Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, à la Maison du Centre, sa résidence à Beyrouth, le 22 novembre 2017. AFP / STR
Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a tenté jeudi soir de déminer une polémique née de ses propos sur les armes du Hezbollah dans un entretien à l'hebdomadaire français Paris Match qui a publié, jeudi matin, l'interview titrée "Je suis toujours en danger de mort".
"Surenchère"
"A ceux qui font de la surenchère, je dis : ce que j'ai dit à Paris Match est clair comme de l'eau de roche. Nous sommes liés à un conflit avec le Hezbollah, de la même façon qu'ils sont liés à un conflit avec nous", a écrit M. Hariri sur son compte Twitter. "Ce qui s'est fait dans le passé est fait. Aujourd'hui, nous construisons pour protéger la stabilité du Liban pendant que d'autres construisent pour la sédition dans le pays", a-t-il ajouté.
الى من يزايد علي: ما قلته في باري ماتش واضح وضوح الشمس نحن الآن عندنا ربط نزاع مع حزب الله مثل ما هم عندهم ربط نزاع معنا، الي صار بالماضي لا ننكره لكن نحن عم نبني لنحمي استقرار البلد وفي ناس عم تبني لفتنة بالبلد
— Saad Hariri (@saadhariri) November 30, 2017
Par cette déclaration cinglante, M. Hariri répond à ceux qui ont contesté ses propos concernant les armes du Hezbollah qui, a-t-il dit, "a des armes, certes, mais ne les utilise pas sur le sol libanais".
Dans cet entretien à l'hebdomadaire français, le Premier ministre a indiqué qu'il fallait différencier entre le rôle politique du parti chiite et son rôle militaire. "Il faut bien faire la distinction. Au Liban, le Hezbollah a un rôle politique. Il a des armes, certes, mais il ne les utilise pas sur le sol libanais. L'intérêt du Liban est de faire en sorte que ces armes ne soient pas utilisées ailleurs. De là vient le problème", a-t-il déclaré. "Trop de sang a coulé dans la région. Je redoute que l’ingérence du Hezbollah à l’extérieur finisse par coûter très cher au Liban, a-t-il ajouté. Je n’accepterai pas qu’un parti politique libanais participe à des manœuvres qui servent les intérêts de l’Iran".
(Lire aussi : A Rome, Aoun loue l'unité et le dialogue au Liban)
"Insulte"
"La position des présidents Aoun et Hariri sur les armes du Hezbollah constituent une insulte à la mémoire des Libanais", a réagi l'ancien ministre de la Justice, Achraf Rifi, virulent opposant au parti chiite. "C'est oublier les martyrs de la Révolution du Cèdre et ceux du 7 mai", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il fallait refuser de "capituler face à la tutelle iranienne".
موقفا الرئيسين عون و الحريري من سلاح "حزب الله" إهانةٌ لذاكرة اللبنانيين و تنكرٌ لشهداء ثورة الأرز وشهداء السابع من أيار وإستسلامٌ مرفوض للوصاية الإيرانية
— General Ashraf Rifi (@Ashraf_Rifi) November 30, 2017
M. Rifi fait notamment référence aux événements du 7 mai 2008. Ce jour-là, des heurts avaient opposé le Hezbollah et ses alliés d'une part, et des sympathisants du gouvernement, issu de la majorité antisyrienne d'autre part, à Beyrouth et dans différentes régions libanaises. Les violences avaient fait près de 100 morts en une semaine.
"Que ceux qui veulent capituler le fassent en assumant leurs responsabilités. Mais personne n'a le droit de faire des compromis sur les sacrifices des Libanais qui se sont révoltés pour la liberté et la souveraineté", a ajouté M. Rifi. "Avec eux, nous continuerons à agir en faveur du retour de l'Etat retenu prisonnier", a lancé l'ancien ministre.
من أراد أن يستسلم فليستسلم على مسؤوليته، أما اللبنانيون الذين ثاروا من أجل الحرية والسيادة، فلا يحق لأحد المساومة على شهدائهم وتضحياتهم ... معهم مستمرون من أجل إستعادة الوطن الأسير
— General Ashraf Rifi (@Ashraf_Rifi) November 30, 2017
"Saad Hariri a tout simplement dit que les armes du Hezbollah ne seront pas utilisées sur le territoire libanais", a déclaré de son côté à la chaîne locale LBCI le ministre de la Culture, Ghattas Khoury, proche du chef du gouvernement, ajoutant que "certains l'attendent au tournant".
"Si certains veulent provoquer la sédition et le chaos, des procédures légales et judiciaires seront engagées", a affirmé pour sa part l'ancien ministre druze Wi'am Wahhab, soutien du Hezbollah.
Elias Zoghbi, membre du secrétariat général du 14 Mars, a de son côté que les propos de MM. Aoun et Hariri "n'annoncent pas un compromis au niveau du choc, mais préparent pour un plus grand choc!", en référence aux termes utilisés par le Premier ministre qui avait dit que sa démission a créé un "choc positif".
Quant au journaliste proche du Courant du Futur, Farès Khachan, il a indiqué, citant des sources proches du chef du gouvernement, qu'en évoquant les armes du Hezbollah, M. Hariri "parlait uniquement du présent et non du passé".
Les Libanais du Golfe
Le chef du gouvernement qui avait annoncé le 4 novembre sa démission depuis Riyad, avant de la geler au lendemain de son retour au Liban, le 22 novembre, a également affirmé qu'il reprendra son rôle de Premier ministre comme si de rien n’était. "Je souhaitais que le monde comprenne que le Liban ne peut plus tolérer les ingérences d’un parti comme le Hezbollah dans les affaires des pays du Golfe, où vivent 300 000 Libanais. Ils sont très importants pour notre économie, a-t-il affirmé avant d'ajouter : Nous ne devons pas payer pour les agissements du Hezbollah".
Le président Michel Aoun avait lancé lundi une série de concertations avec les principaux pôles politiques du pays afin de persuader le Premier ministre de revenir définitivement sur sa démission. Ce dernier exige une politique de distanciation effective par rapport aux conflits régionaux, notamment en Syrie, où le Hezbollah, allié de l'Iran, soutient militairement le régime de Bachar el-Assad.
Ces deux derniers jours, le chef de l'Etat et le Premier ministre ont multiplié les signes laissant à penser que la crise née de l'annonce de la démission de M. Hariri pourrait être réglée la semaine prochaine, notamment après le retour vendredi de M. Aoun de son déplacement officiel de deux jours en Italie et celui du chef du gouvernement, qui s'est envolé mercredi soir pour Paris pour une visite familiale de quelques jours avant de retourner au Liban. Un Conseil des ministres devrait se tenir à ce moment-là.
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"Surenchère""A ceux qui font de la surenchère, je dis : ce que j'ai dit à Paris Match est clair comme de l'eau de roche. Nous sommes liés à un conflit avec le Hezbollah, de la même façon qu'ils sont liés à un conflit avec nous", a écrit M. Hariri sur son compte Twitter. "Ce qui s'est fait dans le passé est fait. Aujourd'hui, nous construisons pour protéger la stabilité du Liban pendant que d'autres construisent pour la sédition dans le pays", a-t-il ajouté.
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Mr Hariri, vous faites fausse route .. mais de bonne guerre vous essayer d'engranger une remonter de votre cote de popularite ... ce n'est pas moi qui le dit mais vos adversaire d'hier hezb et CPL .. car surement ils n'aimeraient pas voir un Rifi au parlement ... Mr Hariri IL N'Y A AUCUNE CINQUIEME COLLONNE SEULEMENT CEUX QUI SONT VOS ADVERSAIRES .. EN TT CAS VOUS ALLEZ VOIR QUE VOTRE POPULARITE NE VAS PAS PRENDRE LA PENTE REMONTANTE .. IL FALLAIT RESTER CAMPER SUR VOTRE DEMISSION
16 h 54, le 01 décembre 2017