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Interview de Hariri : ce qu'en dit la presse libanaise

dans la presse

Certains titres analysent les propos de M. Hariri, d'autres son comportement.

OLJ
13/11/2017

Au lendemain de l'interview accordée par le Premier ministre libanais, Saad Hariri, à la présentatrice et journaliste, Paula Yaacoubian, huit jours après l'annonce surprise de sa démission faite depuis Riyad, la presse libanaise s'est longuement penchée sur cette entrevue, certains titres analysant les propos de M. Hariri, d'autres son comportement.

 

"Hariri a dessiné le chemin du non-retour", titre an-Nahar

"Le Premier ministre Saad Hariri, est apparu en homme d’État qui tient à la souveraineté du Liban, appelant au respect du compromis (qui a mené à l'élection de Michel Aoun), pour protéger le pays. Il a dessiné le chemin de son retour, en posant comme condition la prise de distance par rapport aux conflits et aux guerres dans la région", écrit le journal an-Nahar, qui rappelle toutefois que le président Aoun avait affirmé que toute position prise par le Premier ministre démissionnaire "ne reflète pas la réalité" étant donné "la situation mystérieuse dans laquelle il se trouve" depuis qu'il a annoncé sa démission. Et cela fait que les conditions de son retours sont nulles, estime le quotidien. "Surtout que la demande de distanciation implique le retrait du Hezbollah de tous les combats à l'étranger et que cette question est liée à une volonté qui transcende le Hezb et le Liban".

 

(Lire aussi : Première interview de Hariri depuis sa démission : ses principales déclarations)

 

"Hariri revient dans deux ou trois jours", titre al-Mustaqbal

Le quotidien al-Mustaqbal proche du Premier ministre démissionnaire a retranscrit l'interview qu'il a accordée dimanche soir à la Future TV, dont M. Hariri est le propriétaire, et a choisi de titrer sur le retour imminent du chef du gouvernement. Le quotidien a couvert également le défilé de convois, notamment à Tarik Jdidé, en signe de soutien à M. Hariri, ainsi que les tweets qui ont fusé hier au moment de son entrevue. Roula Abdallah a choisi de titrer son éditorial : "Nous courons pour toi", en référence au marathon de Beyrouth qui s'était déroulé dimanche matin et au cours duquel les Libanais ont affiché leur soutien au Premier ministre démissionnaire.

 

(Lire aussi : Le message de Hariri à Aoun)

 

"Revenir sur la démission à condition que le Hezbollah se retire", titre al-Joumhouria

"L'auteure britannique Agatha Christie a-t-elle pensé que son roman de 1923, L'Enlèvement du Premier ministre, verrait le jour entre le Liban et l'Arabie saoudite en 2017 ? Ce qui arrive au Premier ministre démissionnaire, Saad Hariri, est similaire à cette histoire que le réalisateur anglais Andrew Grieve a adaptée en film en 1990", écrit l'ancien ministre, Sejaan Azzi, dans un billet paru dans le quotidien al-Joumhouria.

"Mais la différence est que l'auteure a donné 32 heures et 15 minutes pour le retour du Premier ministre avant que le processus d'enlèvement ne devienne une crise internationale, alors que le chef de notre gouvernement est kidnappé depuis maintenant dix jours", ajoute-t-il.

Selon l'ancien ministre, la crise a mis en lumière plusieurs réalités : "la position saoudienne a définitivement ouvert le dossier des armes du Hezbollah au Liban et dans la région", écrit-il. "Les événements récents ont révélé que la nature du conflit saoudo-iranien est différente de celle du conflit israélo-iranien", ajoute-t-il. M. Azzi affirme également que "ce qu'on appelle le compromis pour la présidentielle est en fait un marché de dupes". D'après lui, "M. Hariri, a fait croire aux Saoudiens que l'élection de Michel Aoun le libérerait du contrôle du Hezbollah et que ce dernier se retirerait de Syrie. Le contraire a eu lieu et Hariri a payé le prix de ces promesses".

 

(Lire aussi : Au lendemain de l'interview de Hariri, Aoun se montre optimiste)

 

"Saad revient ?", titre al-Akhbar

Selon le commentateur du quotidien al-Akhbar, proche du Hezbollah, "les propos moins virulents" tenus par Saad Hariri en comparaison à ceux tenus lors de l'annonce de sa démission montrent que l'Arabie se dirige vers un changement de position consistant "à respecter le compromis (qui a permis l'élection de Michel Aoun) après la modification de ses conditions et après l'échec de la première phase du coup d’État saoudien". "La fatigue et l'anxiété, apparues sur le visage de M. Hariri et dans sa voix, ont renforcé la théorie de l'assignation à résidence à Riyad", a-t-il ajouté. Le commentateur indique également que "la journaliste Paula Yaacoubian ne connaissait pas exactement la date de son interview avant son arrivée à Riyad, et ne savait pas si celle-ci serait retransmise en direct". Il rappelle en outre qu'un homme est apparu, dans le cadre, avec un papier au moment de l'interview et que tous ces éléments "confirment les doutes sur le fait que la sécurité saoudienne suit Hariri pas à pas".

 

(Lire aussi : Hariri revient avec des solutions)

 

"Un extraterrestre sur nos écrans", écrit Claire Chakar dans al-Ittihad

Pour la journaliste Claire Chakar du journal al-Ittihad, les téléspectateurs ont examiné le Premier ministre dans les moindres détails, comme s'il était "un extraterrestre". "Sa voix, ses yeux, ses mains, sa smartwatch... jusqu'à ses ongles". "Il s'est comporté comme s'il s'agissait de sa première expérience devant la caméra. La tension était claire au début de l'interview", souligne-t-elle. Même si "l'homme a beaucoup parlé, l'entretien peut être résumé en quelques mots : la distanciation, le retour, le Hezbollah, l'ingérence de l'Iran", écrit-elle.

La journaliste souligne en outre "la voix tremblante de M. Hariri, son ton triste, son sourire absent". "Les mots sortaient à peine, comme si son souffle était coupé par la peur et la colère", ajoute-t-elle notant son besoin incessant de boire de l'eau.

 

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Gebran Eid

UN OTAGE.....CE QU'IL FAUT SAVOIR LE POURQUOI ?

Wlik Sanferlou

excellents commentaires et analyses du comportement, du regard et de la smartwatch du premier ministre... en fin de compte l'important c'est, que ce soit par son initiative ou celle suggérée ou imposée par l'Arabie, on comprend finalement que les accords faits avec les agents de l'Iran n'ont pas été respecter et ne le seront jamais et ceci à l'encontre des intérêts vitaux du Liban.
Tout autre analyse n'est que perte de temps et d'encre ...
Il est grand temps que les choses soient dites clairement et que tout un chacun déclare son respect du Liban, de ses institutions et de ses lois.

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