Le père Dario Escobar lit un livre dans son bureau, dans la vallée de Qadicha, au nord du Liban, le 16 octobre 2009. AFP PHOTO / JOSEPH EID
Le père Dario Escobar, ermite colombien devenu figure emblématique de la vallée de Qadicha, au Liban-Nord, est décédé à l’âge de 92 ans, ont rapporté lundi plusieurs médias locaux.
Originaire de Medellín, dans une famille colombienne aisée, cet ancien professeur de théologie, de psychologie et de grec biblique avait tourné le dos à sa vie d’avant, sa famille, ses six frères et sœurs, et sa fortune, pour embrasser une existence d’ascèse radicale au Liban, où il s’était installé à partir des années 2000.
Il avait trouvé refuge dans l’un des ermitages de la « vallée des saints », ce haut lieu de spiritualité creusé de monastères. Là, il vivait dans une solitude choisie, ne gardant pour lien avec le monde que les rares visiteurs croisant sa route, principalement des randonneurs et quelques moines.
Son quotidien obéissait à une discipline stricte : quatorze heures de prière, trois heures de travail au jardin, deux heures de lecture, et cinq heures de sommeil. Il se nourrissait exclusivement de ce qu’il cultivait : haricots, oignons et pommes de terre et vivait loin de tout confort moderne : sans télévision, sans radio, sans téléphone, sans internet. Pour dormir, il utilisait un simple matelas recouvert d’une planche de bois et reposait sa tête sur une pierre.
Dans un entretien accordé à l’AFP en 2009 depuis son ermitage de Hawka, il confiait : « Je vis dans la pauvreté absolue et je suis plus heureux comme ça. Celui qui goûte à cette vie n’en voudrait pas d’autre. »
Il décrivait la vallée de Qadicha comme « le lieu idéal pour la prière et la solitude », affirmant y avoir trouvé une paix intérieure qu’il n’aurait échangée « pour aucune fortune ». « J'étais un homme fortuné (...) L'argent ne m'a jamais rendu heureux, au contraire, il m'apportait des maux de tête. J'ai tout abandonné », disait-il.
Dans son petit bureau, un crâne surplombait une bibliothèque fournie de livres sur la vie des saints. « C'est pour se préparer à la mort », avait-il alors expliqué.


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