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Société - Coronavirus au Liban

Le gouvernement prolonge la mobilisation générale jusqu'au 5 juillet

"La pandémie se poursuit et ne se terminera pas de sitôt", déclare le ministre de la Santé, soulignant la nécessité de "maintenir les mesures de protection". 

Le chef de l'Etat libanais, Michel Aoun, présidant une réunion du Conseil supérieur de la défense, à Baabda, le 4 juin 2020. Photo Dalati et Nohra

Le gouvernement libanais, présidé par Hassane Diab, a décidé jeudi de prolonger l'état de mobilisation générale d'un mois, jusqu'au 5 juillet, afin de lutter contre la propagation du nouveau coronavirus qui a jusqu'ici contaminé plus de 1 300 personnes, dont 28 sont décédées, depuis le début de l'apparition de la pandémie en février. Le gouvernement a ainsi suivi une recommandation formulée plus tôt ce matin par le Conseil supérieur de la défense qui s'est réuni au palais de Baabda sous la houlette du chef de l'Etat, Michel Aoun.

"Le gouvernement a approuvé la recommandation du Conseil (de la défense) de prolonger la mobilisation du 8 juin au 5 juillet inclus", a annoncé la ministre de l'Information, Manal Abdel Samad, lors d'un point de presse à l'issue de la réunion. Elle a souligné que les réouvertures des différents secteurs conformément au plan de déconfinement progressif, qui est actuellement à sa quatrième phase, resteront toutefois en vigueur. Le gouvernement appelle également les forces de sécurité à renforcer leur surveillance du respect des mesures de prévention permettant de lutter contre la propagation du virus, a ajouté Mme Abdel Samad. 

Le ministre de la Santé, Hamad Hassan, a de son côté affirmé à l'issue du Conseil que "la pandémie se poursuit et ne se terminera pas de sitôt", soulignant qu'il fallait donc "maintenir les mesures de protection", selon des propos rapportés par notre correspondante Hoda Chedid. Concernant la réouverture de l'aéroport, il a souligné qu'il sera seulement possible de l'envisager "lorsque les gens respecteront la quarantaine à domicile, contrairement à cette femme qui est rentrée à Barja et a contaminé 42 personnes". Il a en outre annoncé qu'une réunion se tiendra vendredi avec les mohafez pour "prendre les décisions nécessaires". "Les rapatriés doivent se conformer à la quarantaine obligatoire, après avoir signé un engagement en ce sens, sinon les cas positifs seront transférés vers le hôpitaux gouvernementaux", a-t-il prévenu.
Mardi, le ministre de la Santé avait déclaré que l'Aéroport international de Beyrouth, le seul du pays, qui devait reprendre ses activités initialement le 8 juin, aura lieu après le 21 juin, sans préciser de date.

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Les autorités ont pris une batterie de mesures pour enrayer la propagation du coronavirus, dans le cadre de la mobilisation générale. Cette mobilisation avait été décrétée le 15 mars. Elle se poursuit en parallèle au déconfinement progressif en cours. Depuis le 1er juin, une grande partie des commerces ont pu rouvrir leurs portes, durant des plages horaires plus longues que lors des premières phases du déconfinement. Le couvre-feu a été fixé entre minuit et 5h. Les centres commerciaux, fermés depuis trois mois, ont également pu rouvrir, dans le respect des mesures sanitaires de protection, à l’exception des salles de cinéma et des aires de jeux pour enfants. Les musées, le Casino du Liban, les clubs de tir, l’hippodrome (sans public) ont également pu rouvrir leurs portes. Les restaurants peuvent, pour leur part, accueillir la clientèle à 50 % de leur capacité jusqu'à minuit. Néanmoins, restent encore fermés les garderies, les salles de sport, les boîtes de nuit, les parcs d’attraction et jardins publics, les salles de jeux vidéo, les théâtres et les cinémas, ainsi que les lieux de grands rassemblements. Les garderies pourront rouvrir à partir du 8 juin, début de la 5ème étape de déconfinement, à 25% de leur capacité d'accueil.
En outre, une quatrième phase de rapatriement de Libanais bloqués à l'étranger en raison des fermetures de l'aéroport est prévue entre le 11 et le 19 juin. La compagnie locale Middle East Airlines a dans ce cadre annoncé jeudi le programme de ces vols qui devraient permettre le retour au Liban de quelque 2 500 expatriés.

Nominations et déchets
Par ailleurs, le secrétaire général du Conseil des ministres, Mahmoud Makkiyé, a été nommé temporairement, pour une durée de deux semaines, à la tête du Conseil de la fonction publique. Cette nomination d'un président à la tête du Conseil de la fonction publique fait polémique depuis plusieurs semaines, notamment parce que Randa Yakzan, la candidate appuyée par le Premier ministre, aurait été la cible de certaines sanctions qui entraveraient sa nomination. Ce noeud s'ajoute aux obstacles que rencontre, de manière plus générale, le dossier des nominations notamment en ce qui concerne un mécanisme unifié pour nommer tous les hauts-responsables. "Le retard dans les nominations se fait pour la bonne cause, afin que nous ne poursuivions pas les politiques utilisées précédemment", a souligné Mme Abel Samad à ce propos qui a toutefois annoncé que les ministres avaient convenu "de procéder à ces nominations jeudi prochain".

Le ministre de l'Industrie, Imad Hoballah, a en outre présenté à ses collègues son plan de relance du secteur industriel, tandis que son homologue de l'Environnement, Damien Kattar, a exposé son plan de route pour la gestion des déchets solides pour la période 2020-2025. A ce propos, le Conseil des ministres a demandé au Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) de soumettre d'ici quinze jours un rapport d'évaluation des contrats passés depuis 2019 pour le tri et le traitement des déchets dans les régions de Beyrouth, du Mont-Liban et du Kesrouan (à l'exception du caza de Jbeil). Le ministre des Affaires sociales, Ramzi Moucharrafiyé, a pour sa part présenté plusieurs programmes d'aides sociales, notamment un concernant les familles les plus démunies, un programme d'urgence de filet de sécurité sociale et un de solidarité sociale.

"Loi César"
Répondant aux questions des journalistes, la ministre de l'Information a par ailleurs annoncé que la position officielle du Liban concernant la "loi César" (Caesar act), adoptée par les Etats-Unis, sera définie par le ministre des Affaires étrangères, Nassif Hitti, et qu'une commission ministérielle avait été formée pour étudier ce dossier.  Selon la LBC, le Premier ministre Diab va former une cellule de crise qui se chargera de se pencher sur la "loi César" et autres dossiers régionaux. Cette loi vise à sanctionner tout gouvernement, parti politique ou toute entité privée qui aide le régime de Damas ou qui contribue à la reconstruction de la Syrie, ce qui signifie pratiquement que le Liban ne pourra pas échapper à ses effets, par le biais notamment de l’affaire de la contrebande entre les deux pays. A sa sortie du Conseil, la ministre des Déplacés, Ghada Chreim (proche du CPL), a, elle, souligné que des copies de la loi "ont été distribuées aux ministres uniquement pour qu'ils puissent les consulter", soulignant que le Liban "n'est pas mentionné" dans ce texte.

Aoun et Diab se défendent
Prenant la parole au début de la réunion, le chef de l'Etat a dénoncé "les accusations" lancées dans les médias et sur la scène politique contre le président et le gouvernement, alors qu'ils essaient de trouver des solutions "à des années de gaspillage et de gabegie" dont ils ne sont pas responsables. Il a appelé les ministres à faire preuve de "solidarité" et à répondre aux accusations au moyen de "faits et de vérités". Le président Aoun s'est par ailleurs à nouveau défendu de chercher à instaurer un régime présidentiel en outrepassant les prérogatives de l'exécutif. "Je respecte les prérogatives de tout le monde", a-t-il souligné. Ces accusations avaient été récemment lancées après la polémique créée par la demande faite par le chef de l’État de reconsidérer la construction d’une centrale électrique à Selaata, alors que le gouvernement s’était mis d’accord sur un plan donnant la priorité à deux autres sites, Deir Ammar et Zahrani.

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De son côté, le Premier ministre Diab a affirmé être la cible de critiques "depuis le premier jour de la formation du gouvernement". Il a estimé que ces critiques sont politiques "alors même qu'il avait dit ne pas vouloir couler" sous le poids des disputes politiques. Il a souligné "comprendre la colère des gens qui sont frappés de plein fouet par la situation sociale" actuelle, craignant toutefois que cette colère ne soit "détournée à des fins politiques" et que les revendications ne soient exprimées "au moyen de fermetures de routes et de blocage des institutions, qui risquent de provoquer de nouveaux licenciements". "Nous sommes en faveur du droit de manifester, mais il ne faut pas que ce droit se transforme en chaos avec des fermetures des routes et des atteintes aux propriétés publiques et privées", a-t-il appelé. "Je ne pense pas que les Libanais acceptent ces pratiques qui ne sont en rien une expression de la démocratie", a-t-il souligné. 

Hassane Diab a par ailleurs souligné que les Libanais devraient pouvoir remarquer, "d'ici quelques jours", une diminution des prix des produits alimentaires, résultant de l'application d'une nouvelle circulaire de la Banque du Liban qui autorise les importateurs et les producteurs de produits alimentaires à obtenir, via leurs banques et auprès de la BDL, des dollars à un taux dollar/livre en principe plus proche de celui du marché. 


Le gouvernement libanais, présidé par Hassane Diab, a décidé jeudi de prolonger l'état de mobilisation générale d'un mois, jusqu'au 5 juillet, afin de lutter contre la propagation du nouveau coronavirus qui a jusqu'ici contaminé plus de 1 300 personnes, dont 28 sont décédées, depuis le début de l'apparition de la pandémie en février. Le gouvernement a ainsi suivi une recommandation...

commentaires (5)

et il faut qu'on choisisse, mourir de faim ou de Covid?

Jack Gardner

20 h 33, le 04 juin 2020

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Commentaires (5)

  • et il faut qu'on choisisse, mourir de faim ou de Covid?

    Jack Gardner

    20 h 33, le 04 juin 2020

  • bullshit....ils veulent juste retarder l explosion populaire...

    Jack Gardner

    20 h 32, le 04 juin 2020

  • A croire que ça arrange les gouvernants de ce pays l’histoire du COVID. Ils ne savaient pas comment arrêter les protestations et la ça leur tombe du ciel. On dirait qu’ils ont rapatrié des citoyens contaminés et les ont lâché dans la nature pour jouer la prolongation de la récré. On est loin des propos rassurants du ministre de la santé avant le rapatriement et les promesses de contrôler la situation. C’est louche comme tout ce qu’ils décident depuis leur nomination.

    Sissi zayyat

    17 h 31, le 04 juin 2020

  • La loi César interdit à tout gouvernement, parti politique ou institution privée d’aider la Syrie. Et la ministre de la communication trouve un subterfuge pour dire que le Liban n’est pas cité ? On doit comprendre que le Liban n’est pas un pays et qu’il n’a pas de gouvernement ni de parti politique ni d’institutions privées? A quoi joue la ministre de la communication? A celle qui n’a pas compris ou à faire passer le Liban pour un poulailler? Qu’on nous explique.

    Sissi zayyat

    17 h 15, le 04 juin 2020

  • Tout à fait une dame rentrée d'Arabie saoudite a fait fi de ses engagements de rester en quarantaine et a contaminé 42 personnes .Si ce ci se répète , et il y a eu lieu plus d'un cas similaire , malgré le suivi effectué par la commission créée par le ministère , le ministre serait alors obligé de garder , tout cas positif dans les hôpitaux gouvernementaux . Quand même le gouvernement a fait un effort de les rapatrier , la moindre des choses est de respecter la santé des autres citoyens . Par ailleurs , c'est vrai cette campagne médiatique et politque simultanée contre le PM et le chef de l'Etat ne semble pas saine et leur attribue tous les maux du pays . Nous ne sommes pas nés ni hier ni en 2016 mais bien plus loin et on a vécu et entendu les misères et la corruption qui sévit dans le pays depuis bien longtemps .

    Lecteurs OLJ 2 / BLF

    15 h 29, le 04 juin 2020

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