Rechercher
Rechercher

Société - cessez le feu au liban 2026

À Beyrouth, le transfert des déplacés ordonné par le gouvernement suscite un début de controverse

Les autorités affirment vouloir réorganiser une situation devenue « anarchique ».

À Beyrouth, le transfert des déplacés ordonné par le gouvernement suscite un début de controverse

Une mère déplacée et ses enfants, sous une tente sur le front de mer de Beyrouth, le 2 avril 2026 en pleine guerre avec Israël. Photo d'archives Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

C’est une décision qui a provoqué de vifs remous politiques et sociaux. Mardi, le gouvernement de Nawaf Salam a ordonné à des centaines de déplacés installés dans des tentes sur le front de mer de Beyrouth, dans la foulée de la guerre entre Israël et le Hezbollah, d’évacuer le site qui appartiendrait à une partie privée. Si les autorités affirment vouloir les transférer vers un terrain proche qui relève de la municipalité, leur décision semble également motivée par des considérations sécuritaires.

Une source gouvernementale a affirmé à L'Orient-Le Jour que les tentes installées dans ce secteur occupaient progressivement plus d'espace, provoquant « une gêne ». Plusieurs déplacés avaient de plus commencé dernièrement à construire des installations à l’aide de béton et de bois, faisant craindre une implantation durable. « C’est vrai qu’il y a la guerre, mais ce n’est pas un lieu destiné à devenir un refuge durable », affirme cette source, qui insiste sur le fait que la situation « se dégradait » sur place. Selon elle, une hausse de la criminalité a également été constatée dans le secteur, qui accueille environ 800 déplacés sur un terrain d’environ 600 m² qui appartiendrait à Solidere (Société libanaise pour le développement et la reconstruction de Beyrouth). Contactée, la société n'était pas joignable dans l'immédiat.

En coordination avec les ministères de l’Intérieur, des Affaires sociales et la municipalité de Beyrouth, le Premier ministre a donc pris la décision de retirer les tentes et de transférer les déplacés vers un terrain appartenant à la municipalité de Beyrouth, où de nouvelles tentes, plus grandes, seront installées. Des forces de sécurité et des agents municipaux se déploieront aussi sur le site afin se surveiller la situation, ajoute la source précitée.

« Prolifération anarchique des tentes » à Beyrouth

Contacté, un porte-parole du ministère de l’Intérieur confirme que ce développement intervient suite à « la prolifération anarchique des tentes dans la zone et l’utilisation de certaines structures en bois pour les installer ». C’est ainsi que le mohafez (gouverneur) de Beyrouth, Marwan Abboud, a été chargé de trouver une « solution temporaire ». Mardi, la police municipale a donc procédé au retrait des tentes, en attendant d’assurer le transfert des déplacés vers des centres d’hébergement plus appropriés, dont la Cité sportive Camille Chamoun, où les services sanitaires sont accessibles. Une option à laquelle les déplacés semblent toutefois être réticents. « Nous avons peur de ne pas être accueillis là-bas ou qu’il n’y ait plus de place si on décide de revenir. On sait que les Israéliens ne vont pas frapper ici », affirme Hussein, déplacé de Tyr avec ses trois enfants et sa femme.

Les migrants syriens sont d’autant plus inquiétés par cette décision qui exclut leur relocalisation sur le terrain de la municipalité de Beyrouth. Selon la source gouvernementale interrogée, le nouveau site sera réservé aux déplacés libanais déjà présents sur le front de mer de Beyrouth. Les Syriens, eux, ont été appelés à rejoindre le centre d’hébergement établi dans la Cité sportive ou à coordonner avec la Sûreté générale s’ils souhaitent retourner en Syrie. « Ils ont refusé qu’on reste parce que nous sommes syriens. Pour eux, la priorité, ce sont les Libanais », déplore Mohammad, déplacé de la banlieue sud de Beyrouth, dont l’appartement a été détruit durant la guerre. « La Syrie n’est pas une option pour nous, nous n’avons plus de maison là-bas non plus », ajoute-t-il.

La décision du gouvernement a par ailleurs été pointée par le courant du Futur, qui a affiché son « rejet catégorique de toute transformation de n’importe quelle zone de Beyrouth en un nouveau fait accompli imposé à ses habitants », et qui leur fait payer « le prix de l’anarchie et de la confusion dans la gestion de ce dossier ».

C’est une décision qui a provoqué de vifs remous politiques et sociaux. Mardi, le gouvernement de Nawaf Salam a ordonné à des centaines de déplacés installés dans des tentes sur le front de mer de Beyrouth, dans la foulée de la guerre entre Israël et le Hezbollah, d’évacuer le site qui appartiendrait à une partie privée. Si les autorités affirment vouloir les transférer vers un terrain proche qui relève de la municipalité, leur décision semble également motivée par des considérations sécuritaires. Une source gouvernementale a affirmé à L'Orient-Le Jour que les tentes installées dans ce secteur occupaient progressivement plus d'espace, provoquant « une gêne ». Plusieurs déplacés avaient de plus commencé dernièrement à construire des installations à l’aide de béton et de bois, faisant...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut