Thierry Mugler au milieu des mannequins qui ont fait sa légende. Photo d'archives AFP

Tout commence avec une simple date. Une soirée d’été dans un salon discret, une nuit d’hiver à l’abri du froid parisien, une invitation attendue à l’Olympia de Londres. Soudain, les lumières se braquent sur le podium. Dans quelques minutes, on ne le sait pas encore, une bombe va être lancée dans l’univers plus ou moins policé de la mode.
De Azzedine Alaïa à Vivienne Westwood en passant par Thierry Mugler, ils sont nombreux à avoir révolutionné les codes de la fashion sphère contemporaine, avec des concepts souvent audacieux et décalés. En cette fin d’été, L’Orient-Le Jour vous propose un voyage dans le temps, en six étapes, pour vous faire revivre ces soirées où des collections mythiques se sont révélées.



Azzedine Alaïa : la férocité féminine et ses « Panthères » indomptées
17 juillet 1991. Fidèle à sa réputation d’antisocial, Azzedine Alaïa invite une poignée de privilégiés à assister à un défilé dans le calme d’un salon discret sur les hauteurs de la capitale française. Le tout sans grand engouement, ni mise en scène superflue. Juste du silence, de l’attente, et soudain… des panthères. Le message est clair : la femme Alaïa ne se dissimule pas, elle règne.


Seins percés et corps sculptés : la nudité revue par Thierry Mugler
Paris, janvier 1998. Dans un salon intimiste de la capitale française, une silhouette mystique apparaît soudain. Habillée d’une robe translucide qu’elle arbore comme une seconde peau scintillante, la mannequin défie ici les regards, les esprits, mais surtout le monde conservateur de la mode, que la maison Mugler quitte pour entrer dans l'Histoire.


Neuf jours avant son assassinat, les sages adieux de Gianni Versace
6 juillet 1997. L’atmosphère est feutrée, l’assistance triée sur le volet et les coulisses en ébullition. En ce soir caniculaire parisien, Gianni Versace fait, sans le savoir, sa révérence au monde avant d’être assassiné. Retour sur une dernière collection scintillante, présentée dans un décor étonnamment intimiste et dramatique.


Vivienne Westwood : émancipation, sexe et pouvoir dans le Swinging London
17 mars 1981. À l’Olympia Exhibition Centre, le Tout-Londres retient son souffle. Finis les clous et les crêtes de punk, ce soir-là Westwood et Malcolm McLaren s'apprêtent à hisses les voiles vers un empire où les corsaires croisent les dandys du XVIIIe siècle et les bandits de grand style. Chemises bouffantes, vestes brodées, pantalons oversize et tricorne vissé sur la tête... La mode a enfin changé de capitaine.


Avant la descente aux enfers et les propos antisémites, la démesure Galliano made in Dior
Paris, janvier 1998. Dans les salons ouatés de l’Opéra Garnier, le silence s’impose. Sous une lumière blanche, une silhouette féminine se dessine et fend le catwalk avec lenteur, comme un mirage. Ce soir-là, Dior ouvre un portail vers une époque engloutie. Et en dessine une nouvelle : Alors que les années 90 prônent le minimalisme, Galliano célèbre l’excès, la mise en scène, la démesure – redonnant à la haute couture son pouvoir d’envoûtement.


Les dessous de la relation Madonna/Gaultier ou comment un soutien-gorge a percé tous les codes
Paris, octobre 1984. Sous la coupole du Cirque d’Hiver, les conversations bruissent. Pour la première fois, un certain Jean-Paul Gaultier, encore inconnu du grand public, y expose son cone-bra, pièce sculpturale et provocante, qui va sceller sa réputation... et réunir son destin avec celui de la Madone de la pop.

