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Moyen Orient et Monde

Le rideau de fer est tombé sur l’Amérique

États-Unis

Le rôle et la place de Steve Bannon, qui a actuellement le titre de stratège en chef du président Trump, sont de plus en plus critiqués.

02/02/2017

La première semaine du mandat du président Donald Trump avait carburé à l'amateurisme. Sa fin a été un fiasco total et le début d'un fort mouvement de protestation à travers les États-Unis et le monde. Cette semaine, la deuxième, commence par les doigts qui pointent vers ceux qui ont poussé le président Trump à signer des décrets présidentiels devenus, pour certains, une déclaration de guerre contre le monde et le peuple américain. Peu de présidents auparavant avaient mis si rapidement leur autorité exécutive en marche. Son prédécesseur, Barack Obama, avait émis 277 décrets présidentiels durant ses deux mandats ; Franklin Roosevelt, lui, en a totalisé un maximum de 307, George W. Bush 36 et Bill Clinton 46.

À travers les manifestations qui ont envahi les grandes villes et les aéroports des États-Unis et le drame humain des réfugiés, interdits d'entrée à leur arrivée, après obtention de visa, Donald Trump est devenu le président le plus impopulaire de l'histoire des USA durant ses premiers huit jours, selon un sondage de Gallup. Par contraste, toujours selon Gallup, à Ronald Reagan qui a atteint l'impopularité en 727 jours, George Bush père en 1 336 jours, Bill Clinton en 573 jours, George W. Bush en 1 205 jours et Barack Obama en 936 jours.

La colère, la tension, l'inquiétude régnantes et les spectaculaires photos des manifestations remplissent une grande partie des pages des journaux et alimentent tous les programmes de télévision. Un phénomène si dangereux qui a provoqué la question suivante : pourquoi les médias des pays arabes et des pays islamiques le traitent tout simplement à la manière d'un fait divers ?

 

(Lire aussi : Lutte contre le terrorisme : quatre raisons pour lesquelles le « Muslim Ban » est contre-productif)

 

Steve Bannon, le président de l'ombre
Par contre, les médias américains ne craignent pas de qualifier le président Trump d'un cheval de Troie qui, de surcroît, n'est qu'un coprésident. Le New York Times a publié un éditorial intitulé « Le président Bannon ». Steve Bannon (62 ans), qui a actuellement le titre de stratège en chef du président Trump, a depuis deux jours exigé et obtenu de ce dernier de devenir membre du Conseil de sécurité national. Une nomination prouvant, encore une fois, le dédain du nouveau président pour les bases des institutions de l'État, car le détenteur d'un rôle politique n'a pas le droit d'appartenir au Conseil national de sécurité ni même d'assister à ses réunions. En cédant ainsi aux exigences de M. Bannon, le nouveau locataire de la Maison-Blanche a réduit le rôle du chef d'état-major de l'armée américaine et celui du chef des services de renseignements qui, eux, font partie du Conseil national de sécurité. Et, ce n'est pas tout, le président a demandé à ces deux hauts responsables de ne pas prendre régulièrement part aux réunions, comme prévu, mais d'être uniquement présents lorsque l'agenda comporte un sujet qui requiert leur expertise. Ce qui donne encore plus de poids à M. Bannon, considéré ainsi désormais par certains comme le président de l'ombre.

Bien sûr, cela a créé un tollé au sein du Congrès, républicains et démocrates confondus, et dans la presse. Les plus violentes critiques de cette décision sont venues de deux sénateurs républicains qui ont fortement haussé le ton, John McCain et Lindsey Graham. Mais Donald Trump n'a rien trouvé de mieux que de rétorquer : « McCain et Graham cherchent à débuter une troisième guerre mondiale ! »

M. Bannon avait fréquenté les prestigieuses universités, dont Harvard, avant de devenir successivement officier dans la marine, puis financier à Wall Street et producteur à Hollywood. Des métiers qui lui ont rapporté une fortune estimée à plusieurs millions de dollars. Ce qui a amené Donald Trump à le traiter en égal et non comme l'un de ses employés. On rapporte que le conseil de Bannon à Trump est le suivant : « Faites ce que vous voulez », et il ne lui dit jamais « Ne faites pas ceci ou cela... ». Entre-temps, c'est lui qui mène à présent la guerre contre la presse américaine à laquelle il a dit : « Vous êtes humiliés, vous avez zéro intégrité, zéro intelligence, et l'opposition c'est vous. Donc taisez-vous. Et écoutez un peu. » Aujourd'hui donc, aux États-Unis, on n'est pas du tout loin, fait remarquer un analyste, de ce qu'avait dit Winston Churchill en annonçant la guerre froide, « de Stettin dans la Baltique, à Trieste dans l'Adriatique, un rideau de fer est tombé sur tout le continent ». Ce que confirme la prestigieuse revue The New Yorker, qui qualifie M. Trump de « président dangereusement isolé ». L'on craint que rien ne va le faire reculer. Mais aussi, l'opposition monte : les démocrates boycottent les séances de nomination et l'ancien secrétaire à la Défense, Robert Gates, prévoit que le travail du nouveau secrétaire d'État, Rex Tillerson, va être très difficile.

 

 

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