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À La Une - Conflit

Un mois de frappes russes en Syrie : qu'est-ce qui a changé?

Capture d'écran de la vidéo d'un bombardement russe en Syrie, le 28 octobre 2015. REUTERS/Ministry of Defence of the Russian Federation

La Russie a lancé le 30 septembre une campagne de frappes aériennes pour soutenir l'offensive au sol des forces du régime du président syrien Bachar el-Assad dans différentes provinces. Quel est le bilan un mois plus tard ?

Où la Russie frappe-t-elle ?
La Russie a mené des raids dans 10 des 14 provinces de Syrie, dont celles qui sont des fiefs du groupe jihadiste État islamique (EI) comme Raqqa et Deir Ez-Zor. Mais la majorité des bombardements ont ciblé les provinces de Hama (centre), Idleb (nord-ouest), Alep (nord), Homs (centre) et Lattaquié (ouest) où les forces gouvernementales combattent les rebelles.

Selon un décompte AFP établi à partir des communiqués du ministère russe de la Défense et des déclarations du chef de l'opération militaire en Syrie, le général Andreï Kartapolov, l'armée russe a bombardé 969 cibles "terroristes" lors de 1.008 raids aériens.

Cette semaine, pour la première fois, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les avions russes ont bombardé la province méridionale de Deraa, élargissant leur champ d'action. Les seules provinces épargnées par les raids russes sont Tartous (ouest) et Soueida (sud) tenues par le régime, Hassaké (nord-est) dont le contrôle est partagé entre les forces kurdes et le régime, et Qouneitra, sur le plateau du Golan (sud), à la lisière de la ligne de cessez-le-feu avec Israël.

 

(Lire aussi : L'équilibre des forces est désormais en faveur d'Assad, selon le chef de l'armée US)

 

Quel arsenal ?
La Russie possède depuis 1971 une base navale logistique à Tartous mais elle agit principalement à partir de l'aéroport militaire mis à sa disposition par le régime dans la province de Lattaquié. Ces deux bases sont protégées par des centaines de parachutistes et commandos de marine, qui n'interviennent pas sur le théâtre des opérations.

Les communiqués du ministère de la Défense russe font référence à des raids menés par des avions de combats Su-24, Su-25, Su-30 et Su-34. Le ministère a indiqué que ses hélicoptères sont présents dans le pays mais ils ne sont pas mentionnés dans les raids. Le 7 octobre, le ministère a indiqué que des bâtiments de guerre croisant en mer Caspienne avaient lancé 26 missiles de croisière contre 11 cibles en Syrie.

 

(Lire aussi : Les frappes russes redonnent le moral aux habitants de Damas)

 

Quels sont les groupes visés ?
La Russie affirme que ses opérations visent l'EI et les autres "terroristes" mais les Occidentaux lui reprochent de frapper principalement les rebelles modérés et islamistes plutôt que l'EI. Plusieurs provinces visées comme Hama, Lattaquié et Idleb comptent une présence relativement faible de l'EI.

Les organisations modérées, soutenues par les États-Unis, ont accusé Moscou de les viser directement. Le groupe Souqour al-Jabal a ainsi affirmé début octobre que les avions russes avaient ciblé son dépôt d'armes dans la province d'Alep.

Qu'est-ce qui a changé sur le terrain ?
L'intervention russe a redonné le moral aux forces du régime qui reculaient face aux rebelles. Elles ont lancé leur première offensive terrestre le 7 octobre dans le nord de la province centrale de Hama. Leur but: reprendre le contrôle de l'autoroute internationale reliant Homs à Alep, la capitale économique du pays. Mais les résultats sont mitigés: après avoir repris plusieurs localités aux rebelles, elles n'ont réussi à en conserver que trois.

Dans le Sahl al-Ghab, une plaine située à la jonction des provinces de Lattaquié, Hama et Idleb, le régime s'est emparé de certaines collines mais a échoué à conquérir des positions capables de lui donner un avantage décisif. Dans le sud d'Alep, les forces gouvernementales ont pris le contrôle de six villages et de collines, selon l'OSDH. L'armée dit avoir pris 50 villages et hameaux, soit environ 120 km2.

Dans le même temps, l'EI s'est emparé de larges portions de l'unique route tenue par le gouvernement reliant Homs à Alep. Aujourd'hui, les 500.000 habitants des quartiers d'Alep tenus par le régime syrien sont coupés du monde.

 

(Lire aussi : L’EI progresse dans Safireh, une ville-clé tenue par le régime)

 

Combien de morts ?
Les frappes menées par la Russie ont fait 595 morts dont deux tiers étaient membres de groupes armés et un tiers des civils, selon l'OSDH. Selon un décompte effectué jusqu'à jeudi, 279 rebelles modérés et islamistes alliés au Front al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda, ont été tués ainsi que 131 jihadistes du groupe Etat Islamique (EI). 185 civils dont 46 femmes et 48 enfants ont péri. Moscou dément avoir tué des civils.

En comparaison, les raids menés par la coalition conduite par les États-Unis depuis 13 mois ont fait, selon l'OSDH, 3.649 morts dont 3.276 combattants de l'EI, 147 du Front al-Nosra et d'autres groupes islamistes. 226 civils ont été tués -6% des victimes- dont 65 enfants et 40 femmes.

 

 

 

 

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commentaires (5)

RIEN N'A CHANGE !!!! 600 morts de plus L'EI est toujours actif Sauf que les diplomates bavardent sur l'avenir d'un assassin reconnu par tous les pays du monde y compris Poutine On apprend également que la Russie refuse les réfugiés syriens. Les réfugiés syriens vivent à Moscou entassés à deux ou trois familles dans un petit appartement. Certains n'osent pas sortirent parce qu'ils n'ont pas de papiers d'identités de peur d'être arrêter. Un comble ! Je croyais que Poutine était venu en Syrie pour sauver la Syrie, le petit Hitler et ses administrés !!! Je crois que Poutine a fait un bon coup de publicité sur sa tête !!!

FAKHOURI

14 h 18, le 30 octobre 2015

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Commentaires (5)

  • RIEN N'A CHANGE !!!! 600 morts de plus L'EI est toujours actif Sauf que les diplomates bavardent sur l'avenir d'un assassin reconnu par tous les pays du monde y compris Poutine On apprend également que la Russie refuse les réfugiés syriens. Les réfugiés syriens vivent à Moscou entassés à deux ou trois familles dans un petit appartement. Certains n'osent pas sortirent parce qu'ils n'ont pas de papiers d'identités de peur d'être arrêter. Un comble ! Je croyais que Poutine était venu en Syrie pour sauver la Syrie, le petit Hitler et ses administrés !!! Je crois que Poutine a fait un bon coup de publicité sur sa tête !!!

    FAKHOURI

    14 h 18, le 30 octobre 2015

  • Ils n'ont still Rien compris de ce qu'ils ont reçu sur la gueule en Afghanistan, les caves sibéro-mongoles !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 04, le 30 octobre 2015

  • L'E.I. EST DANS ALEP ET OCCUPE DES KILOMETRES DE LA ROUTE ALEP-HOMS.... ET LES FRAPPES RUSSES ET L'ARMÉE DU RÉGIME SONT TOUJOURS LÀ Où ILS ÉTAIENT... ON PEUT COMPRENDRE L'IMPATIENCE DU RUSSE POUR LA RÉUNION À VIENNE ! IL VEUT RETIRER LE PLUS VITE SES PIEDS DES SABLES MOUVANTS...

    L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION

    13 h 03, le 30 octobre 2015

  • Ce qui a changé ...? Voilà...d'abord sur le plan diplomatique ...l'axe Russie / Iran/ Syrie/ Irak ,s'est renforcé ...Le camp USA / Arabie Saoudite and Co....patine sérieusement ...et Normal 1er a tout juste un strapontin courtois à Vienne....sur le terrain, la reconquête des villages et zone où les djihadistes de tous bords ,exerçaient leurs talents ,se rétrécissent chaque jours ...alors , qu'après 1 ans de frappes US et 6 frappes françaises ...aucun résultat probant...!

    M.V.

    12 h 01, le 30 octobre 2015

  • Le militant et dissident saoud, connu pour ses révélations sur les événements en coulisse de la famille des saoud, a révélé que Washington avait conseillé au prince héritier saoud de sortir décemment de la guerre du Yémen. Selon le site web Al-Ahed, Mudjtahed a révélé que l’extension Qaïda et de Daech au Yémen avait vivement préoccupé les Etats-Unis quant à la poursuite de la guerre au Yémen. Mudjtahed a fait cette révélation juste après les déclarations du ministre saoudo des A.E, faisant part de la fin imminente de l’opération militaire au Yémen. « Qaïda est présent à Aden, à Abyane et à Lahij et le groupe Daech est actif à Taëz et dans d’autres régions du Yémen », a annoncé le dénonciateur saoudien. Et de préciser : « Washington a souligné à Mohammed Ben Salmane, prince héritier , que la poursuite de la guerre au Yémen signifiait une infiltration renforcée Qaïda et de Daech. Il a donc conseillé à Salmane de se retirer de ce bourbier décemment avant qu’il en soit obligé ». « Ansarallah a étendu sa présence sur les frontières et les affrontements se sont intensifiés sur les fronts de Najran, de Zahrane et de Jizan. De nombreux villages frontaliers ont été pris pour cible mais Mohammed Ben Salmane est en train de calculer les dommages qu’ont subis des équipements militaires y compris les chars, les blindés et les artilleries de l’armée saoudo. Il entend signer un nouveau contrat pour acheter des équipements militaires 10 fois plus que les dommages constates .

    FRIK-A-FRAK

    11 h 49, le 30 octobre 2015

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