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Nasrallah veut continuer ce qu’il a commencé à Qousseir

Liban Le chef du Hezbollah assure que son parti va rester impliqué dans le conflit syrien.
OLJ
15/06/2013

« Le Hezbollah, qui participe aux combats en Syrie auprès du régime du président Bachar el-Assad, va rester impliqué dans le conflit. » Hier, Hassan Nasrallah a été on ne peut plus clair. Nul besoin de se cacher derrière des slogans de distanciation désuets, dans ce qui est le premier discours – après la « victoire » à Qousseir – prononcé à l’occasion de la « journée des blessés de la résistance ».

« Avant Qousseir, c’est comme après Qousseir. Rien n’a changé, a dit le chef du Hezbollah. Le complot n’est-il pas le même ? Les faits ont-ils changé ? Au contraire, dans l’autre camp, il y a une tendance à attiser cette confrontation », a-t-il souligné, dans son discours retransmis sur grand écran. « Là où nous devons être, nous y serons. Là où nous avons commencé à assumer les responsabilités, nous continuerons à assumer ces responsabilités, sans entrer dans les détails. Ces derniers dépendront des nécessités sur le terrain », a-t-il indiqué.

(Lire aussi : Amine Gemayel soulève la question de la véritable allégeance du parti de Dieu)

M. Nasrallah a estimé que la décision de son parti d’intervenir dans les combats en Syrie a été prise en se basant « sur l’impact du projet mis en œuvre dans la région, sur le Liban, la Syrie, la Palestine, les musulmans et les chrétiens ». « Nous défendons le Liban et le peuple libanais, la Syrie et le peuple syrien, a affirmé Nasrallah. La Syrie est divisée. Une grande partie du peuple est avec le régime et une grande partie du peuple ne l’est pas. Nous sommes avec le régime pour défendre la Syrie et nous sommes avec l’autre partie pour les réformes. Mais nous refusons la destruction de la Syrie », a-t-il ajouté, rappelant que des milliers de combattants étrangers se trouvent en Syrie et l’armement des groupes de l’opposition a commencé il y a bien longtemps. « Nous sommes les derniers à être intervenus dans la crise syrienne, a déclaré le chef du Hezbollah. Les autres nous ont devancés, à commencer par le courant du Futur et d’autres partis libanais que je ne vais pas nommer. Si nous étions intervenus en Syrie aux côtés de l’opposition, notre implication aurait été approuvée, bénie et saluée par les pays arabes », a-t-il encore lancé.

(Lire aussi : Nouveau tir de roquettes en provenance de Syrie)

La liberté d’expression
Concernant la chute d’obus sur les régions frontalières libanaises, dont Baalbeck et Hermel, Hassan Nasrallah a appelé les médias à ne pas propager de fausses rumeurs. « Certains prétendent que des roquettes sont tirées depuis Ersal vers les régions chiites, a-t-il souligné. Vous savez tous que Ersal est une localité sunnite. Cela est inacceptable », a-t-il affirmé, assurant que « toutes les roquettes qui sont tombées sur les régions libanaises ont été tirées depuis la Syrie ».

Selon Nasrallah, « les services de renseignements étrangers tentent d’engendrer la dissension entre sunnites et chiites au Liban ». « Un projet énorme est mis en œuvre dans la région, un projet mené par les États-Unis, a-t-il affirmé. Sur le terrain, certains cherchent à terroriser et effrayer les gens. Des ulémas, des journalistes, des familles sunnites sont attaqués pour leur position politique », a indiqué Nasrallah, affirmant que « les gens ont le droit de critiquer et d’avoir leur propre avis politique ».

Ces affirmations viennent donner suite à de violentes critiques formulées par le 14 Mars contre le Hezbollah, après le meurtre du jeune Hachem Salman, responsable estudiantin de l’Option libanaise, devant l’ambassade d’Iran. Le 14 Mars souligne à ce propos que « le Hezbollah ne tolère pas d’opposition au sein de la communauté chiite ». Dans ce cadre, Nasrallah a pris soin hier de condamner l’assassinat du jeune Salman. « Nous refusons cette attaque, un homme que nous valorisons a été tué. Nous avons ouvert une enquête », a-t-il affirmé à cet égard.

(Cartographie : Le Liban rattrapé par la crise syrienne)

Une priorité
Sur un autre plan, M. Nasrallah a salué les familles des martyrs et des blessés tombés « lors des derniers affrontements », indiquant que les membres de son mouvement et sa communauté sont une composante essentielle du peuple libanais. « Nous avons donné des martyrs et des blessés, a-t-il déclaré. La stabilité, la sécurité, la souveraineté et l’indépendance du Liban sont une priorité pour nous. Face aux dangers, certains Libanais abandonnent et quittent le pays et vivent à l’étranger. Mais nous sommes nés ici, nous avons grandi ici, nous allons rester ici, nous allons mourir ici, nul ne pourra nous faire sortir de notre pays. L’une des armées les plus puissantes du monde, l’armée israélienne, n’a pas réussi à nous vaincre », a-t-il lancé, après avoir rappelé les faits d’armes de son parti, soulignant que sans le Hezbollah, « notre terre serait devenue une colonie israélienne ».

(Pour mémoire : Dans le caza de Baalbeck, presque chaque localité a perdu un combattant du Hezbollah à Qousseir)

Par ailleurs, le chef du parti chiite a appelé ses partisans « à faire preuve de retenue ». « La situation sécuritaire dans le pays est très sensible depuis 2005, a-t-il relevé. Nous appelons aujourd’hui à plus de retenue », a-t-il affirmé, estimant que « n’importe quelle petite dispute peut dégénérer ». Sur ce plan, M. Nasrallah a souhaité l’arrêt des tirs en l’air « à chaque occasion ». « À chaque fois que des élèves obtiennent leur diplôme, certains tirent en l’air, lorsqu’un politicien fait un discours, certains tirent en l’air. Je parle aussi de mes propres partisans, a indiqué le chef du Hezbollah. Cela est interdit par la religion, nous avons envoyé des consignes écrites à ce sujet. Nous ne permettons pas les tirs en l’air et les responsables seront sanctionnés », a-t-il poursuivi.

Il a enfin précisé qu’« il n’y a pas de membres du Hezbollah dans les pays du Golfe pour qu’ils soient expulsés, mais nous sommes prêts à assumer les responsabilités de nos décisions ».

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