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Liban

Entre le Liban et la diaspora, il y a Marielle Khayat et sa Koullouna Box...

Portrait de la semaine

La jeune chef d’entreprise libanaise installée à Paris ne peut envisager son envol et celui de son concept, sans en faire bénéficier les plus démunis au pays de ses racines.

05/02/2018

Lorsqu’elle raconte son projet, Marielle Khayat a la passion dans les yeux. Comment maintenir le lien entre les Libanais de la diaspora et leurs racines ? En leur envoyant chaque mois des saveurs, des éléments décoratifs et un brin de culture de leur pays. Le tout sélectionné autour d’un thème et joliment emballé dans une boîte baptisée Koullouna Box, en référence à l’hymne national. 

Marielle Khayat, jeune Libanaise résidant à Paris, en a conçu et développé le concept. Son premier prototype, lancé en mai dernier, a rencontré un franc succès. Vingt-cinq Koullouna Box sur le thème du café turc avaient alors été envoyées à des Libanais de l’étranger. Elles contenaient un paquet de café Najjar, une bouteille de fleur d’oranger Mymouné, 4 tasses de café sans anse, ces traditionnelles chaffé libanaises, une cafetière de type rakwé, une carte postale avec illustration d’un couple buvant du café, un livret racontant l’histoire du café turc et des produits emballés et, enfin, une pochette à goodies. De quoi redonner envie à ces émigrés aux quatre coins du monde de goûter aux saveurs de leur pays, en se préparant un bon café libanais, noir ou même blanc. Car les réactions positives ont fusé de partout, les encouragements et les précommandes aussi. Et pour couronner le tout, les recettes financières de cette avant-première ont permis à Ahmad, un adolescent de 15 ans issu d’une famille défavorisée, de réaliser son rêve et de suivre des cours de basket durant un mois, à travers l’association The Nawaya Network. 


L’évolution du monde

Koullouna se veut une entreprise sociale. C’est ainsi que la décrit sa fondatrice qui, outre son amour pour le Liban et son attachement profond à ses racines, ne peut envisager de prendre son envol sans en faire profiter au passage des associations caritatives qui se mobilisent pour les plus démunis. La première « manifestation d’amour pour le Liban » de cette ancienne guide remonte d’ailleurs à quelques années déjà. Avec une amie, Diane Mehanna, et les photos de Paul Ghorra, Marielle Khayat a publié un livre sur les anciens métiers de Beyrouth en voie de disparition, baptisé Losing Touch. Les recettes du recueil sont allées au bénéfice de l’AEP et de ses projets sociaux de microcrédits. Son autre objectif, tout aussi important à ses yeux, est de « mettre en valeur, dans (s)es boîtes, les talents libanais » : designers, créateurs en tout genre, marques locales, grandes ou montantes – histoire de faire rayonner le Liban à l’étranger. Ce qui la pousse à faire de fréquents allers-retours entre Paris et Beyrouth, pour son plus grand bonheur et celui de ses parents.

C’est en août 2016 que l’idée a germé dans la tête bien faite de Marielle Khayat. La jeune femme travaillait alors dans le conseil en stratégie d’innovation chez Bluenove. « Mon job consistait à aider les grandes entreprises comme Airbus, Sodexo, Bel ou autres à innover et s’adapter à l’évolution du monde », explique-t-elle. Forte d’une licence en business de l’AUB et d’un master en entrepreneuriat et innovation qui l’a emmenée au Babson College à Boston, à l’EM Lyon et à l’Université de Zheijian, en Chine, elle vivait sa première expérience professionnelle à l’étranger. 

Quelques tests effectués parallèlement à ses obligations professionnelles, auprès d’amis et de proches, l’ont convaincue de lancer la page Facebook de Koullouna, fin 2016. Depuis, les choses s’accélèrent. Après trois ans en entreprise, où elle a gagné en expérience, la jeune femme jette l’éponge. À 28 ans, il est grand temps, selon elle, de fonder sa propre entreprise. Désormais, c’est à plein temps qu’elle se concentre sur le développement de son concept et sur sa faisabilité. Car des idées, elle en a à profusion. « C’était maintenant ou jamais », note-t-elle. Chemin faisant, elle est rejointe par Pascale Comaty, une amie de classe dotée d’une expérience en marketing digital chez LinkedIn, et par Joseph Sayegh, ingénieur en développement du Web, rencontré à Paris. 


500 précommandes

L’équipe ainsi enrichie, Marielle Khayat se fixe des objectifs à court terme. Elle doit absolument trouver un financement à son projet. Grâce à un crowdfunding sur les réseaux sociaux, qui permet à ceux qui le désirent d’effectuer leurs précommandes à des tarifs préférentiels, elle réunit 15 000 euros en 4 jours. Elle atteint rapidement la somme de 28 000 euros, avec plus de 500 précommandes à son actif pour les six mois à venir, pour la France, les USA, le Royaume-Uni et Dubaï. Et ce n’est que le début. Alors, comme promis lors de la campagne, « nous planterons un arbre au nom de chaque contributeur », promet la chef d’entreprise, observant que sa clientèle est jeune, entre 25 et 35 ans. « Libanaise à 90 %, elle compte 10 % d’étrangers. » 

Il ne reste plus à Marielle Khayat et ses collaborateurs qu’à préparer les boîtes Koullouna, chaque mois selon un thème déjà défini, qu’elle préfère ne pas révéler pour l’instant. « Cela doit être une surprise », dit-elle, insistant sur la règle qu’elle s’est fixée de ne « pas tomber dans les clichés ». Deux mois devraient suffire, compte tenu de ce que certains petits problèmes de logistique sont encore à régler. Mais la jeune femme est confiante. L’expérience réussie du prototype lui a permis d’apprendre de ses erreurs, de transformer ses « grandes défaites » en « grandes victoires ». L’opération est désormais enclenchée. « Début avril, la première box sera distribuée aux premiers abonnés », promet-elle. 

Pour plus d’informations
La vidéo : https://www.youtube.com

Le site : www.koullounabox.com

La campagne : bit.ly/koullounalive


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Tabet Karim

Bravo. Belle initiative.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

FELICITATIONS CHALEUREUSES A CETTE JEUNE FEMME LIBANAISE DANS SON AME ET DANS SON COEUR !

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