Illustration L'Orient-Le Jour.

Le Liban est le pays du partage. Du taaé ‘sharé (viens veiller), de la porte ouverte sur le palier, des cafés arabes à boire aussi bien en sobhiyé, le matin, qu’en aasraniyé quelque part dans l’après-midi, avec quiconque aura bien voulu toquer. Si habitués à cette façon de vivre, les Libanais ont fini par le devenir eux-mêmes, partagés.
Mi-figue mi-raisin, à la fois honteusement déçus par leur pays - cet éternel enfant qu’ils n’ont pas su élever et qui se donne en public aux yeux de tous - et tout aussi secrètement attendris par ses petits pas, certes légèrement gauches mais porteurs d’espoir. « Au Liban, on dirait que vous êtes tous atteints du syndrome de Stockholm » m’avait un jour soufflé un ami à Paris. « Plutôt de celui de l'infirmière, non ? », avait renchérit sa compagne. J’avais réprimé un rire : le patriotisme libanais faisait donc l’objet d’un diagnostic médical international.
À défaut de trouver l’étrange maladie qui nous touche, nous vous parlons, ce week-end, de désillusion, d’exil et de souvenirs ; des choses qui nous font partir ou de celles qui nous donnent envie de revenir.
Bonne lecture !


Karen Wazen, influenceuse et femme d’affaires : le Liban me donne des moments inoubliables

D’enfant timide et retranchée dans son coin à influenceuse aux 15 millions d’abonnés, Karen Wazen a enchaîné des succès auxquels elle ne s’attendait pas toujours, toujours « au bon moment ». Mais loin des artifices, posée malgré son impact dans la région, la férue de mode a gardé les pieds sur terre. Carla Henoud l’a rencontrée.

Incarner l’antisionisme à l’écran : Diane Keaton et ce film qui a gêné Hollywood

Icône du cinéma américain, l’actrice disparue ce 11 octobre à 79 ans laisse derrière elle une filmographie baroque et engagée, comprenant un long-métrage oublié, témoin des cendres du Moyen-Orient des années 1980. Karl Richa vous en parle.

Amale, histoire d'une désillusion

Après avoir son mari Hussein en 1978 en « cadeau à la résistance », puis son fils aîné « fida el-Sayyed », Amale l'a décidé : pour plus rien au monde, ni la résistance, ni le Sayyed, ni même Dieu, elle n'offrira la vie de ceux qui lui restent. L'histoire d'Amale, c'est l’histoire d’une partisane du Hezbollah qui, soudain, et sans comprendre pourquoi, rejette et maudit une allégeance qu’elle pensait éternelle. Gilles Khoury vous la raconte.

Un havre de paix en plein Beyrouth : le jardin de Sioufi a rouvert ses portes

Fermé en mai 2019 pour une durée initiale de 18 mois pour son réaménagement, le jardin de Sioufi a finalement rouvert ses portes en septembre dernier, après de nombreux reports en raison de la crise économique. Suzanne Baaklini s'y est rendue pour interroger les premiers arrivants, heureux de venir s'y ressourcer.

Du plus généreux au plus traditionnel, le « lahm bi aajin » à Paris en cinq adresses gourmandes

« Lahm bi aajin », « pizza du Levant »...Peu importe comment on la nomme, cette galette garnie de viande hachée séduit tous ceux qui y goûtent. Popularisé par les quelques fours libanais et turcs installés à Paris, elle trouve aujourd’hui une place de choix à la table des restaurants. Voici cinq adresses parisiennes où savourer ce mets emblématique.

L’or franchit les 4 000 dollars l'once et alimente la fièvre au Liban

Le 8 octobre, l'or a dépassé pour la première fois les 4 000 dollars l’once sur les échanges asiatiques, alors que les investisseurs se sont rués sur ce rallye historique du métal refuge pour se protéger contre les incertitudes économiques et géopolitiques mondiales. Cette fièvre mondiale alimente aussi la fièvre au Liban, où la demande est en hausse constante depuis plusieurs années. Philippe Hage Boutros était à Bourj Hammoud, où les queues s'allongeaient devant les commerces peu après l'annonce.

Shaden Fakih : Venez discuter de mes idées, pas de mes gros mots !

Allô, chérie ? Cette semaine, c'est l'humoriste Shaden Fakih qui décroche notre appel, pour une interview aussi légère que décalée. Censure, auto-censure, critiques, vie en France... Celle qu'on a souvent cantonné à un rôle de « fille vulgaire » se livre sans filtre, à Raphaël Abdelnour.

Maylis de Kerangal : l’écriture au rythme des marées

En fouillant dans sa mémoire pour tenter de se rappeler l’identité d’un homme dont on lui a demandé de reconnaître le corps, l’héroïne retrouve les échos sensoriels de sa jeunesse, la sédimentation historique de sa ville natale et le souffle de la mer. Voilà, en somme, le cœur de Jour de ressac, de Maylis de Kerangal. Rencontre avec l'écrivaine qui sera, la semaine prochaine, au rendez-vous de Beyrouth Livres, une ville qui lui est familière. À retrouver dans L’Orient Littéraire.

