Rechercher
Rechercher

Pause sur image

Plus de trois quarts de siècle de confrontations avec

l’Hébraïe voisine ont fini par développer dans la tête des dirigeants libanais un désordre mental quasi incurable. Ainsi en est-il du Trimardeur à la tête des mille et une barbes rasées, du Tenancier boudeur du Parlement, du Derviche tourneur de Moukhtara, en plus de quelques orphelins de l’ex-paradis baassiste de la nurserie Assad. Figés en mode « pause sur image » depuis 1948, ils en sont encore à considérer que tout ce qui touche de près ou de loin aux Shlomos est honteux, dégradant, impie, relève de la trahison… et tout le tintouin.

Ce sont probablement les derniers spécimens d’une espèce rare et protégée, qui en ces temps de disette n’ont plus que la cause palestinienne, et pour certains la babouche iranienne, pour en faire commerce et se goinfrer tout en promettant aux bonnes poires l’effondrement imminent d’Israël.

Mais la compta est cruelle : l’Égypte, la Jordanie et le Maroc sont déjà en paix avec les Hébreux, et les Syriens papotent avec eux à l’occasion. Sans oublier les Émirats arabes unis et d’autres confettis du Golfe et d’Afrique… Diable ! À ce train, il n’y aura bientôt plus personne pour jeter les juifs à la mer.

Pour les refusards en tout cas, le cinéma doit continuer à suivre son cours : tout d’abord, bien séparer les tables dans toute négociation. Une démarche qui selon eux coule de source, puisque qu’avec les Israéliens, les Libanais pratiquaient déjà la distanciation sociale et les gestes barrières bien avant le Covid-19 et l’hantavirus.

Suit alors une liste de péchés aussi longue qu’un inventaire de produits stupéfiants cultivés dans la Békaa : interdit d’apostropher les Hébreux qui doivent certainement se moucher dans les doigts ; interdit de sniffer le même oxygène qu’eux et imposer le masque sanitaire pour tous ; interdit de prononcer le mot « Israël », après l’avoir rageusement biffé de tous les manuels d’histoire et déchiré les pages du dictionnaire qui s’y rapportent.

L’idéal pour ces grincheux est que les délégations conduisent les pourparlers en s’interpellant à distance via les Américains : « Le monsieur te demande… », « Le monsieur te répond… », « Dis au monsieur que son document, il peut se le carrer là où je pense ! »…

Ce qui n’est pourtant pas le cas à Washington, où des délégués à la mine compassée se triturent les méninges pour tantôt biffer une diphtongue, tantôt accoupler deux consonnes, sur un parchemin décrépi qui servira à Bibi le Nataniais à s’essuyer les pieds dessus ! Le tout sous la bonne garde du Trumpinator qui les inonde de ses radotages fumeux, en se donnant des airs de bâtisseur d’histoire.

« Gare à la normalisation avec Israël », fanfaronnait l’autre jour encore Istiz Nabeuh, donnant à croire que son mouvement Amal a toujours été aux avant-postes du combat contre l’État hébreu. La vitesse de la lumière étant supérieure à la vitesse du son, bien des gens ont l’air brillants jusqu’à ce qu’ils ouvrent la bouche.

Sauf Bac-6, qui lui n’a jamais trompé personne… ni en son ni en lumière.

gabynasr@lorientlejour.com

Plus de trois quarts de siècle de confrontations avec l’Hébraïe voisine ont fini par développer dans la tête des dirigeants libanais un désordre mental quasi incurable. Ainsi en est-il du Trimardeur à la tête des mille et une barbes rasées, du Tenancier boudeur du Parlement, du Derviche tourneur de Moukhtara, en plus de quelques orphelins de l’ex-paradis baassiste de la nurserie Assad. Figés en mode « pause sur image » depuis 1948, ils en sont encore à considérer que tout ce qui touche de près ou de loin aux Shlomos est honteux, dégradant, impie, relève de la trahison… et tout le tintouin. Ce sont probablement les derniers spécimens d’une espèce rare et protégée, qui en ces temps de disette n’ont plus que la cause palestinienne, et pour certains la babouche iranienne, pour en faire commerce et se...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut