Le village préféré des Libanais - 2017

#10 Tebnine, Toron à bras (ou)verts...

Le village préféré des Libanais 2017

Pour la deuxième année consécutive, les lecteurs de « L'Orient-Le Jour » au Liban et dans le monde voteront pour « Le village préféré des Libanais ». Cette année, dix nouveaux villages sont en lice. Un reportage écrit et une vidéo, chaque jour pendant dix jours, pour vous aider à choisir... Après Anjar, Aqoura, Beit Chabeb, Bhamdoun, Hasroun, Maasser el-Chouf, Qleilé, Sir el-Denniyé et Tannourine, voici Tebnine, le dernier village en lice de la cuvée 2017.

27/07/2017

Perché à 700 m d'altitude et situé à 105 km au sud de Beyrouth, Tebnine, dans le caza de Bint Jbeil, est un de ces villages qui vous accueillent à bras ouverts, avec des habitants heureux de vous guider. C'est par un matin ensoleillé que nous nous y sommes rendus, traversant plusieurs petits villages du caza de Bint Jbeil. Une promenade agréable et un village qui vaut le détour, ne serait-ce que pour admirer la magnifique – et plutôt inconnue du grand public – citadelle de Toron datant du temps des croisades.
Livrée à son sort pendant plusieurs années, cette forteresse qui fait la fierté de Tebnine devrait être bientôt restaurée de fond en comble, grâce à une donation de l'Agence française de développement (AFD) et en coopération avec le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR). Si la citadelle de Toron fascine grandement les amoureux de l'archéologie, c'est qu'elle possède un sous-sol encore presque inexploré, constitué de vestiges d'une ancienne forteresse romaine. Deux archéologues, munis de bouteilles d'oxygène, ont récemment visité ce sous-sol et confirmé que ce qui se cache sous la citadelle de Toron mérite amplement d'être mis en lumière.

 

 

 

 

Habitudes tebniniennes...
Le village disposait il y a encore quelques années d'un centre historique, qui a été détruit à 40 % lors de la guerre de juillet 2006, mais qui a été entièrement reconstruit depuis. « Sachez qu'on vient de loin », soupire le président de la municipalité, Nabil Fawaz, qui nous accueille à bras ouverts au nouveau sérail du village. « Tebnine est un exemple de vie commune. Le village montre qu'il est possible de vivre ensemble et de développer des habitudes tebniniennes, et non pas chrétiennes ou musulmanes », souligne-t-il, insistant sur le vivre-ensemble qui a toujours prévalu à Tebnine. Il n'y a pas de secret : dans cette localité, on enregistre beaucoup de mariages mixtes.
Tebnine, qui compte officiellement 20 000 habitants, a vu, comme il se doit au Liban, une bonne partie de sa population s'établir à l'étranger, notamment à Detroit, aux États-Unis. Le village se remplit donc en été, lorsque les émigrés rentrent au bercail.

 

Couleur verte
Tebnine, c'est aussi une belle forêt de pins plantée dans les années 50 et 60 dans le cadre du Plan vert, un projet environnemental initié par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le ministère de l'Agriculture de l'époque. « Environ 400 000 arbres ont été plantés, mais la forêt comportait des pans plus anciens », précise Nabil Fawaz. Cet espace vert constitue aujourd'hui un refuge pour les habitants du village, qui viennent souvent s'y promener ou pique-niquer.
Tebnine se veut par ailleurs un village respectueux de l'environnement : il inaugure bientôt une usine pour le traitement des eaux usées de la région. Quant aux déchets ménagers de la localité, ils sont envoyés dans une usine de recyclage à Abbassiyié, faisant de Tebnine un village zéro déchet.


La localité dispose également d'un centre culturel qui propose des activités pour les établissements scolaires de la région, ainsi que des cours de langue et de remise à niveau, en partenariat avec l'Institut français du Liban. « Notre centre collabore également avec les soldats des contingents italien et irlandais de la Force intérimaire des Nations unies pour le Liban (Finul). Ces derniers viennent pour y dispenser des cours de langue et participer à nos activités », indique Carmen Fawaz, directrice du centre.
Un théâtre municipal de 300 places est actuellement en cours de construction dans le village, dans la perspective de projection de films et d'organisation de spectacles divers. En été, des concerts sont même organisés dans la cour de la citadelle de Toron. Renseignez-vous au préalable sur les événements prévus par la municipalité.

 

Aventures culinaires et culturelles
Chaque vendredi, un marché populaire est organisé à Tebnine. Des produits locaux tels que le miel, les noix ou les figues, voire même, avec un peu de chance, le délicieux kaak el-abbass (galettes sucrées), spécialité de la région, sont proposés à la vente. Et on peut facilement et joliment déjeuner dans un des restaurants du village. Le plus connu est al-Kachef (le promontoire), qui doit son nom à la vue superbe qu'offre sa terrasse. Ce restaurant sert des spécialités libanaises cuisinées à partir d'ingrédients frais issus des élevages et de l'agriculture de la région.
Ceux qui souhaitent passer un week-end ou une journée dans la ville ont largement de quoi s'occuper, entre la promenade dans la forêt, la visite de la forteresse ou même les activités sportives disponibles au Tebnine Country Club moyennant un tarif journalier. Le club dispose de terrains de basket-ball, de tennis et de squash, ainsi que d'une salle de sport.


Si vous prévoyez de dormir sur place, sachez qu'il n'y a pas d'hôtels à Tebnine, mais dans les villages voisins. Et si vous désirez faire un séjour prolongé dans le Sud et que vous êtes un fervent amateur de patrimoine, il est possible de suivre un circuit qui vous emmènera sur les principaux sites archéologiques de la région : la citadelle maritime et le temple d'Echmoun à Saïda, les ruines de Tyr, la forteresse de Tebnine et le château de Beaufort, à Arnoun. Il faut compter environ une heure en voiture pour pouvoir se rendre à Saïda, Tyr ou Arnoun à partir de Tebnine.

 

Le vote sera ouvert dès demain vendredi 28 juillet et jusqu'au 18 août.

 

 

 

Comment y accéder ?

La route la plus facile pour se rendre à Tebnine en venant de Beyrouth est celle qui traverse Bourj Rahal. Pour y accéder, empruntez l'autoroute qui mène de la capitale vers le sud sans toutefois arriver à Tyr. Quittez l'autoroute au niveau de Bourj Rahal. À partir de Bourj Rahal, vous traverserez Deir Anoun, Srifa, Bir el-Salesil et Soultaniyé avant d'arriver à Tebnine.
Si vous êtes à Tyr, vous pouvez monter vers Bourj el-Chémali puis aller en direction de Jouaya. Dirigez-vous ensuite vers Kfardounin puis Soultaniyé, avant d'arriver à Tebnine.

 

À ne pas rater


*La citadelle de Toron.
*La forêt de pins.
*Le marché du vendredi.
*Pour les curieux, l'usine de traitement des eaux usées.
*L'église de la communauté grecque-catholique.
*La mosquée.
*Les fontaines d'eau potable.
*Les locaux renouvelés de la municipalité, une des plus anciennes du Liban, qui fête ses 125 ans cette année.
*Les jardins publics.

 

Fiche technique

* Nombre d'habitants : 20 000 (chiffre officiel), sans compter les Tebniniens de la diaspora, surtout aux États-Unis.
* Célébrités issues du village : Nabih Berry, président de la Chambre, et Zeinab Fawaz, femme de lettres et poétesse qui a marqué la scène littéraire égyptienne de l'époque (1846-1914).
* Président du conseil municipal : Nabil Fawaz.
* Hôtels et restaurants : pas d'hôtels à Tebnine même, mais dans les localités avoisinantes, notamment à Bint Jbeil ou Aïn Ebel (20 minutes en voiture). Restaurants : al-Kachef (07/325991) ; Goodys (07/326275) ; al-Ghouroub (07/325818).
* Altitude : entre 680 et 720 m. 800 m si vous vous aventurez sur le toit de la forteresse.
* Météo : clémente en été, neiges rares en hiver.

 

La spécialité culinaire rapportée par Kamal Mouzawak (Souk el-Tayeb)

C'est presque un rituel : à Tebnine, les femmes de la famille ou les voisines se réunissent pour faire les kaak el-abbas, comme on faisait le maamoul dans le temps : jamais seul ! Le kaak el-abbas est un biscuit rond, un peu épais, un peu craquant et un peu mou, relevé à l'anis et aux épices et très peu sucré. Ce kaak est le kaak qui se prépare surtout après la Achoura, quand les habitants le distribuent aux pauvres, mais aussi à l'occasion du Eid el-Kbir (Adha) et Eid el-Seghir (fotor).

 

 

Lire aussi

#1 Anjar, pour rêver de paix et d'Omeyyades...

#2 Aqoura, l'Éden d'Ève et de sa pomme...

#3 Beit Chabeb, au son des cloches des églises...

#4 Bhamdoun, ou la réinvention du temps passé...

#5 Hasroun, creuset d'histoire et tuiles si rouges...

#6 Maasser el-Chouf, et des cèdres comme s'il en pleuvait...

#7 Qleilé, tout récent, tout doux, tout chaud

#8 Sir el-Denniyé, doublement gratifié par Dieu...

#9 Tannourine, et les cinq sens en bandoulière...

Et relisez, ici, les articles de la première édition du village préféré des Libanais

 

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