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Liban

Les doléances des différentes parties ne devraient pas retarder la formation du gouvernement

Éclairage
22/05/2018

La législature de la nouvelle Chambre issue des législatives libanaises du 6 mai a commencé hier et avec elle les premières démarches constitutionnelles qui doivent déboucher sur le renouvellement du pouvoir politique, à savoir l’élection d’un président et d’un bureau du Parlement, et les consultations pour la nomination d’un Premier ministre, puis la formation d’un nouveau gouvernement.

Sur le plan législatif, comme on le sait déjà, Nabih Berry est assuré de la majorité nécessaire pour sa reconduction à son poste à la tête du Parlement, alors que les Forces libanaises et le CPL se disputent la vice-présidence de l’Assemblée à laquelle chacun a présenté son candidat, Élie Ferzli pour le CPL (également soutenu par le tandem chiite) et Anis Nassar pour les FL. Quant au nouveau bureau de la Chambre, sa composition sera identique à celle de l’ancien, en ce sens que les principaux blocs parlementaires y seront représentés.

Les consultations contraignantes pour la nomination d’un nouveau chef du gouvernement devraient à leur tour être lancées tout de suite après le retour du Premier ministre sortant, Saad Hariri, d’une tournée qui doit le mener successivement en Arabie saoudite et en France. Saad Hariri est lui aussi assuré de sa reconduction à son poste et espère, tout comme le président Michel Aoun d’ailleurs, pouvoir constituer rapidement son équipe, compte tenu des nombreux dossiers urgents sur lesquels l’exécutif sera appelé à plancher. De sources proches de la Maison du Centre, on indique que M. Hariri envisage, une fois chargé de la formation d’un gouvernement, de se fixer un délai pour mettre en place son équipe. Question de mettre la pression sur les différentes parties politiques qui, une fois les résultats des législatives donnés, se sont mises à poser leurs conditions concernant leur éventuelle participation au cabinet. De sources politiques, on indique cependant qu’il ne faut pas voir dans les remarques du Hezbollah au sujet de la composition du gouvernement des conditions mais une réponse aux positions avancées par les Forces libanaises au sujet de leur participation à la nouvelle équipe ministérielle et selon lesquelles la représentation au sein du nouveau cabinet devrait correspondre au poids des blocs parlementaires.


(Lire aussi : Leçons du passé, promesses d’avenir, l'édito de Michel Touma )


Sauf que ces positions ne devraient pas compromettre ou retarder la formation du gouvernement, de l’avis de sources politiques concordantes. De nombreux indices révèlent une volonté de la part de toutes les parties de faciliter la formation du gouvernement. Il y a d’abord le discours du Premier ministre sortant qui a pris soin de faire valoir que le Hezbollah reste une composante principale du tissu politique libanais et que le conflit avec lui porte sur son activité régionale. Il y a ensuite les assurances du chef des FL qui non seulement a affirmé qu’il continuera de soutenir le régime, même s’il ne fera pas partie de l’exécutif, mais qui a également appelé à la formation d’un gouvernement d’entente nationale. En d’autres termes, les FL souhaitent que le Hezbollah fasse partie de la nouvelle équipe ministérielle, en dépit de l’aggravation des sanctions américaines contre le parti de Hassan Nasrallah. Un gouvernement d’entente est aussi prôné par Nabih Berry qui l’a fait savoir au président Aoun, après les informations filtrées par certains milieux aounistes au sujet de la formation d’un gouvernement restreint dont seraient exclus les FL et les Marada. Il est également souhaité par la France dont le président, Emmanuel Macron, a transmis un message en ce sens au président Aoun, par le truchement de l’émissaire Jérôme Bonnafont. Paris a conseillé aux Libanais de privilégier la cohabitation afin de mettre en application sans tarder le processus qui doit mener à l’application des résolutions de la CEDRE.

Même les États-Unis ne semblent pas vouloir opposer un veto à la présence du Hezbollah au sein du gouvernement, si l’on tient compte des propos tenus par une ancienne responsable du Trésor américain, Hagar Chémali, qui avait relevé que les États-Unis sont « conscients des complications et des spécificités de la politique libanaise » et continueront de collaborer avec « ceux qui ne représentent pas le Hezbollah » au sein de l’État.

Tous ces éléments représentent autant de signaux sur une volonté collective locale et internationale de hâter la formation du nouveau gouvernement à l’heure où le Hezbollah, conscient des changements qui interviennent au niveau de la région, tente de consolider sa présence politique au sein d’un gouvernement à même de lui assurer la couverture légale dont il a besoin à l’heure où il se sent pris pour cible, par le biais des États-Unis mais aussi de la Russie, dont le président Vladimir Poutine a demandé à son homologue syrien Bachar el-Assad de réclamer le départ des combattants iraniens et hezbollahis de Syrie.


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