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Liban

Le rhododendron, une beauté rose pourpre surexploitée

Faune et flore
12/08/2017

Le rhododendron, notamment la variété locale, est une plante tellement ornementale qu'elle est victime de sa propre beauté. Très souvent, des fleuristes peu sensibilisés à son importance écologique la cueillent pour agrémenter leurs bouquets, sans trop de ménagement, ce qui met la variété locale de l'espèce en danger, même si elle ne l'est pas nécessairement de par le monde. Marc Beyrouthy, ethnobotaniste et professeur associé à l'Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK), plaide pour la protection de cet arbuste exquis et endémique (caractéristique).

Nom scientifique
Le Rhododendron ponticum L. est une espèce commune de rhododendrons très répandue de par le monde, mais la variété brachycarpum Boiss. n'existe qu'au Liban. Le nom de rhododendron vient du grec, rhodon, qui signifie rose, et dendron, qui veut dire arbre. En d'autres termes, un arbre de rosier, bien qu'il ne s'agisse pas du tout d'un rosier. Cette appellation est peut-être due à la beauté de la fleur.

Description
Le rhododendron peut se présenter sous forme d'arbrisseaux de très petite taille, auxquels on se réfère généralement par le nom d'azalée, ou alors des arbustes pouvant atteindre plusieurs mètres. Dans la variété libanaise, les feuilles sont plutôt courtes. La fleur est généralement rose pourpre, de couleur peu variable bien que parfois un peu plus claire, sauf pour les spécimens albinos, où elle est blanche. La fleur est divisée en cinq lobes oblongs arrondis au sommet, un peu ondulés sur les bords, mesurant de trois à quatre centimètres.

Mode de vie
Cette plante fleurit surtout en mai, mais on peut considérer que toute la période d'avril à juin est une période de floraison. Elle pousse invariablement dans des sols de grès ferrugineux (roche sédimentaire riche en fer), quelque peu humides. Elle est cultivable à partir des boutures, non des graines, préférablement dans des jardins (puisqu'il s'agit d'une grande plante en général), à plus de 800 mètres d'altitude. Une indication cependant : il faudrait éviter de cultiver cette plante près de ruches, car le miel qui en résulte est susceptible de contenir un fort taux de toxicité.

Lieu de prédilection
Le rhododendron pousse naturellement sur les hauteurs, à plus de 800 mètres d'altitude. Voilà pourquoi on le retrouve, au Liban, dans plusieurs régions montagneuses, ayant été repéré à Sannine, Hammana, Broummana, Mayrouba, Salima, Bickfaya, Dhour Choueir, col de Zahlé, Aïn Zhalta, Nabeh el-Safa, Qrayé... Cette variété est caractéristique du Liban, mais l'espèce est répandue jusqu'en Anatolie, en Turquie du Nord, ou encore en Géorgie.

Impact positif en milieu naturel
Cette plante n'a pas de vertus médicinales connues. Son principal attrait – et non des moindres – est sa beauté ornementale. La présence de cette belle fleur rose pourpre dans la nature donne lieu à des panoramas imprenables.

Menaces et dangers
C'est la beauté du rhododendron qui l'expose à une surexploitation néfaste au Liban. Il attise ainsi la convoitise de fleuristes qui le voient comme une fleur naturelle ornementale, facile à se procurer pour agrémenter les bouquets, d'où une cueillette non réglementée et non professionnelle qui menace l'existence même de la plante. D'autre part, bien que la variété locale soit répandue sur plusieurs localités, les nombreuses constructions dans les zones rurales et les pertes d'habitats guettent la plante.

Moyens de protection
Marc Beyrouthy préconise tout d'abord de réglementer la cueillette des rhododendrons sauvages, qui courent quasiment un risque d'extinction à ce rythme. Il recommande également – comme pour tant d'autres plantes malheureusement – de protéger autant que possible les habitats, ou du moins de demander aux entrepreneurs de commander des études signalant la présence de plantes intéressantes et caractéristiques avant la construction, afin que des échantillons puissent être prélevés et plantés ailleurs. À bon entendeur salut...

 

 

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Marionet

Magnifiques les rhodo mais si difficiles à entretenir. Ils s'épanouissent en effet dans une terre acide. En cas de terre neutre,un apport en terre de bruyère et en tourbe est indispensable pour acidifier la terre. Les rhodos sont gourmands en eau mais, paradoxalement, ils n'aiment pas avoir les pieds qui trempent dans l'eau. Moi j'ai recouvert leurs pieds d'écorces de pin maritime (vendus en sacs) et une astuce: pour savoir quand un rhodo a besoin d'être arrosé, suffit de planter à côté de lui un basilic. Dès que ce dernier pique du nez, à vos arrosoirs!

C l'occasion aussi pour moi de saluer cette rubrique de l'OLJ. J'adore.

C. F.

""....Elle pousse invariablement dans des sols de grès ferrugineux (roche sédimentaire riche en fer), quelque peu humides.""

Aaaah ! Les rhodos couleur rose bonbon.
C’est plutôt dans des terres acides dite de bruyère qu’il faut les planter, les azalées, les rhododendrons, et surtout les camélias qui selon les variétés les dépassent par sa beauté.
Un conseil pour le développement de ces arbustes, qu’il faut mélanger la terre de bruyère par une bonne quantité de tourbe avec un léger apport d’engrais (le même engrais en supermarché pour azalées, rodos, camélias). Je sais de quoi je parle, j’en ai dans mon jardin, au bas mot 200 pieds et comme dit ma voisine, pendant la période de floraison : "c’est à tomber par terre".
Les rhododendrons libanais poussent ils sur les hauteurs d’Ersal ? à moins que les djihadistes les ont emporté avec eux, sans aucun doute !

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