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Syrie-Révolte

Les Occidentaux durcissent le ton contre le régime Assad

Damas accuse Washington de mentir à propos des armes chimiques ; la Maison-Blanche refuse – temporairement – une zone d’exclusion aérienne en Syrie.

Un membre de l’Armée syrienne libre (ASL) traverse en courant une rue de Deir ez-Zor, par crainte des francs-tireurs... comme l’indique la pancarte. Khalil Ashawi/Reuters

Le régime du président syrien Bachar el-Assad a démenti hier les accusations des États-Unis sur un recours par ses troupes aux armes chimiques. « La Maison-Blanche a fait publier un communiqué truffé de mensonges sur le recours aux armes chimiques en Syrie, en se basant sur des informations fabriquées » pour faire porter la responsabilité au gouvernement, a déclaré un responsable des Affaires étrangères syriennes cité par l’agence officielle SANA, affirmant que les États-Unis « mènent une politique flagrante du “deux poids, deux mesures” dans leur approche du terrorisme ».


Le démenti syrien a suivi de peu la déclaration de Moscou, qui a jugé « pas convaincantes » les accusations américaines et a critiqué la décision américaine d’augmenter son aide aux insurgés. À Londres, le chef de la diplomatie William Hague a dit partager « l’analyse » américaine sur le recours du régime syrien aux armes chimiques et souligné que le sommet du G8 lundi et mardi en Ulster débattrait de « la réponse forte et déterminée » à apporter. En marge de ce sommet, le président américain Barack Obama et son homologue russe Vladimir Poutine ont d’ailleurs prévu un entretien bilatéral sur la situation en Syrie, a annoncé le Kremlin.

(Lire aussi : Le général Idriss, interlocuteur privilégié pour canaliser une future aide militaire ?)


Mission onusienne urgente
Le président Obama « a affirmé que le recours à des armes chimiques changerait son équation, et c’est le cas », a par ailleurs prévenu son conseiller adjoint de Sécurité nationale, Ben Rhodes. « Le président a augmenté l’étendue de l’aide non létale à l’opposition civile et autorisé l’augmentation de notre aide » à la direction des opérations militaires rebelles, a-t-il expliqué. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a pour sa part estimé que l’augmentation des livraisons d’armes en Syrie n’aiderait pas à résoudre la situation. Et, comme l’OTAN et l’Union européenne, M. Ban a insisté sur l’urgence d’envoyer une mission de vérification de l’ONU en Syrie, demandant aux autorités syriennes de laisser l’ONU enquêter sur le terrain sur l’usage d’armes chimiques.


Dans un communiqué, l’opposition syrienne a, elle, salué « l’augmentation de l’aide américaine qui comprend un soutien militaire direct ». Mais le président Assad pourrait recourir plus largement aux armes chimiques si les États-Unis ne tiennent pas rapidement leur promesse d’aide militaire aux insurgés, estiment les opposants syriens. Le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt a quant à lui estimé que la promesse américaine de fournir une aide militaire aux rebelles risquait de provoquer une « course à l’armement » et de saper « les conditions nécessaires à un processus politique ». Le conseiller diplomatique du Kremlin Iouri Ouchakov a aussi estimé que cette aide compliquerait les efforts de paix, alors que Washington et Moscou tentent avec grande peine de réunir une conférence internationale.

 

 

(Eclairage : Que change la levée par l'UE de l'embargo sur les armes destinées aux rebelles syriens ?)



Zone d’exclusion aérienne « improbable »
Selon le Wall Street Journal, les responsables militaires américains ont proposé une zone d’exclusion aérienne qui couvrirait les camps d’entraînement des rebelles, s’avancerait d’environ 40 km à l’intérieur de la Syrie et serait surveillée par des avions volant en Jordanie voisine et armés de missiles air-air. La Maison-Blanche a néanmoins rejeté hier dans l’immédiat l’idée d’imposer une telle zone. Cette mesure avait été l’une de celles décidées lors de l’engagement des États-Unis et de leurs alliés dans les opérations militaires contre le régime de Mouammar Kadhafi en Libye en 2011, mais Ben Rhodes a assuré que reproduire ce schéma en Syrie serait bien plus ardu, en soulignant que la Libye ne possédait « pas les mêmes systèmes de défense aérienne que ceux qui existent en Syrie ».

 

En outre, « les forces du régime et celles de l’opposition sont imbriquées, et dans certains cas elles se battent par pâtés de maison dans les villes, ce n’est pas un problème que l’on peut résoudre depuis les airs », a-t-il noté. Une telle zone présenterait des « inconvénients et des limites », avait souligné un peu plus tôt l’ambassadrice américaine à l’ONU Susan Rice, qui doit quitter dans les prochains jours son poste d’ambassadrice pour devenir la conseillère de Sécurité nationale du président Barack Obama. Un peu plus tôt, la France avait estimé « peu probable » que le Conseil de sécurité de l’ONU donne son aval à une telle zone, en raison du soutien de la Russie et de la Chine à M. Assad. Le président français François Hollande a également affirmé que la position américaine confirmait la nécessité d’« exercer une pression, y compris sur le plan militaire » sur la Syrie.

 

(Lire aussi : L’Italie tend la main aux enfants des camps de réfugiés syriens)

 

Les options militaires restent cependant limitées pour des capitales occidentales, qui ne veulent surtout pas être happées par le conflit syrien. Et si, pour la première fois, la Maison-Blanche a durci le ton cette semaine, à la satisfaction de ses alliés français et britannique, l’administration américaine reste « très réticente à s’engager » dans le conflit, selon des diplomates français. Selon le New York Times pourtant, les Américains prévoient la livraison d’armes légères et de munitions, mais pas d’armes antiaériennes, une des principales demandes des rebelles matraqués par l’aviation syrienne. Le Wall Street Journal a quant à lui affirmé que le président Obama avait ordonné secrètement à la CIA de se coordonner avec les alliés des États-Unis qui fournissent des armes aux rebelles. Une réunion « technique » réunissant des responsables américain, français, britannique et saoudien et le chef d’état-major de l’Armée syrienne libre (ASL) Sélim Idriss se déroulait justement hier en Turquie pour examiner les modalités d’une « aide concrète ».
En attendant, sur le terrain, l’armée tentait de prendre les quartiers rebelles du vieux Homs, assiégés depuis un an et à la périphérie desquels de violents combats ont éclaté, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

 


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