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Discrimination

Au Liban, les employées de maison étrangères désormais libres d’aimer...

Les associations des droits de l'homme, soutenues par le conseil des notaires, ont eu gain de cause. Elles ont obtenu la révocation par le ministère de la Justice de « la circulaire esclavagiste » qui interdisait aux employées domestiques d'entretenir des relations amoureuses.

La circulaire publiée le 2 juillet 2015 par le ministère de la Justice.

Les employées de maison étrangères sont désormais libres d'aimer et d'avoir des relations amoureuses. Elles ne craignent plus d'être rapatriées chez elles par la Sûreté générale, ou d'être constamment épiées par leurs employeurs, même pendant leur jour de congé. C'est un pas significatif qu'a fait lundi le ministère de la Justice en faveur des employées de maison migrantes et de leur droit à une vie privée. Et ce, en révoquant la circulaire qui interdit aux travailleurs étrangers de troisième et quatrième catégories d'avoir « toutes sortes de relations », autrement dit d'avoir des relations amoureuses ou de se marier. Car cette circulaire « va à l'encontre du principe des libertés et des droits de l'homme auxquelles appellent les organisations et les conventions internationales », précise une nouvelle circulaire, publiée le 2 juillet, et portant la signature du ministre Achraf Rifi.

 

(Pour mémoire : En l’absence d’une loi réglementant le travail domestique, la SG réduit les libertés des employées de maison étrangères)

 

La circulaire 1778 avait été publiée le 1er octobre 2014 par le ministère de la Justice sur demande de la Sûreté générale à travers le ministère de l'Intérieur. Elle avait imposé aux notaires d'ajouter une clause aux contrats de travail entre employeurs et employées de maison étrangères, interdisant à ces dernières d'avoir « toutes sortes de relations ». Si aucune mention ne spécifiait la nature des relations, il était clair que ces femmes migrantes n'étaient pas autorisées à avoir des relations amoureuses, ou à se marier avec une personne résidant au Liban. Le cas échéant, l'employeur était tenu de déclarer cette relation à la SG et était contraint de renvoyer sur-le-champ l'employée domestique dans son pays.
C'est à la suite de l'appel de sept associations de défense des droits de l'homme, en mai dernier, menées par Legal Agenda, que le ministère de la Justice a fait marche arrière, les autres associations étant Anti-Racism Movement, Migran Community Center, Insan, Fenasol, Kafa et Frontiers Ruwad. Un appel auquel s'est joint le conseil des notaires.

 

(Lire aussi : Les employées de maison étrangères unies face aux abus)

 

Un pas vers l'abolition du système de la kafala
« La décision du ministère de la Justice de révoquer cette circulaire esclavagiste est une très bonne initiative », affirme à L'Orient-Le Jour l'avocat Nizar Saghiyé, directeur exécutif de Legal Agenda. « Car cette circulaire qui portait atteinte à la vie privée de la main-d'œuvre étrangère de troisième et quatrième catégories était illégale et contraire aux droits de l'homme. Elle n'était surtout pas défendable », assure-t-il, expliquant que l'employeur devait « surveiller » la vie privée de son employée de maison et « devenir l'agent de la SG ».
L'avocat ne manque pas de saluer la toute première décision du conseil des notaires en faveur du respect des droits de l'homme. « Ce conseil ne voulait pas que des pratiques illégales figurent dans ses archives », note-t-il. Il rend aussi hommage à la directrice générale du ministère de la Justice, Mayssa Menwary, qui a « fait avancer le dossier ».

 

(Lire aussi : Ce « petit parapluie » qui protège les employées de maison étrangères...)


Me Saghiyé promet que cette évolution n'est « qu'un début dans le sens du changement du système du garant et dans l'amélioration de la situation des travailleurs domestiques ». « C'est un encouragement », précise-t-il avec satisfaction. Mais le processus est long et les choses ne changent pas vraiment dans ce sens. Preuve en est, « la nouvelle circulaire réitère cette même relation de kafala entre l'employeur et l'employée ». « Il est pourtant grand temps d'en finir avec cette volonté des autorités de contrôler la vie privée et sexuelle de la main-d'œuvre migrante », martèle-t-il.
Alors dans l'attente d'un changement radical, la clause discriminatoire interdisant à l'employée de maison étrangère « d'entretenir des relations » devra être rayée des contrats signés devant le notaire entre employeurs et employées domestiques. À chacun d'y veiller scrupuleusement.

 

 

Pour mémoire
Au Liban, les employées de maison étrangères veulent lancer leur syndicat

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Les employées de maison étrangères sont désormais libres d'aimer et d'avoir des relations amoureuses. Elles ne craignent plus d'être rapatriées chez elles par la Sûreté générale, ou d'être constamment épiées par leurs employeurs, même pendant leur jour de congé. C'est un pas significatif qu'a fait lundi le ministère de la Justice en faveur des employées de maison migrantes et de...

commentaires (3)

Mais cette circulaire s'adresse t'elle aux deux sexes...?

M.V.

12 h 45, le 08 juillet 2015

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Commentaires (3)

  • Mais cette circulaire s'adresse t'elle aux deux sexes...?

    M.V.

    12 h 45, le 08 juillet 2015

  • CONTRÔLER LE TRAVAIL... çA VA ! MAIS CONTRÔLER LES SENTIMENTS... C'ÉTAIT DE LA BÊTISE À QUATRE DIMENSIONS !!!!!!!!!!

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 36, le 08 juillet 2015

  • Qu’est-ce qu’un (employeur) libanais cynique de (domestiques) ? "C’est un homme qui connaît le prix de tout et la valeur de rien." ! Tféhhh !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    03 h 38, le 08 juillet 2015