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Liban

Une Népalaise menacée d’expulsion « probablement » en raison de son engagement syndical

Droits de l’homme
18/01/2017

C'est une lettre adressée mercredi dernier par le député Élie Keyrouz au chef du législatif, Nabih Berry, qui a relancé le débat autour de l'affaire des deux employées de maison népalaises arrêtées en décembre par la Sûreté générale, sans doute à cause de leur engagement syndical, et dont une a déjà été expulsée du Liban. La deuxième risque de connaître le même sort.

Sujana Rana a été forcée de quitter le territoire libanais le 1er janvier mais les causes de son expulsion n'ont toujours pas été communiquées par la Sûreté générale. Rosa Limu Jee, elle, est toujours en état d'arrestation et soumise à l'investigation.

« Selon certains médias et associations de la société civile qui militent pour les droits de l'homme, la Sûreté générale a arrêté deux employées de maison népalaise, probablement à cause de leur travail syndical au Liban », indique Élie Keyrouz à L'Orient-Le Jour. Dans sa lettre adressée au Parlement, M. Keyrouz demande que sa requête soit envoyée au ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, qui, lui, pourrait divulguer les causes qui se cachent derrière l'expulsion de Sujana et la détention prolongée de Rosa. Selon la Constitution, M. Machnouk dispose d'un délai de 15 jours afin de donner une réponse écrite.

Wadih Asmar, cofondateur du Centre libanais pour les droits de l'homme (CLDH), déclare que les deux Népalaises « ont probablement été arrêtées à cause de leur engagement syndical ». « Elles ont aidé à la création du syndicat des employées de maison et cela n'a pas plu à certaines personnes. Sujana a été rapidement expulsée et nous n'avons pas la raison officielle de cette expulsion. Concernant Rosa, la Sûreté générale indique que son tuteur ne veut pas renouveler son contrat. Sans tuteur, elle ne pourrait rester au Liban, ce qui pourrait entraîner son expulsion », explique-t-il.

 

(Pour mémoire : Le Liban expulse une militante des droits des travailleurs migrants)

 

Deux avocats pour représenter Rosa
Castro Abdallah, président de la Fédération nationale des syndicats des ouvriers et employés au Liban (Fenasol), souligne pour sa part que le Fenasol a finalement réussi à assigner deux avocats à Rosa, avec l'aide de l'ONG Legal Agenda qui milite entre autres pour les droits de l'homme. Sujana, elle, n'avait pas été autorisée par la Sûreté générale à contacter un avocat.

« Nous avons réussi à obtenir du juge des référés que Rosa ne soit pas expulsée, qu'un notaire puisse la voir pour recueillir sa déposition et que ses avocats puissent se réunir avec elle en tête à tête », souligne M. Abdallah. « On nous dit qu'elle n'a pas respecté le système du parrainage (ou "kafala" et qui prévoit qu'une employée de maison ait un "kafil", ou garant) et qu'elle travaille ailleurs que chez son garant. Mais, au final, Rosa est syndicaliste et nombreux sont ceux qui étaient contre la création du syndicat des employées de maison au Liban », ajoute Castro Abdallah.

« Nous n'avons pas encore épuisé les moyens judiciaires dans cette affaire. Nous sommes également en train de préparer un dossier sur le sujet que nous présenterons à la commission parlementaire des Droits de l'homme. J'ai de l'espoir qu'elle sera libérée, mais même si elle l'est, le dossier restera ouvert car il s'agit d'un sujet important. Nous avons des données que nous rendrons publiques en temps opportun », dit-il.

21 associations de la société civile, dont Legal Agenda, Kafa, Ruwad, le CLDH, Fenasol, Insan ou Human Rights Watch, avaient publié à la mi-décembre un communiqué de presse commun demandant l'arrêt des « mesures discriminatoires » contre les employées de maison ainsi que la suspension du système de parrainage.

 

 

Pour mémoire

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NAUFAL SORAYA

Elles ont dû abuser de la situation... Connaissant les "bonnes" intentions des ONG des droits de l'homme qui les ont sans doute manipuler à fond...

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