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La Dernière

La femme Hermès prête à tous les hivers

La mode

À Victor Duruy, lycée parisien dont le jardin de 6 500m2 prolonge celui du musée Rodin, Hermès a présenté une collection hivernale en forme d’ode à une femme qui ne craint rien ni personne.

14/03/2018

Derrière son intemporelle sobriété, la maison Hermès cache un esprit espiègle et ludique et n’aime rien tant que surprendre avec des événements insolites. Le défilé de la collection automne hiver 2018-2019 lors de la Semaine parisienne de la mode ne faisait pas exception, présentée pour la première fois dans le cadre d’un lycée parisien. Dans les vastes jardins du lycée Victor Duruy – qui a compté parmi ses élèves, dans le désordre, aussi bien la philosophe Simone Weil que Lou Doillon, Vincent Lindon ou Laura Smet –, sur un tapis pourpre, une longue tente pyramidale et transparente avait été dressée sous les arbres éclairés d’une lumière rouge. Le soir, entre l’obscurité et le murmure de la pluie, au son d’une musique énigmatique, presque inquiétante, les mannequins avançaient une à une, en file indienne, traversant avec assurance cette illusion de forêt hivernale en pleine nuit.

Imperméables en cuir et cuissardes colorées
Une fois de plus, Nadège Vanhee-Cybulski, la discrète directrice artistique à la tête de la création féminine d’Hermès depuis 2014, livrait une collection d’une remarquable élégance dont on retiendra le jeu entre couleurs sombres et éclairs fluorescents, ainsi que l’impressionnante maîtrise des contrastes de matières, peau d’agneau, veau velours, coton matelassé, fourrure, maille, tweed, cachemire et soie.

Le cuir noir, rouge, rose fané ou Pernod se décline en imperméables. L’un est cintré par des effets de pinces surpiquées, col chemisier, avec ou sans poches poitrine ; l’autre, à manches mi-longues et col roulé plissé, joue les camisoles de moujik et se décline en tunique ; un autre encore s’inspire de la chasse avec, de part et d’autre de la poitrine, des pans de renforcement dont l’un est matelassé. Tous les modèles sont soulignés de motifs iconiques Clou Médor Hermès, un ornement métallique facetté, ainsi que de larges ceintures à boucle étrier ou simplement nouées. Ils sont portés sur des cuissardes en veau velours noires ou marine, ou encore de couleurs vives, rouge, orange ou vert anis à semelles ton sur ton, sanglées à la cheville.


(Lire aussi : Tatouez-vous un sac à vous)


Broderies western et robes fluides
Ces bottes manifestes relèvent de longues robes en maille de cachemire gris poudré, ou en tweed taupe à motif quadrillé marron et détails de cuir sur le revers des manches, le col et la ceinture. Toujours floues, façon chemisier, et serrées à la taille par une ceinture large ou fine, les robes se distinguent par la richesse de leurs matières et la discrète complexité de leurs détails, broderies western pour les unes, imprimé contrasté imitant l’ombre d’un corset pour d’autres, rappel des poches et des renforcements de l’imperméable sur certaines, ou encore patchwork Bauhaus entre un empiècement en résille abricot à la poitrine, des manches longues chocolat emboîtant les épaules et une silhouette près du corps en tweed beige avec un mouvement volanté sur le côté.

Le manteau en bandoulière
La collection se compose également de pantalons taille haute, de jodhpurs à empiècements contrastés et de jupes longueur amazone, en cuir ou en tweed, ainsi que de combinaisons en jersey à col chemisier en cuir, de chemises à manches longues volantées et de magnifiques pulls côtelés à col roulé ou cheminée assortis de longues mitaines ton sur ton. Mais l’accent est surtout mis sur les vêtements d’extérieur qui se déclinent, mise à part la magnifique série d’imperméables, en parkas associant matelassage et ornements de cuir, et manteaux qui semblent taillés dans de somptueux caparaçons de chevaux. Accessoire inédit, une bandoulière de cuir à pinces permet d’ailleurs de les porter négligemment à l’épaule au lieu de s’en encombrer les bras. Les blousons et bombers sont un bonheur d’élégance et de créativité, très courts pour allonger la silhouette, certains en fourrure, d’autres en cuir de couleur, en peau lainée ou matelassés, zippés jusqu’au bout de leurs grands cols qui font capuchon, les manches très longues, gracieusement terminées en volant par un effet de sangles. L’apparition d’un nouveau petit sac rigide à bandoulière reprenant la forme du Clou Médor a par ailleurs été très remarquée.

Il y a dans ces créations quelque chose de faussement monacal, une sensualité qui ne se dévoile pas tout de suite, toute de textures luxueuses et de couches à tourner comme les pages d’un livre. Intellectuelle, bohème mais structurée, la femme Hermès de l’hiver prochain est équipée pour traverser toutes sortes de forêts en solitaire. Amazone, chasseresse, elle est forte, autonome et libre par-dessus tout.



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