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En Égypte, un groupe hospitalier dirigé par un Libanais récompensé pour son excellence

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11/01/2016

En novembre dernier, le groupe hospitalier égyptien International Eye Hospital (IEH) se voyait attribuer, par une prestigieuse institution américaine, une accréditation gage de qualité. À la tête du groupe, un Libanais, le Dr Camille Sirgi.

« L'IEH est un groupe de sept hôpitaux, centres et cliniques satellites spécialisés en ophtalmologie, avec de l'oto-rhino-laryngologie et dentisterie comme activités annexes », explique M. Sirgi à L'Orient-Le Jour. En novembre dernier, le groupe s'est vu décerner l'accréditation Golden Standard de la part de la Joint Commission International (JCI), un organisme américain indépendant, à but non lucratif.

Créée en 1994 aux États-Unis, la JCI travaille avec des hôpitaux dans une centaine de pays. Son objectif est d'aider à améliorer la qualité des soins et services aux patients. Citée sur le site de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), une étude sur l'impact économique d'une accréditation JCI dans des hôpitaux en Jordanie en souligne les effets positifs au niveau, notamment, de la réduction des retours en service de soins intensifs dans les 24 heures suivant la sortie du patient de ce service, de la réduction de la rotation du personnel et de l'exhaustivité des dossiers médicaux.

« Cet organisme américain audite et certifie les institutions de santé selon des standards stricts axés sur la santé et la sécurité du patient, des visiteurs et des employés », indique M. Sirgi. Et le médecin de poursuivre : « La JCI est reconnue à l'échelle mondiale comme un symbole d'excellence et l'obtention du Golden Standard reflète l'engagement de l'IEH à répondre à certaines normes et aux exigences grandissantes des patients d'aujourd'hui. »

Après une période de préparation, qui en général dure entre trois et cinq ans, le groupe a été audité et noté sur sa conformité opérationnelle à 589 standards.

130 000 patients

Le Libano-Belge a été approché en juin 2014 par le fonds d'investissements libanais EuroMena qui avait acquis en 2012 la majorité des actions du groupe hospitalier, dont la première branche a été fondée en 1996.
L'établissement est actuellement « le plus grand groupe spécialisé en ophtalmologie ambulatoire en Égypte et dans la région », se félicite le Dr Sirgi, qui est depuis juillet 2014 PDG de l'IEH et membre de son conseil d'administration. « Nous recevons annuellement environ 130 000 patients et effectuons plus de 30 000 chirurgies. »

Alors que « le groupe était géré à la manière d'une entreprise familiale, nous l'avons transformé en une institution administrée selon les principes de la bonne gouvernance tout en gardant l'esprit familial », explique ce dentiste et implantologue converti au management.

« Satisfaction et fierté immenses »
Quel est donc l'impact concret d'une telle distinction ?
« Acquérir le Golden Standard était très important pour l'avenir de notre institution, explique le Dr Sirgi. Nous avons, avec EuroMena, des objectifs bien clairs que nous ne pouvons atteindre sans avoir mis la barre très haut en matière de qualité des soins et des services rendus à nos patients et partenaires. »
En effectuant la transformation du groupe hospitalier à travers l'obtention de la certification, le médecin libanais estime avoir gagné deux ans de travail. Et pour lui, les résultats se font déjà sentir : « Fort résistant au départ à tout changement, le personnel du groupe est fier aujourd'hui des améliorations et de son appartenance à l'établissement. En sus, cette certification va aider notre organisation dans ses efforts en vue de fournir un service centré sur le patient et nous permettra d'améliorer continuellement nos performances. »
« Au plan personnel, cette accréditation a un goût de satisfaction et de fierté immense vu les conditions difficiles dans lesquelles nous avons travaillé, affirme le Dr Sirgi. Il faut savoir qu'en Égypte, il n'y avait que quatre hôpitaux accrédités par la JCI, et nous sommes la première institution de soins ambulatoires à l'acquérir. »

« Un autre challenge, au Liban ou ailleurs »

Camille Sirgi a grandi à Beyrouth et a suivi ses études scolaires chez les frères maristes. Après une adolescence marquée par la guerre qui secoue le pays à partir de 1975, il s'envole pour la Belgique pour suivre des études de chirurgien-dentiste à l'Université libre de Bruxelles. Il en sort diplômé en 1989 avec mention. Il est également titulaire d'un master en relations internationales et négociation de l'Université La Sagesse et Paris XI-Sceaux, ainsi qu'un DU en médiation générale et en milieu hospitalier de l'USJ, où il enseignera plus tard.

Après 22 ans de pratique privée, ce père de deux enfants entame un MBA en management de la santé. Le diplôme USJ-Sorbonne-Paris Dauphine en poche, il est recruté à l'Hôtel-Dieu de France en 2006, et y restera jusqu'en 2011. Entre 2008 et 2014, il dirigera l'hôpital Saint-Charles.

À l'avenir, Le PDG de l'IEH ambitionne de voir son établissement couvrir toute l'Égypte et la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. « Je me tournerai vers un autre challenge, que ça soit au Liban ou ailleurs », affirme le médecin, même s'il reconnaît que sa relation avec son pays natal « a connu des hauts et des bas ».
Camille Sirgi se dit fier que le Liban fasse partie des pays les plus avancés dans le domaine de la médecine. Mais pour lui, « l'ordre des médecins, le syndicat des hôpitaux privés, le ministère de la Santé et toutes les forces vives de ce secteur devraient travailler main dans la main pour réduire le coût de la santé au Liban et mettre davantage l'accent sur l'éthique, la déontologie et le respect du droit du patient ».


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