Les partisans d'Emmanuel Macron à la réunion publique du candidat centriste à palais Bercy, plus grande salle de Paris, le 17 avril 2017. AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT
Les partisans d'Emmanuel Macron chantent "on va gagner" à chaque meeting, mais l'écart qui se réduit entre les principaux candidats et la tension des derniers jours de la campagne présidentielle française, engendrent fébrilité et inquiétude dans leurs rangs.
"On croise les doigts", confie Isabelle Nkounou, une militante pro-Macron, qui confie que "les derniers jours ont été très tendus". Après avoir tracté tout le week-end en banlieue parisienne, elle a participé lundi à la réunion publique du candidat centriste à palais Bercy, plus grande salle de Paris, dans la dernière ligne droite du premier tour, le 23 avril.
L'ancien ministre de François Hollande est l'ovni politique de cette campagne: jamais élu, l'ancien banquier d'affaires, qui n'est entré en politique qu'en 2012 et s'est lancé dans la campagne en franc tireur, a réussi en quelques mois à s'imposer comme un favori de ce scrutin.
A Bercy, les quelque 20.000 militants de son mouvement "En Marche !" y ont scandé son nom et chanté "on va gagner" à pleine gorge mais derrière l'image, parfaite pour les journaux télévisés, certains de ses soutiens redoutent que la dynamique de la campagne échappe sur sa toute fin à leur champion.
"On est un peu inquiet de la percée de Mélenchon", explique Dominique Dusart, 57 ans, qui dirige un comité local "En Marche !". "Ça a été un peu une claque parce qu'on s'y attendait pas", souligne-t-il.
A la suite, notamment, de ses prestations réussies dans deux débats télévisés entre les candidats, le héraut de la gauche radicale, candidat auto-proclamé de la "France insoumise", s'est rapproché du trio de favoris établi par les sondages pour le scrutin des 23 avril et 7 mai.
Désormais, on peut parler de quatuor: la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen, M. Macron, le candidat conservateur François Fillon, et M. Mélenchon se tiennent en quelques points et toutes les hypothèses sont possibles. Du jamais vu dans une campagne présidentielle.
Avant la percée Mélenchon, les projecteurs étaient braqués sur M. Macron, plus jeune candidat en lice (39 ans), son modernisme, l'habileté de son positionnement a priori rassembleur, surmontant l'éternel clivage droite-gauche de la politique française.
(Portrait : Macron, un jeune surdoué qui bouscule les usages)
'Pas d'appareil'
"Après l'élan d'il y a quinze jours, on sent bien que la candidature d'Emmanuel Macron est fragile, mais peut-être pas au point de se briser", analyse pour l'AFP le politologue Philippe Braud, du Centre de recherches politiques de Paris (Cevipof). "Pourquoi fragile ? Être ni de droite ni de gauche, ça plaît de loin mais le jour du scrutin, les gens retrouvent leurs affiliations politiques identitaires", poursuit-il.
Le succès de la campagne Macron l'a en outre placé au centre des attaques, lui qui depuis des mois a déjà dû à plusieurs reprises se défendre d'avoir été banquier d'affaires, avant de se lancer dans la politique comme conseiller à l’Élysée puis comme ministre et enfin comme candidat.
"Vous allez entendre dire: + il y a un héritage caché, j'ai des comptes dans des paradis fiscaux+. C'est totalement faux", a-t-il déclaré lundi sur la chaîne BFMTV, dénonçant par avance une possible campagne contre lui sur les réseaux sociaux.
En outre, le candidat a pu aussi être pénalisé par la jeunesse de son mouvement ou les ralliements de tous bords - du vétéran centriste François Bayrou à l'ex-premier ministre socialiste Manuel Valls - qui ont pu brouiller son message sur le nécessaire renouveau de la classe politique.
"Emmanuel Macron n'a pas d'appareil, il est dépendant de ralliements plus ou moins acceptés, plus ou moins clandestins et cela crée une incertitude. Or l'électeur n'aime pas l'incertitude", souligne à cet égard M. Braud.
Marie Imbert, 27 ans, supportrice du candidat, voit dans ces péripéties une raison de mettre les bouchées doubles. "Cela a un effet mobilisateur", dit celle qui arborait fièrement à Bercy un tee-shirt "Macron président". "Cela veut dire qu'il va falloir être sur le terrain jusqu'à vendredi minuit". A l'heure où la campagne officielle prendra fin.
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13 h 58, le 19 avril 2017