Rechercher
Rechercher

Remboursez !


Des centaines de millions de citoyens à travers le monde, spectateurs du feuilleton « Ôte-toi de là que je mette mon missile », sont furibards. Pensez ! Le programme annonçait dans le désordre : une castagne éclair contre l’Iran et ses mollahs en tongs et chemise de nuit, l’annulation de leur république porte-clés de proxies, l’élimination par firman trumpiste du Corps des gardiens hirsutes, la dissolution du Parlement et de son président Tête-à-baffe, avec enfin comme pompon une moumoute jaune flottant au vent d’un détroit d’Ormuz rebaptisé.

Cela fait des mois que les metteurs en scène américains multiplient les effets spéciaux au Moyen-Orient en promettant de réduire l’Iran en tas de pierres, et les pierres en flocons de poussière. Et puis zut ! À chaque fois qu’une petite distraction nous est miroitée, il faut que le Trumpinator rabat-joie s’en vienne nous la siphonner, au prétexte que la bananeraie régionale ne peut survivre sans marchandage diplomatique. Il n’a pas encore compris, le cuistre, que la répression et les massacres, entrecoupés de bouffées d’espoir imbécile sur fond de crime et de frime, constituent le sel de cette Perse improbable.

Entre-temps, le milliardaire républicain enchaîne les parties de golf pendant que son armada fait des ronds dans l’eau du Golfe. Le moral de ses troupes inutilement mobilisées est dans les chaussettes et, sauf imprévisible rebondissement, il ne semble pas près d’accrocher le prestigieux trophée iranien à son tableau de chasse.

Une bonne portion de l’armée américaine est ainsi condamnée à tourner un minable navet : plus de 50 000 hommes, tous bâtiments confondus, sont là à glander au milieu de leur quincaillerie, pendant que leur chef constitutionnel modifie sa stratégie à chaque nouveau brushing ou extension capillaire. Depuis qu’il s’est inventé une trêve avec les excités de la gâchette à Téhéran, il soubresaute sur son réseau social en alternant promesses de négociation et menaces de raclée au gré de ses opérations boursières, pendant que des meutes de journalistes halètent et s’ébrouent près de ses pompes tout en buvant sa logorrhée à grandes lampées.

À chacune de leurs éditions, les médias reprennent le verbiage par un bout : un coup c’est la ritournelle de la pénurie de munitions, un coup c’est le porte-avions USS Gerald Ford aux chiottes bouchées mais qu’on continue quand même de suivre à l’odeur, un autre c’est « la victoire totale, la guerre est finie, les boys rentrent à la maison ». À chaque fois que ça coince sur les plateaux télé, on ergote un dernier coup, et on recommence. La persévérance est la noblesse de l’obstination. Et c’est tant mieux : plus les pronostics sont ratés, plus il y a des chances qu’un jour ils tombent juste…

Alors qu’on pensait généralement que le sous-développement politique était l’apanage des pays tapioca du Moyen-Orient, voilà que les États-Unis, phare de la démocratie et des libertés, sont rattrapés à leur tour par la « bananisation » accélérée de leurs institutions. Mais chut ! Donald Trump, parti se ressourcer en Chine, ne le sait pas encore…

gabynasr@lorientlejour.com

Des centaines de millions de citoyens à travers le monde, spectateurs du feuilleton « Ôte-toi de là que je mette mon missile », sont furibards. Pensez ! Le programme annonçait dans le désordre : une castagne éclair contre l’Iran et ses mollahs en tongs et chemise de nuit, l’annulation de leur république porte-clés de proxies, l’élimination par firman trumpiste du Corps des gardiens hirsutes, la dissolution du Parlement et de son président Tête-à-baffe, avec enfin comme pompon une moumoute jaune flottant au vent d’un détroit d’Ormuz rebaptisé.Cela fait des mois que les metteurs en scène américains multiplient les effets spéciaux au Moyen-Orient en promettant de réduire l’Iran en tas de pierres, et les pierres en flocons de poussière. Et puis zut ! À chaque fois qu’une petite distraction...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut