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"Je ne peux pas retourner aux Etats-Unis, je ne peux pas retourner en Iran. Je suis prise au piège"

Immigration

Titulaire d'une carte verte et persona non grata en Iran, une journaliste iranienne, Denise Hassanzade Ajiri, confie ses inquiétudes à L'Orient-Le Jour.

01/02/2017

La journaliste iranienne Denise Hassanzade Ajiri, née à Téhéran il y a 33 ans et travaillant aux États-Unis depuis 2013, est l'une des nombreuses victimes du décret signé vendredi par le président américain Donald Trump. Ce texte interdit pendant 90 jours au moins l'entrée en territoire américain de ressortissants de sept pays majoritairement musulmans, à savoir : l'Iran, l'Irak, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen. Le décret interdit également l'entrée à tous les réfugiés, quelle que soit leur origine, pendant 120 jours (et de façon indéfinie pour les réfugiés syriens). Titulaire d'une carte verte et persona non grata en Iran, Denise Hassanzade Ajiri confie ses inquiétudes à L'Orient-Le Jour : "Aujourd'hui, je suis bloquée à Prague et je suis inquiète. Je ne peux pas retourner aux États-Unis, je ne peux pas retourner en Iran. Je suis prise au piège", déplore-t-elle.

Le 24 janvier, Denise Hassanzade Ajiri a quitté l'aéroport international de Los Angeles en direction de Prague afin de rejoindre des amis. Après une escale à Istanbul, elle a atterri en République Tchèque le 26 janvier, soit quelques heures avant la signature du décret. Le 9 mars, elle était supposée quitter Prague pour Washington où elle devait rencontrer des collègues le lendemain. Le décret anti-immigration a chamboulé tous ses plans.

"Lorsque j'ai appris la nouvelle, je ne me suis pas plus inquiétée que ça car je suis titulaire d'une carte verte depuis que je travaille aux États-Unis", raconte la journaliste. "Mais lorsque j'ai vu que cette interdiction concernait également les ressortissants titulaires de la carte verte, j'ai véritablement commencé à avoir peur, d'autant que des collègues aux USA me parlaient d'expulsion et d'arrestation dans les aéroports", poursuit-elle.

Des messages apparemment contradictoires ont été envoyés sur la situation des ressortissants de ces pays titulaires d'une carte de résident permanent aux États-Unis et se trouvant actuellement à l'étranger. Samedi, la Maison Blanche avait expliqué qu'ils devraient demander une exemption au cas par cas avant de voyager. Mais le lendemain, l'administration Trump annonçait qu'ils disposaient tous d'une exemption. Le secrétaire à la Sécurité intérieure, John Kelly, a même déclaré que l'admission des détenteurs de cartes vertes sur le territoire était dans l'"intérêt national".

 

(Lire aussi : « Je me sens trahi par les États-Unis »)

 

"Une espionne"
Néanmoins, selon Denise Hassanzade Ajiri, "ces exemptions ne sont pas automatiques". "Des amis aux États-Unis, qui sont en train de m'aider, m'expliquent que je dois quand même présenter un dossier à l'administration, par l'intermédiaire d'un avocat spécialisé dans le droit migratoire", raconte-t-elle. La journaliste se réfère à un guide interactif rédigé par Ajam Media Collective, un site d'informations créé par des Iraniens installés aux États-Unis.

Si Denise Hassanzade Ajiri, titulaire d'une carte verte depuis 2011, devait ne plus pouvoir rentrer aux États-Unis, elle ne pourra pas non plus retourner en Iran. "J'ai quitté l'Iran en 2008 pour étudier en République Tchèque. J'y ai étudié et commencé à travailler pour Radio Free Europe (RFE)", un média financé par le Congrès américain. "Le gouvernement iranien me considère comme une espionne. C'est pour cela que les États-Unis fournissent aux journalistes de RFE une carte verte", poursuit-elle. La journaliste a quitté RFE et la République Tchèque en 2013 pour s'installer en Californie.

Interrogée sur le fait que le président américain considère son décret comme un outil de lutte contre le terrorisme, Mme Ajiri peste. "Ça n'a aucun sens. Ce n'est pas comme cela qu'on lutte contre le terrorisme, ce n'est pas la bonne réponse. Les terroristes, qui seraient ainsi empêchés d'entrer aux États-Unis, frapperont ailleurs", déclare-t-elle.

Face à cette situation inédite, la journaliste se dit "prise au piège". "Je ne peux pas retourner aux États-Unis, je ne peux pas retourner en Iran. Mon visa Schengen expire fin mars. Je peux le prolonger de 90 jours. Mais si d'ici là je ne peux revenir sur le territoire américain, je vais devoir quitter la zone Schengen pendant 90 jours pour pourvoir refaire une demande de visa", raconte-elle.

"Dans le pire des scénarios, je reste 90 jours en Europe, puis je vais dans un pays dans lequel je peux entrer avec mon passeport iranien sans visa, comme la Turquie, l'Azerbaïdjan, l'Arménie ou Cuba et voyagerai entre ces pays", indique-t-elle. Et Denise Hassanzade Ajiri de lâcher : "Ma volonté première, c'est de retourner aux États-Unis, où je vis et travaille. Mais si jamais mon retour s'avérait impossible, je devrai faire avec".

 

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Bery tus

moi ce que je ne comprend pas c'est que les pays qui se sentent offusquer de la decision de Trump sont ceux la meme qui scandaient "el mot la amrica" donc ou est le pb !?!?!

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Mieux vaut rester apatride, äâïynéééh, que Tchadorisée dans votre "pays?" Per(s)cé !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,UN N,EST PAS VOTRE PAYS... MAIS OSEZ-VOUS RETOURNER A L,OBSCURANTISME DU VOTRE ?

Ma Fi Metlo

Voilà ce qu'on vous disait hier.
Les iraniens d'Iran s'en battent les flancs d'avoir un visa pour l'Amérique.

Seuls les sympathisants etc.... Se voient pris au piège d'avoir cru en le Sam.

Et puis il n'y a pas que les iraniens portez votre caméra sur les autres un peu.

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