Liban

Le Hezbollah, qui se considère « victorieux », ne va pas faire de concessions

Éclairage
21/11/2017

Après le durcissement de ton de la Ligue arabe, qui a de nouveau classé le Hezbollah dans la catégorie des organisations terroristes, dans le communiqué final de la conférence ministérielle extraordinaire de dimanche, et qui l'a accusé de déstabiliser la région suivant un agenda iranien, les milieux politiques libanais ont eu la certitude que le Liban s'apprête à entrer dans une longue crise politique contre laquelle le président de la Chambre, Nabih Berry, avait mis en garde.

Nabih Berry ne croyait pas si bien dire lorsque, commentant le départ du Premier ministre démissionnaire, Saad Hariri, de Riyad pour la France, il avait affirmé que « la crise de Hariri est terminée, mais nous sommes sur le point d'entrer dans une autre, politique ». Les prémices de cette crise politique ont commencé à se manifester avec l'attachement du Hezbollah à ses positions de base, alors que Saad Hariri se prépare à regagner Beyrouth dans les prochaines quarante-huit heures pour plaider avec ses partenaires au sein du gouvernement en faveur d'une application stricte de la politique de distanciation, conformément aux vœux des États arabes et occidentaux.

De sources proches de la banlieue sud, on indique cependant que le Hezbollah, qui affirme être sorti « victorieux » de Syrie – après la chute de Boukamal, dernier bastion d'importance du groupe extrémiste État islamique – et d'Irak (où les chiites ont repris le pouvoir), n'est pas près de faire des concessions quelconques. Celles-ci, si l'on tient compte du bras de fer irano-saoudien dans la région, feraient pencher la balance en faveur de l'axe saoudien. La formation chiite se considère aujourd'hui au sommet d'une victoire à laquelle elle s'accroche.

Les sources de la révolution du Cèdre écartent dans le même temps la possibilité que le président Michel Aoun assume le rôle de médiateur et parvienne à arracher au Hezbollah des concessions lui permettant de consolider le compromis politique qui lui avait ouvert la voie de Baabda, si l'on tient compte du discours qu'il a tenu hier devant le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Gheit, à savoir que le Liban ne peut pas accepter l'allusion faite à une association entre son gouvernement et le terrorisme, ou encore qu'il n'est pas responsable des conflits interarabes et qu'il ne peut pas de ce fait en payer le prix.

Selon des responsables politiques du 14 Mars, le Liban va au-devant d'une crise politique ouverte, d'autant que les États-Unis et l'Arabie saoudite semblent déterminés à faire face aux interventions iraniennes dans le monde arabe, alors que l'Iran rejette en vrac les accusations portées contre elle et refuse tout dialogue engagé sous la pression. Il est sûr que la communauté internationale ne tolérera pas une hégémonie iranienne sur l'Irak, la Syrie et le Liban, une hégémonie qui mettra en péril la sécurité arabe. Étant donné la précipitation des événements au cours des derniers jours et l'opposition, quoique toujours non déclarée, du Hezbollah à tout compromis basé sur la distanciation, un retrait du Yémen et le renoncement aux armes, les propos selon lesquels il faudra engager un dialogue au Liban dans le but de renflouer le compromis présidentiel ou d'essayer de s'entendre sur une autre formule consensuelle ne sont qu'une tentative de gagner du temps et d'ajourner la confrontation, estime-t-on dans certains milieux politiques.

 

Lire aussi

Les obligations de la classe politique libanaise, l’édito de Émilie SUEUR

La récente crise a renforcé les liens entre les responsables...le décryptage de Scarlett HADDAD

Nasrallah aux pays de la Ligue arabe : Laissez le Liban tranquille !

Aoun à Aboul Gheit : Le Liban n'est pas responsable des conflits dans certains pays arabes

Téhéran juge "sans valeur" la déclaration de la Ligue arabe sur l'Iran

Au Caire, le Liban évite le pire : assumer la responsabilité des activités du Hezbollah

Pour le 8 Mars, « Hariri peut discuter seul des armes du Hezbollah »

Rifi à « L’OLJ » : Il fallait au moins respecter le principe de distanciation, ce que le Hezbollah n’a pas fait

 

Lire aussi à la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

gaby sioufi

au moins berri et qqs autres savent faire un diagnostic correct, faute d'un traitement de la source du mal , traitement salvateur-salutaire.

Eleni Caridopoulou

Il faut faire le Grand Liban et les chiites au Sud et la Bequa ils s'unissent avec ceux qu'ils veulent et ils restent tranquilles

Le Faucon Pèlerin

"Le Hezbollah qui affirme être sorti "victorieux" de Syrie" c'est son affaire. Cela n'engage pas du tout l'Etat Libanais.
Un Libanais Georges A. était parti commettre un attentat en France. Il a été condamné à la prison à vie. Cela engage-t-il l'Etat libanais ?
Des mercenaires français étaient partis guerroyer au Congo ex-belge, en quoi cela engage l'Etat français ?

Georges MELKI

"... se manifester avec l'attachement du Hezbollah à ses positions de base, alors que Saad Hariri se prépare à regagner Beyrouth..."
Les positions de base du Hezbollah: au gouvernement de s'occuper des affaires intérieures du pays, lui laissant le soin des décisions en matière de politique extérieure, y compris les décisions de guerre et de paix...Naïf qui croit pouvoir y changer un iota!

gaby sioufi

C tellement triste de se l'avouer , triste a en pleurer , triste comme jamais :

le "" pouvoir "" - quel qu'il soit - parle de LIBAN, d'INDEPENDANCE, de DIGNITE,
la moumanaa use de la meme terminologie,
les "" autres "" tous les autres aussi.

TRISTEMENT tous font CROIRE en leur attachement immuable a ces 3 mots.
TRISTEMENT la question se pose a savoir : QU'EST IL ADVENU DU LIBAN ?
EXISTE T IL ENCORE ?
DE QUEL LIBAN S'AGIT IL ?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET POURQUOI EN FERAIT-IL PUISQUE SON APPARTENANCE EST NON NATIONALE ?

Yves Prevost

Le Liban "n'est pas responsable des conflits interarabes et qu'il ne peut pas de ce fait en payer le prix." Tout à fait d'accord, et c'est pourquoi, justement, il ne doit pas s'en mêler. C'était ce constat qui avait conduit à la politique de distanciation.
Son gouvernement n'ayant pu mettre en oeuvre cette politique sur laquelle reposait la déclaration ministérielle (basée elle-même sur le discours d'investiture du président), Hariri a eu raison de démissionner.

Henrik Yowakim

Le President de la République à fait savoir que le Liban ne peut pas accepter l'allusion faite à une association entre son gouvernement et le terrorisme, ou encore qu'il n'est pas responsable des conflits interarabes et qu'il ne peut pas de ce fait en payer le prix

QUESTIONS POUR DES CHAM PIONS : COMMENT QUALIFIER UN GOUVERNEMENT JAPONAIS QUI AURAIT PARMI SES MINISTRES DES MEMBRES DE L'ARMÉE ROUGE JAPONAISE

MOUVEMENT DE "RÉSISTANCE" PAR EXCELLENCE CONTRE L'IMPÉRIALISME AMÉRICAIN ET DE "LIBÉRATION" DE LA PALESTINE QU'0NT PROUVEE SES OPÉRATIONS SUR L'AÉROPORT DE LOD EN ISRAËL OU AU DESSUS DES PAYS BAS

GOUVERNEMENT COMPLICE ?????

GOUVERNEMENT NON RESPONSABLE DE L'APPARTENANCE DE CERTAINS DE SES MINISTRES A UN MOUVEMENT DE RÉSISTANCE ET DE LIBÉRATION TERRORISTE CAR N'HÉSITANT PAS A PROVOQUER AU PASSAGE LE MASSACRE DE CIVILS INNOCENTS ?????

JAPON AUTRUCHE QUI N'ACCEPTERAIT AUCUNE ALLUSION ENTRE SON GOUVERNEMENT ET LE TERRORISME ?????

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les signatures du jour

L’édito de Émilie SUEUR

La double peine des Syriennes

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.