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Travailleuses domestiques

« Mes employeurs me respectent, mais qu’en est-il des autres ? »

Une marche pacifique est organisée dimanche à Beyrouth par les employées de maison qui demandent une amélioration de leurs conditions.

Une travailleuse domestique au Liban arbore un écriteau sur lequel on peut lire : « Si nous n’étions pas enfermées, pourquoi choisirions-nous alors de risquer nos vies en nous enfuyant par les balcons ? » Photo tirée de Facebook

Gemma est travailleuse domestique au Liban depuis plusieurs années. Originaire des Philippines, elle est très active dans la lutte pour les droits des employées de maison et elle est soutenue par ses employeurs, qui la « traitent bien ». « J'ai de la chance d'avoir des employeurs qui me respectent, mais qu'en est-il des 350 000 autres travailleuses domestiques au Liban ? Même si je vis bien, au final, je subis les mêmes lois que les autres travailleuses, comme le système de garantie (kafala) », affirme-t-elle.

Gemma s'apprête à participer dimanche à la marche pacifique des travailleuses domestiques organisée depuis 8 ans, à l'occasion de la fête du Travail. Cette action vise à rappeler que ces employées de maison migrantes ne jouissent toujours pas de leurs droits en tant que salariées et encore moins en tant que personnes à part entière. Dimanche, la marche partira à midi de Sodeco vers Raouché, et les employeurs de Gemma ont promis de l'y accompagner.

C'est un groupe de militantes, réunies sous le nom d'Alliance des travailleuses domestiques migrantes au Liban, qui organise la marche du dimanche, en partenariat entre autres avec les associations Kafa, Amel, Insan, le Centre communautaire pour les migrants, Caritas et le Mouvement antiracisme. « Je fais tout cela par compassion envers les autres travailleuses domestiques au Liban. Certaines ne sont pas bien traitées », souligne Gemma qui explique faire souvent le lien avec l'ambassade des Philippines pour aider ses compatriotes moins chanceuses.

(Pour mémoire : Une Népalaise menacée d’expulsion « probablement » en raison de son engagement syndical)

 

Pour l'abolition du parrainage
« Les travailleuses domestiques ont principalement trois revendications pour lesquelles elles vont marcher dimanche à Beyrouth, explique une activiste contactée par L'Orient-Le Jour. D'abord, l'abolition du système du parrainage et son remplacement par une procédure d'immigration et de résidence juste qui garantit les droits de l'homme, ainsi que la possibilité pour les travailleuses domestiques migrantes de vivre hors du lieu de résidence de leur employeur et de changer d'employeurs. »

 

(Pour mémoire : Le Liban expulse une militante des droits des travailleurs migrants)

 

Les employées de maison appellent également à ratifier et mettre en œuvre la Convention sur les travailleuses domestiques de l'OIT (C189). Enfin, elles dénoncent « la détention de celles qui quittent le lieu de résidence de leurs employeurs, l'utilisation de la violence dans les centres de rétention et les postes de police, et la privation de résidence légale aux enfants de travailleuses domestiques migrantes ». « Dernièrement, il y a eu beaucoup d'arrestations de travailleuses domestiques, souvent parce que leur permis de séjour avait expiré. De même pour celles qui ont des enfants, elles sont expulsées avec leur famille. L'État trouve toujours des motifs pour justifier ces expulsions. Mais la vérité est qu'il ne veut pas de regroupements familiaux », explique l'activiste. Selon l'association Insan, citée par Human Rights Watch, au moins 21 travailleuses domestiques ayant des enfants ont été expulsées durant l'été 2016.

« Quand elles sont arrêtées, les employées de maison n'ont pas droit à un avocat, et il n'y en a pas un qui soit affilié à la Sûreté générale qui pourrait les aider. On ne les voit jamais pendant toute la période de leur détention et, à la fin, on nous dit qu'elles voulaient partir et qu'on les a renvoyées dans leur pays », ajoute l'activiste.

 

Pour mémoire

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Gemma est travailleuse domestique au Liban depuis plusieurs années. Originaire des Philippines, elle est très active dans la lutte pour les droits des employées de maison et elle est soutenue par ses employeurs, qui la « traitent bien ». « J'ai de la chance d'avoir des employeurs qui me respectent, mais qu'en est-il des 350 000 autres travailleuses domestiques au Liban ? Même si je...

commentaires (3)

Quand on ne respecte pas son voisin, le conducteur-automobile à-côté sur la route etc., comment peut-on espérer qu'on respecte ces malheureuses employées de maison ? Qui sont, au Liban comme dans la plupart des pays arabes, considérées comme des esclaves pour "les-quelles on a payé, c'est déjà assez !" Et pour rentabiliser leur salaire, on les prive de nourriture, on les fait travailler jour et nuit...on les prive de congés,...quand elles ne subissent pas d'autres maltraitances connues de tous, surtout de la part de nos autorités concernées par ce problème...et qui ne font rien ! Eh oui, nous sommes un pays moderne qui se respecte ! Irène Saïd

Irene Said

13 h 15, le 30 avril 2017

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Commentaires (3)

  • Quand on ne respecte pas son voisin, le conducteur-automobile à-côté sur la route etc., comment peut-on espérer qu'on respecte ces malheureuses employées de maison ? Qui sont, au Liban comme dans la plupart des pays arabes, considérées comme des esclaves pour "les-quelles on a payé, c'est déjà assez !" Et pour rentabiliser leur salaire, on les prive de nourriture, on les fait travailler jour et nuit...on les prive de congés,...quand elles ne subissent pas d'autres maltraitances connues de tous, surtout de la part de nos autorités concernées par ce problème...et qui ne font rien ! Eh oui, nous sommes un pays moderne qui se respecte ! Irène Saïd

    Irene Said

    13 h 15, le 30 avril 2017

  • pour un Européen il faut bien l'admettre ça ressemble à de l'esclavage moderne. Même si certaines familles les respectent le principe est détestable. J'ai été très choqué de voir un "arrivage " à l'aéroport de Beyrouth un peu comme du bétail que l'on envoie à l’abattoir

    yves kerlidou

    09 h 57, le 30 avril 2017

  • pauvres etres humains, heureux de quitter leur pays natal du 3 eme monde croyant avoir la chance de travailler dans un pays evolue, tellement tristes et decus d'avoir echoue dans un pays du 4eme/5eme monde.

    gaby sioufi

    10 h 33, le 29 avril 2017