé qu'ils voteraient pour M. Ferzli à la vice-présidence de la Chambre, un poste réservé, par usage, à la communauté grecque-orthodoxe. Le bloc du Futur avait décidé de voter contre.


Après la présidence et la vice-présidence du Parlement, les députés ont voté pour les membres du bureau de la Chambre : Alain Aoun, député CPL de Baabda, et Marwan Hamadé, député joumblattiste du Chouf, ont été élus, respectivement avec 84 et 76 voix, secrétaires du bureau de la Chambre. Également candidat, Estephan Doueihy, député de Zghorta, membre du bloc des Marada, qui a obtenu 42 voix, a été écarté. Michel Moussa (Amal), Samir Jisr (Futur) et Hagop Pakradounian (Tachnag) ont de leur côté été nommés membres de ce bureau lors d'un vote à main levée.

Selon notre correspondante sur place, le candidat malheureux Estephan Doueihy a souligné que le nombre de voix qu'il a obtenu constitue une contestation implicite du package-deal entre Aïn el-Tiné et Baabda, consistant au vote du CPL en faveur de la reconduction de Nabih Berry à la présidence de la Chambre et l’élection du candidat du CPL au secrétariat général du bureau de la Chambre – sachant que le CPL n’avait pas de représentant au sein du bureau de l’ancienne Chambre.


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Ghorayeb Yasmine

Election de Mr. Berry, "un cadeau"...sans bon d'échange?
Nous Libanais adorons les surprises, et savons qu'un cadeau ne se refuse jamais.

En tout cas, le suspense était intolérable.

LA TABLE RONDE

Le Liban nouveau en marche , l'union des forces vives fera capoter cette nouvelle forme de guerre insidieuse qui n'ira nulle part.

Tout ça Pour que natanyahou dorme en paix alors qu'il a foutu son pays dans la merde .

Wlek Sanferlou

Super! Tout les sauveurs de la démocratie Made in Lebnen se retrouvent, avec leurs expériences cumulées de plusieurs millénaires, pour renouveler l'état et nous sortir de l'âge de pierre et nous mener gaiement à l'âge du fakih...
Mabrouk et bien sûr en bon libanais...Allah yisseiidna...

Yves Prevost

L'élection de Berry à la présidence du parlement, un cadeau aux libanais!? Est-il vraiment possible d'énoncer une pareille énormité sans éclater de rire?
Quant à ses réalisations, bloquer à deux reprises l'élection présidentielle constitue certainement un record, mais peut-il s'en vanter?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CE QUI SE PASSE ACTUELLEMENT AU LIBAN EST L,INVERSE DE CE QUE SOUHAITE ET CE QUE VEUT LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE ET CA NE FACILITE PAS LES SOLUTIONS DANS LE PAYS MAIS LES ENCHEVETRE DE PLUS EN PLUS ! SURTOUT AVEC LES SANCTIONS AMERICAINES QUI SERONT SUIVIES PAR TOUS DIRECTEMENT ET INDIRECTEMENT CONTRE L,IRAN ST SPECIFIQUEMENT LE HEZBOLLAH !

Remy Martin

L'etau va-t-il se resserrer sur le pays du Cedre ? La question reste ouverte ...

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