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Bbeepp ! : la nouvelle app pour développer le covoiturage au Liban

La bonne nouvelle du lundi

Crise des déchets, attentats, coupures d'électricité, malaise social, clivages politiques accrus, tensions communautaires... Face à l'ambiance générale quelque peu délétère, « L'Orient-Le Jour » se lance
un défi : trouver une bonne nouvelle chaque lundi.

08/02/2016

Au Liban, plus de 80 % du trafic sur les routes est généré par des voitures privées, des véhicules n'ayant pour la plupart que le conducteur à bord. Résultat : des embouteillages quotidiens et parfois monstres. Pour y remédier, un seul moyen, réduire le nombre de voitures en circulation. Cela peut passer par le covoiturage. C'est en tout cas l'idée derrière Bbeepp, une nouvelle application permetant de mettre en relation des usagers qui, effectuant le même trajet, peuvent partager leur voiture.

« L'objectif de Bbeepp est de montrer que le covoiturage, c'est "cool", explique à L'Orient-Le Jour Élie Awad, l'ingénieur libanais qui a conçu et développé l'application. Le covoiturage contribue à réduire la pollution liée aux gaz d'échappement, les embouteillages sur les routes, mais aussi à résoudre le problème des places de parking devenues de plus en plus rares. » Pour lui, la solution n'est pas de construire des autoroutes ou des ponts plus larges. « La solution est d'avoir des transports en commun mieux organisés et, en parallèle, un changement de mentalité vis-à-vis de la mobilité pour que la société soit davantage basée sur le partage et la collaboration. Partout au monde, on remarque l'émergence d'une société collaborative, une société qui repose sur des principes d'ouverture, de confiance et de partage des valeurs. Les projets comme Bbeepp introduisent ces principes-là », poursuit l'ingénieur qui a étudié et travaillé plusieurs années aux États-Unis dans le domaine de la technologie mobile, avant de revenir au Liban se consacrer à plusieurs projets à caractère social.

Nouvelles habitudes

Bbeepp est d'ailleurs une initiative de la campagne Lawen ray7in (Où allons-nous ? ) qui, depuis 2013, œuvre à réduire le trafic routier et améliorer les transports en commun au Liban. « Le gouvernement étant constamment en état de paralysie, nous avons lancé ce projet de covoiturage, Bbeepp, pour montrer que chaque citoyen peut, par un changement de ses habitudes, contribuer à améliorer la situation », précise Élie Awad qui affirme faire du covoiturage dès qu'il en a l'occasion. « J'essaie de minimiser le temps passé à conduire. Je préfère être passager, ça réduit le stress ! Par contre, il faut bien savoir gérer son temps. » Le covoiturage permet aussi de créer du lien social en favorisant de nouvelles rencontres et de faire des économies puisque les coûts du transport, de l'essence principalement, sont partagés entre les passagers.
Concrètement, comment marche l'application ? Les utilisateurs se connectent en utilisant leur compte Facebook. Ils parcourent ensuite les photos des gens qui font le même trajet en voiture et choisissent ceux qui les intéressent de façon anonyme. Et comme sur Tinder (une application de réseautage social visant à faire des rencontres), si la personne choisie les apprécie également, l'un et l'autre seront mis en contact et pourront chatter directement via l'application pour organiser leur covoiturage. Et pour réduire tout risque de mauvaise rencontre, l'application met en place des mesures de sécurité. « Bbeepp vérifie que l'utilisateur possède un e-mail associé à une université (.edu). Ensuite, Bbeepp retire la photo de profil de l'utilisateur de son compte Facebook et montre aux autres utilisateurs s'ils ont des amis en commun, » explique Élie Awad.

Le service est pour l'instant limité aux étudiants, « pour établir une base de confiance entre les utilisateurs ». Actuellement, l'application est disponible pour quelques universités du pays (AUB, LAU, NDU, BAU), mais d'autres sont en voie d'être incluses. « Par contre, les étudiants de l'Université libanaise ne peuvent pas utiliser le service car ils n'ont pas d'adresse mail que l'on puisse vérifier, regrette Élie Awad. Mais nous devons trouver le moyen de les inclure. Nous y travaillons. » Le service sera plus tard aussi ouvert aux entreprises et communautés. L'application est disponible pour Androïd et le sera dans quelques semaines sur l'Apple Store. Elle est gratuite et le restera.


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