Depuis qu’il est rentré à Ramallah après avoir clôturé sa dernière escapade libanaise, Mahmoud Abbas se sent comme requinqué d’avoir pu rejouer un rôle dans l’histoire embrumée de la Palestine. L’homme venait d’effectuer un copier-coller de sa visite il y a sept ou huit ans auprès de l’autre Aoun, premier du nom, au cours de laquelle il avait déjà sorti son canular du désarmement des camps palestiniens, du monopole de l’État libanais sur la quincaillerie à culasse dans ces favelas de non-droit, et tout le tintouin.
Cette réinsertion politique inespérée lui a ainsi permis de jouer les utilités, malgré les 90 balais figurant au bas de son extrait de naissance. D’ailleurs, depuis le temps qu’il n’a plus connu le verdict des urnes, ce président antédiluvien trouve de moins en moins de monde pour écouter ses bobards. Sauf les Libanais qui pensent encore avec effroi au complot de l’implantation, alors que le greffon, lui, a bel et bien pris.
Plus d’un demi-siècle que des Palestiniens sont incrustés chez les Koullouna, à tailler des croupières dans leur tissu social, à mijoter des alliances et des dissidences, à héberger des barbus infréquentables, à faire des cartons dans les barrages de l’armée, à se flinguer entre eux quand ils s’ennuient… Un demi-siècle de paysage bucolique en keffieh ! Si ça, ce n’est pas une implantation, c’est en tout cas une greffe durable…
Et ce ne sont pas les accords d’Abraham, un futur deal du siècle ou du millénaire, qui les caseront définitivement dans nos murs. Mais plutôt cette bordée de promesses niaiseuses d’un retour illusoire que nous leur servons depuis 1948.
Celui qui est connu sous le sobriquet d’Abou Mazen était en fait parmi les premiers d’une nichée d’« Abou » ayant exercé leur talent auprès de Yasser Arafat, primus inter pares des « Abou » palestiniens, avant qu’une flopée d’autres « Abou » n’entrent en dissidence et ne se mettent à champignonner un peu partout au Moyen-Orient. Ce qui confirme le très peu connu théorème d’Abraham (encore lui !) : sur deux Palestiniens, il y en a toujours un qui est le dissident de l’autre.
Encore que face aux islamistes, tant à Gaza qu’à Beyrouth, ce chef-d’œuvre en péril n’a pas montré qu’il avait grand-chose dans le caleçon. Normal : tout est dans la tête, disent ses ministres, dont certains sont bien en dessous du niveau de la mer.
Ah ! le bon souvenir des jours heureux où, de Amman à Beyrouth, les agités du keffieh fabriquaient des ruines en série, envoyant au casse-pipe plus de Palestiniens, de Jordaniens et de Libanais qu’ils n’ont dézingué d’Israéliens.
Aujourd’hui, Mahmoud Abbas plane au-dessus de ces contingences et contemple l’œuvre charcutière de Bibi le Nataniais à Gaza. Gaza où la vie reste moins chère que partout ailleurs ! Il semble même qu’elle ne vaille strictement rien !
gabynasr@lorientlejour.com



Liban-Sud : six secouristes tués près de Tyr dans des raids israéliens
IL N,Y A QU,UNE VRAIE *LIBRE-EXPRESSION* ET ON L,ETOUFFE. MERCI LA HONTEUSE MODERATION (?)
10 h 30, le 30 mai 2025