Liban

Loi électorale : le Hezbollah et le PSP haussent à nouveau la barre

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Hassan Fadlallah appelle à « comprendre la proportionnelle », Waël Bou Faour met en grade contre « l'aventure » du vote et les Marada refusent d'enterrer le texte de 1960.

Yara ABI AKL | OLJ
07/04/2017

Si la séance parlementaire tenue hier était principalement destinée à un débat de politique générale, la loi électorale était au centre des interventions des députés.

Dans ce cadre, à l'heure où le député Estéphan Doueihy (Marada) a refusé d'enterrer la loi de 1960 – contrairement à l'écrasante majorité des protagonistes –, Hassan Fadlallah (Bint Jbeil, Hezbollah) a réaffirmé le soutien de sa formation à une réforme axée sur la proportionnelle intégrale. M. Fadlallah a appelé ses collègues à « comprendre » ce mode de scrutin, estimant qu'« il est la seule solution ».
De son côté, Waël Bou Faour, député joumblattiste de Rachaya, a insisté sur l'importance de conclure une entente élargie autour de la réforme électorale. M. Bou Faour a même été jusqu'à mettre en garde contre « l'aventure d'un éventuel vote et les divisions que cela causerait sur les projets de loi électorale, au lieu d'opter pour l'entente ».

Interrogé à ce sujet par L'Orient-Le Jour, un observateur politique estime que le député joumblattiste a voulu adresser des messages politiques à tous les protagonistes, dont notamment le Hezbollah et le Courant patriotique libre.
Selon cet observateur, Waël Bou Faour a assuré que « la formation de Hassan Nasrallah ne parviendra pas à imposer un texte prévoyant la proportionnelle intégrale, à laquelle s'oppose l'écrasante majorité des protagonistes ». Concernant le CPL, M. Bou Faour a rappelé que « le chef du courant aouniste, Gebran Bassil, ne pourra pas mener le pays vers un scrutin tenu conformément à la dernière version de la formule composite qu'il a présentée le 13 mars dernier », note cet observateur, avant d'estimer que « c'est ce tableau qui aurait poussé le président de la Chambre, Nabih Berry, à soutenir à nouveau la formule hybride appuyée par le mouvement Amal. Ce texte prévoit l'élection de 50 % des députés conformément au système majoritaire et l'autre moitié à la proportionnelle ».

 

(Lire aussi : Séances ouvertes du Conseil des ministres à partir de lundi, à Baabda)

 

À Moukhtara, on confirme la teneur des propos de l'ancien ministre de la Santé, sans toutefois chercher à polémiquer. « Un dossier aussi important que la législation électorale exige une entente élargie », déclare à L'OLJ Zafer Nasser, cadre du Parti socialiste progressiste. « Si les protagonistes n'arrivent pas à s'entendre à ce sujet une bonne fois pour toutes, ils risquent de conduire le pays vers une grave crise », avertit-il.
Si le paysage politique fait dire à certains que de nombreux obstacles empêchent encore l'accord multipartite autour du code électoral de voir le jour, Zafer Nasser se veut plus optimiste. « Il y a un minimum de points autour desquels l'entente reste possible, en dépit des positionnements politiques actuels », assure-t-il, mettant l'accent sur « l'importance des bonnes intentions ».

À son tour, Rami Rayès, responsable de la presse au PSP, insiste pour L'OLJ sur l'importance de la conclusion d'un accord portant sur le nouveau code électoral, « dans la mesure où il ne s'agit pas d'un simple détail de la vie politique ». M. Rayès fait savoir que sa formation est « convaincue » que personne ne peut imposer un nouveau code électoral.

 

(Lire aussi : Loi électorale et corruption alimentent les débats)

 

Le CPL et les FL
Parallèlement, le tandem CPL-FL assure que le vote n'est qu'une alternative en l'absence d'un accord autour de la loi électorale. Joint par L'OLJ, un proche de Samir Geagea indique que son parti et celui de Gebran Bassil n'entendent aucunement imposer un code bien déterminé au reste des protagonistes politiques. Il en veut pour preuve le fait que les FL ont présenté conjointement avec le PSP et le courant du Futur une version de la formule composite, et ont pris en compte les appréhensions de Walid Joumblatt.
Commentant les propos de Hassan Fadlallah, ce cadre FL a réitéré le refus des deux alliés chrétiens de tout texte axé sur la proportionnelle intégrale. « Nous sommes attachés au projet Bassil, dans la mesure où il assure le dosage de proportionnelle convenable au pays », dit-il.

 

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