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France

A Brignoles, la victoire du FN est le succès du "ras-le-bol"

L'extrême droite remporte une élection locale test.

Le candidat FN, Laurent Lopez, a remporté l'élection cantonale de Brignoles au deuxième tour avec 53,9% des voix. Jean-Paul Pelissier/Reuters

Après la victoire du candidat du Front national (FN), Laurent Lopez, à l’élection cantonale partielle de la localité méridionale de Brignoles, en France, les éditorialistes renvoient lundi UMP et PS dos à dos et attribuent le succès du FN au "ras-le-bol" provoqué par les partis de gouvernement.

 

Laurent Lopez a remporté ce scrutin au deuxième tour avec 53,9% des voix, selon les résultats définitifs officiels. Il a devancé son adversaire de la droite UMP, Catherine Delzers (46,1% des voix) alors que le parti socialiste, au pouvoir en France, avait appelé à voter pour le candidat de l'opposition de droite pour bloquer le FN. L'appel n'a pas été suivi d'effet et la participation est restée faible (45,26%). La semaine dernière, le candidat FN arrivait en tête avec 40,4% des suffrages lors du premier tour marquée par un taux d'abstention de près de 67%.
La présidente du FN, Marine Le Pen, a immédiatement salué la "belle victoire" de son candidat à Brignoles qui confirme à ses yeux "la mort du front républicain" qui a échoué à faire barrage au FN.

 

Dans L'Alsace-Le Pays, Raymond Couraud estime que "le sursaut de participation enregistré à Brignoles ne peut dissimuler l'agacement des Français à l'encontre des partis politiques qui étalent ad nauseam leurs divisions, quand ce ne sont pas leurs turpitudes". Regrettant le spectacle "affligeant des primaires tant au PS qu'à l'UMP", l'éditorialiste affirme que "le succès du FN à Brignoles est avant tout celui du ras-le-bol. "

 

Philippe Waucampt du Républicain Lorrain, voit également "un vote de ras-le-bol balayant tous les comportements politiques traditionnels."

 

De son côté, Paul-Henri du Limbert du Figaro pense que "ceux qui n'y vont pas (aux urnes, ndlr) expriment leur lassitude et leur désarroi. À cette aune, on comprend les électeurs de gauche"... Mais aussi ceux de droite : "qu'un candidat FN soit élu au second tour face à un candidat UMP, lequel bénéficiait de l'appel au "front républicain", ne laissera pantois que ceux qui ne mesurent pas assez l'exaspération d'une partie de l'opinion publique".

 

Dans Libération, François Sergent rassure, "certes, Brignoles n'annonce pas un hiver fasciste, et les meilleurs experts électoraux ne pronostiquent pas un raz-de-marée en villes pour le parti de la dynastie Le Pen", mais reconnait que "le poison FN contamine tout un pays et toute sa politique."

 

"Marine Le Pen siphonne dans le réservoir des déçus de la gauche et des écoeurés de la droite. Elle prospère sur le cimetière des promesses non tenues", souligne, pour sa part, Jacques Camus (La Montagne Centre France).

 

 

Apporter de vraies réponses

Dans le Midi Libre, Yann Marec voit lui aussi "droite et gauche au tapis ! Une grande claque pour les bien-pensants de la démocratie qui, à force de se transmettre le pouvoir sans changer le quotidien des gens, ont fini par lasser l'électorat."

"A ceux qui ne croient plus en l'UMP, le PS et d'autres, il faudra apporter de vraies réponses à leurs problèmes avant d'espérer les ramener au bercail", lance, de son côté, Jean-Pierre Tenoux de L'Est Républicain.

 

"La gauche paie son incapacité à remettre rapidement le pays sur les rails. La droite est encore plombée par sa défaite de 2012 et, plus encore, par sa guerre des chefs. Ce n'est pas en s'accusant mutuellement de la montée du mouvement de Marine Le Pen que le PS et l'UMP se referont une santé", analyse également Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne.

 

Après la victoire du FN, Didier Rose (Les Dernières Nouvelles d'Alsace) s'attend "à quantité d'exégèses outrées ou larmoyantes." "Elles ne seront toujours pas les réponses attendues par des électeurs qui se résolvent à confier des mandats électifs à l'extrême droite. Alors même que certaines de ses propositions ne sont pas compatibles avec la Constitution", écrit-il.

 

Depuis une semaine, tous les états-majors politiques s'étaient focalisés sur ce scrutin-test qui en dit long sur l'état d'esprit des Français. La gestion socialo-verte de François Hollande est de plus en plus impopulaire et l'opposition de droite traditionnelle continue, sans projet politique alternatif, de se déchirer avec des querelles de personnes.

 

Le Front national, dont le discours surfe depuis longtemps sur l'insécurité et la crise économique, trouve depuis quelques mois un écho inédit dans son approche, fruit semble-t-il de la stratégie de dédiabolisation et d'implantation locale menée par Marine Le Pen.

Elle revendique désormais crânement pour sa formation le titre de "premier parti de France" même s'il ne dispose que de deux députés à l'Assemblée nationale. A l'appui de son avancée, le FN peut se targuer des intentions de vote pour les élections européennes du printemps 2014. Selon un récent sondage de l'institut Ifop pour l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur, le FN arriverait en tête avec 24%, loin devant le parti socialiste et ses 19%, l'UMP se plaçant en deuxième position (22%).



Défiance infondée

En dépit d'un ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, au discours très ferme voire polémique sur l'immigration, le pouvoir socialiste n'arrive pas à enrayer la montée en puissance de l'extrême droite et faire reculer le sentiment d'une insécurité croissante et d'une France qui s'enfonce dans la crise.

 

"L'économie française va mieux, incontestablement. Tous les indicateurs sont bien orientés" et la défiance "dans laquelle nous vivons n'est pas fondée", a déclaré le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici dans un entretien publié par le Journal du Dimanche. Le chômage qui touche plus de trois millions de personnes continue toutefois de peser lourdement.

 

A Brignoles, le vote Front national est "normal", estimait, dimanche, Marie, la soixantaine, qui souhaite rester anonyme. "Aujourd'hui, dans cette petite ville, vous vous demandez où vous êtes", ajoutait-elle, en allusion à la présence d'une population d'origine maghrébine dans le centre-ville.

 

Dans cette localité, le Front national estime avoir été "le seul à avoir fait vraiment campagne", avec distribution de tracts, rencontres avec les sympathisants et la population. Entre les deux tours, l'UMP, pour rattraper son retard, a multiplié aussi les tracts, les relances par téléphone, les mailings ou les messages sur les réseaux sociaux.

 

Dimanche soir, le premier secrétaire du Parti socialiste Harlem Désir a, lui, déploré la victoire du FN, "qui rappelle à la gauche l'impérieuse nécessité de son rassemblement dans les territoires" où le parti d'extrême droite est fort.

En un an, la gauche a perdu huit élections législatives partielles et trois cantonales. Les élections municipales sont prévues en mars prochain en France et pourraient bien secouer l'échiquier politique.

 

 

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Après la victoire du candidat du Front national (FN), Laurent Lopez, à l’élection cantonale partielle de la localité méridionale de Brignoles, en France, les éditorialistes renvoient lundi UMP et PS dos à dos et attribuent le succès du FN au "ras-le-bol" provoqué par les partis de gouvernement.
 
Laurent Lopez a remporté ce scrutin au deuxième tour avec 53,9% des voix, selon les...

commentaires (3)

Ici aussi il ne sert a rien de diaboliser , de manipuler et de mentir au peuple de France. Marine n'a de lecons a recevoir de personne en matiere de patriotisme , c'est pas a coup de slogans idiots qu'on pourra cacher la foret de l'incompetence successive des gouvernants passes et presents , juste pour servir un lobby etouffant de connivance avec les emirs bedonnants du golfe. On dit betement mais le Front National n'a pas de politique economique etc... , tous ces gouvernants depuis la fin du gaullisme , en ont ils eu ?? ah oui , alors comment expliquer le chomage , la perte de pouvoir d'achat etc.. et surtout l'alignement a une politique etrangere catastrophique , faite de mensonge de diabolisation et de manipulation , tiens ca me rapelle quelque chose , mais chez nous cette fois ci !! Poursuits ton combat Marine et laisse aboyer les chiens .

Jaber Kamel

17 h 46, le 14 octobre 2013

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Commentaires (3)

  • Ici aussi il ne sert a rien de diaboliser , de manipuler et de mentir au peuple de France. Marine n'a de lecons a recevoir de personne en matiere de patriotisme , c'est pas a coup de slogans idiots qu'on pourra cacher la foret de l'incompetence successive des gouvernants passes et presents , juste pour servir un lobby etouffant de connivance avec les emirs bedonnants du golfe. On dit betement mais le Front National n'a pas de politique economique etc... , tous ces gouvernants depuis la fin du gaullisme , en ont ils eu ?? ah oui , alors comment expliquer le chomage , la perte de pouvoir d'achat etc.. et surtout l'alignement a une politique etrangere catastrophique , faite de mensonge de diabolisation et de manipulation , tiens ca me rapelle quelque chose , mais chez nous cette fois ci !! Poursuits ton combat Marine et laisse aboyer les chiens .

    Jaber Kamel

    17 h 46, le 14 octobre 2013

  • Enfin un parti de droite en France ....s'impose nettement face à la coalisions débile gauche /UMP...

    M.V.

    15 h 35, le 14 octobre 2013

  • Les réactions du personnel politique institutionnel français sont simplement atterrantes. Calculs électoralistes et dogmatismes divers et variés les coupent totalement de la réalité du pays...çà en devient inquiétant. Ce personnel politique est entrain de jeter les bases de futurs affrontements civils. Je le dis tranquillement. L'exacerbation des frustrations et des haines, terreau fertile pour le FN, progresse à pas de géant. Le microcosme parisien,Neuilly Auteuil Passy versus Marais Bastille République est en train de conduire un pays qui ne le mérite vraiment pas vers des conflits inutiles. Plus inquiétante encore est la montée de la popularité du FN chez les "jeunes". Ceux qui sont affrontés au chômage, à la déliquescence dogmatique du système d'éducation public,à l'élitisation systématique de la société, où l'éducation des riches(sic!) est de plus en plus différentes de celle des gens modestes.

    GEDEON Christian

    12 h 26, le 14 octobre 2013