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L’éclairage

Violations syriennes : la fermeté de Sleiman et de l’armée se révèle payante

Les positions fermes adoptées par le président de la République, Michel Sleiman, et par le commandement de l’armée à la suite de la violation de la souveraineté libanaise par un hélicoptère militaire syrien ayant pilonné le centre de la ville de Ersal semblent avoir contribué à réduire la tension entre les deux pays.

Le commandement de la troupe avait clairement prévenu qu’il a donné des instructions de riposter à tout nouveau pilonnage de Ersal par l’armée syrienne. Quant au chef de l’État, il a aussitôt envisagé le dépôt d’une plainte contre la Syrie au Conseil de sécurité des Nations unies et à la Ligue arabe pour violation de la souveraineté libanaise et s’en est concerté avec le Premier ministre sortant, Nagib Mikati.

Le président a d’ailleurs demandé au ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour, de mettre au point le texte de la plainte. L’armée avait de son côté transmis aux autorités concernées une liste répertoriant les violations syriennes, commises aussi bien par les forces régulières que par l’opposition.

Le Liban ne pouvait, en effet, rester les bras croisés face à la multiplication des violations de sa souveraineté et se devait donc d’en informer la communauté internationale, d’autant que sa politique officielle est la « distanciation » à l’égard de ce qui se passe en Syrie.

(Lire aussi : Nouveau tir de roquettes en provenance de Syrie)

Placé devant ses responsabilités après ces prises de position libanaises, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, a alors adressé un mémorandum à son homologue libanais, dans lequel il précise que le tir de roquettes sur la place de Ersal n’était pas délibéré, affirmant que la Syrie respecte la souveraineté libanaise, mais qu’elle demande en même temps à l’armée libanaise de contrôler la frontière entre les deux pays pour empêcher l’entrée d’opposants armés sur le territoire syrien.

Entre-temps, la position du chef de l’État a déclenché contre lui, comme il fallait s’y attendre, les foudres des alliés du régime syrien à l’intérieur. Ils ont notamment estimé que les rapports entre les deux pays étaient régis par les accords de coopération signés en 1991, à l’apogée de la tutelle syrienne, et que les problèmes qui surgissent devraient être réglés par la voie des commissions conjointes. Ils ont par ailleurs reproché à l’État, et en particulier au président de la République, ce qu’ils ont considéré être leur inaction lorsque des localités chiites de la Békaa Nord ont été bombardées par les rebelles syriens.

Quant au ministère des Affaires étrangères, dont on connaît les orientations du titulaire sortant, il a laissé filtrer des informations selon lesquelles le dépôt d’une plainte libanaise contre la Syrie auprès du Conseil de sécurité était hors de question, parce que cela constituerait un précédent entre États arabes, affirme-t-on. En revanche, ajoute-t-on au palais Bustros, le Liban pourrait avoir recours à la Ligue arabe.

Du côté du 14 Mars, on ne cache nullement l’absence de confiance dans la personne du ministre Mansour, dont on observe qu’il est bien davantage au service d’un agenda étranger et sectaire que d’un ordre du jour libanais officiel. En outre, on se demande pourquoi la Syrie ne proteste-t-elle pas contre la participation de combattants du Hezbollah dans la guerre sur son territoire.

Pour la énième fois, une source ministérielle met le doigt sur la plaie en notant que ce n’est que depuis peu de temps que la Syrie et ses alliés au Liban élèvent la voix pour réclamer que l’armée libanaise contrôle la frontière libano-syrienne, alors qu’il y avait auparavant un refus à ce propos.

À ce sujet, un membre de la délégation libanaise au sommet libano-syrien tenu en août 2008, quelque temps après l’élection de M. Sleiman à la présidence de la République, raconte comment le président syrien Bachar el-Assad avait mal accueilli la demande de son homologue libanais d’œuvrer en vue de clore le dossier de la frontière dans l’intérêt des deux pays. On sait que M. Assad avait prétexté de l’occupation israélienne des fermes de Chebaa pour rejeter la demande de Beyrouth de procéder à un tracé de la frontière dans ce secteur, considéré jusqu’à preuve du contraire par la communauté internationale comme étant un territoire syrien.

Il est vrai qu’à la suite de ce sommet, une commission sécuritaire conjointe a été formée, présidée du côté libanais par le ministre Jean Oghassabian, puis par le ministre Marwan Charbel, mais elle n’a pu prendre aucune mesure sur le terrain pour ce qui a trait au tracé ou à la délimitation de la frontière.

Un ancien ministre relève pour sa part qu’une commission conjointe pour le tracé de la frontière existe depuis 1952 et qu’elle n’a absolument rien fait du fait du refus de la partie syrienne de clore le dossier.
Et un responsable du 14 Mars de rappeler la virulence avec laquelle les alliés de la Syrie, et en particulier le Hezbollah, s’étaient opposés à toute mesure d’application sur le terrain des dispositions de la résolution 1701 en ce qui concerne la frontière libano-syrienne, sous prétexte que cela reviendrait à traiter la Syrie, un pays « ami », comme Israël.

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LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EST LE SEUL VRAI LIBANAIS ET DE BONNE FOI !

SAKR LOUBNAN

11 h 05, le 16 juin 2013

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Commentaires (4)

  • LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EST LE SEUL VRAI LIBANAIS ET DE BONNE FOI !

    SAKR LOUBNAN

    11 h 05, le 16 juin 2013

  • "Payante", payante ! Reste à voir....

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    09 h 56, le 15 juin 2013

  • ONLY IN LEBANON. Le Liban est le seul pays non seulement du monde mais de l'histoire à avoir un ministre des Affaires étrangères traître de son pays !!

    Halim Abou Chacra

    03 h 35, le 15 juin 2013

  • S'il faut applaudir le tandem Sleïman-Kahwaji, alors applaudissez d'une main seulement . De l'autre main, posez vous la question : pendant deux ans, n'ai-je pas entendu le même refrain ? Nous allons envoyer l'armée, nous allons nous défendre, nous allons sévir, nous allons ....nous taire et remettre à la prochaine fois....

    Saleh Issal

    01 h 10, le 15 juin 2013