Coronavirus au Liban

Un décès et cinquante contaminations en 24h au Liban

Une femme rentrée de l'étranger a contaminé 42 personnes dans le Chouf, selon le ministre de la Santé.

Des membres de la Croix-rouge libanaise en tenue de protection contre le coronavirus, le 29 mai 2020 à Beyrouth. Photo AFP / JOSEPH

Alors que le gouvernement a prolongé l'état de mobilisation générale jusqu'au 5 juillet pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, le Liban a enregistré une nouvelle hausse des contaminations durant les dernières 24 heures avec cinquante nouveaux cas, dont 42 seulement dans le Chouf, et un décès supplémentaire. Quarante-huit de ces cas concernent des locaux, et deux des Libanais rapatriés.

Ces nouveaux cas portent à 1 306 le bilan total de cas détectés depuis le 21 février, dont 273 ont été enregistrés auprès des personnes revenues de l'étranger. Avec 731 personnes complètement rétablies, le nombre de patients actuellement positifs au virus est de 547, dont 4 se trouvent dans un état critique. Le bilan des décès s'est alourdi à 28, une patiente ayant perdu sa vie durant ces dernières 24 heures. La municipalité de Wardaniyé, située au sud de Beyrouth, avait déjà annoncé jeudi matin la mort d'une riveraine atteinte du coronavirus et qui était soignée à l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri. Selon la municipalité, cette patiente souffrait d'une maladie chronique et est décédée après des complications. Elle était revenue au Liban le mois dernier en provenance du Koweït, selon les médias locaux.

Une femme "a contaminé 42 personnes"
Par ailleurs, la municipalité de Barja, dans le Chouf, a indiqué vouloir prendre "des mesures exceptionnelles au vu des circonstances" après la détection d'un grand nombre de cas dans la localité. Le mohafez du Mont-Liban, le juge Mohammad Mekkaoui, a dans ce contexte ordonné l'isolement de trois quartiers de la localité, suivant les directives données par le ministre de l'Intérieur, Mohammad Fahmi. Il a également réclamé le renforcement des contrôles aux entrées et sorties de Barja, afin de limiter la propagation du virus, rapportent les médias locaux. En fin d'après-midi, la cellule de crise mise en place par la municipalité de Barja a annoncé que les personnes contaminées se trouvant dans la localité seront transférées dans un centre de quarantaine spécifique. Le ministre de la Santé, Hamad Hassan, s'est ensuite rendu à Barja. "Nous resterons aux cotés des habitants de Barja et surmonterons cette étape comme nous l'avons fait dans d'autres régions, a déclaré M. Hassan depuis la localité. Nous ne devons prendre aucun risque avec la santé des Libanais". Le ministre a aussi rappelé qu'il fallait continuer à porter des masques et respecter la distanciation sociale. Il a aussi assuré que son ministère continuera de fournir les équipements médicaux nécessaires dans le combat contre le coronavirus.

Avant cela, le ministre de la Santé avait déploré en Conseil des ministres le non respect de la quarantaine à domicile de la part des Libanais rapatriés. "Lorsque les gens respecteront la quarantaine à domicile, contrairement à cette femme qui est rentrée à Barja et a contaminé 42 personnes (36 personnes à Barja et six autres dans la localité voisine de Jadra, selon le rapport du ministère, ndlr), alors nous pourrons parler de la réouverture de l'aéroport de Beyrouth", a-t-il dit, selon notre correspondante Hoda Chedid. Il a en outre annoncé qu'une réunion se tiendra vendredi avec les mohafezs pour "prendre les décisions nécessaires". "Les rapatriés doivent se conformer à la quarantaine obligatoire, après avoir signé un engagement en ce sens, sinon les cas positifs seront transférés vers les hôpitaux gouvernementaux", a-t-il prévenu. "La pandémie se poursuit et ne sera pas terminée de sitôt. C'est pour cela que nous maintenons les mesures de protection", a fait savoir le ministre de la Santé, en commentant la décision de prolonger la mobilisation générale. Mardi, Hamad Hassan avait déclaré que l'Aéroport international de Beyrouth, le seul du pays, dont les  activités devaient initialement reprendre le 8 juin, ne rouvrira qu'après le 21 juin, sans préciser de date.

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Dans les centres commerciaux, beaucoup de clients, mais peu d’acheteurs

Ces nouveaux cas ont été enregistrés alors que depuis lundi, une grande partie des commerces ont pu rouvrir leurs portes, durant des plages horaires plus longues que lors des premières phases du déconfinement. Le couvre-feu a été fixé entre minuit et 5h. Les centres commerciaux, fermés depuis trois mois, ont également pu rouvrir, dans le respect des mesures sanitaires de protection, à l’exception des salles de cinéma et des aires de jeux pour enfants. Dans le cadre de cette quatrième phase du déconfinement, les musées, le Casino du Liban, les clubs de tir, l’hippodrome (sans public) ont également pu rouvrir leurs portes. Les restaurants peuvent, pour leur part, accueillir la clientèle à 50 % de leur capacité jusqu'à minuit. Néanmoins, restent encore fermés les garderies, les salles de sport, les boîtes de nuit, les parcs d’attraction et jardins publics, les salles de jeux vidéo, les théâtres et les cinémas, ainsi que les lieux de grands rassemblements. Les garderies pourront rouvrir à partir du 8 juin, début de la 5ème étape de déconfinement, à 25% de leur capacité d'accueil. L'Université libanaise a quant à elle annoncé une série de mesures préventives pour éviter la propagation du virus, avec la reprise des cours et des examens. 

En outre, une quatrième phase de rapatriement de Libanais bloqués à l'étranger en raison des fermetures des aéroports est prévue entre le 11 et le 19 juin. La compagnie locale Middle East Airlines a annoncé jeudi le programme de ces vols qui devraient permettre le retour au Liban de quelque 2 500 expatriés.
Par ailleurs, un groupe de plus de 150 Libanais doit rentrer au Liban aujourd'hui en provenance de Syrie, à travers le passage frontalier de Masnaa, dans la Békaa. La Sûreté générale a annoncé que les postes frontières de Masnaa et Abboudiyé (Nord) seront ouverts les 9 et 11 juin, entre 9h et 16h, pour les Libanais et leurs familles qui souhaiteraient encore rentrer sur le territoire à partir de la Syrie. 

Sur le plan de la coopération internationale, l'ambassade du Royaume-Uni au Liban a indiqué que Londres a renouvelé son soutien au pays du Cèdre. Sur Twitter, l'ambassadeur britannique Chris Rampling a annoncé que Londres a, jusque-là, accordé plus de deux millions de dollars d'aides au Liban pour lutter contre le coronavirus, notamment du matériel médical pour une valeur de plus de 400.000 dollars. 


Alors que le gouvernement a prolongé l'état de mobilisation générale jusqu'au 5 juillet pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, le Liban a enregistré une nouvelle hausse des contaminations durant les dernières 24 heures...

commentaires (6)

Il faut punir et emprisonner tout revenant qui néglige les mesures obligatoires. On ne peut pas punir tout un pays pour des irresponsables sans scrupules. Un risque réel de flambée du virus se profile avec les rapatriements qui ne cessent de ramener des malades.

Chahine

19 h 58, le 04 juin 2020

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Commentaires (6)

  • Il faut punir et emprisonner tout revenant qui néglige les mesures obligatoires. On ne peut pas punir tout un pays pour des irresponsables sans scrupules. Un risque réel de flambée du virus se profile avec les rapatriements qui ne cessent de ramener des malades.

    Chahine

    19 h 58, le 04 juin 2020

  • C'est comme et quand les chiffres redondants les arrangent.

    Je partage mon avis

    18 h 40, le 04 juin 2020

  • Par hasard cette femme qui a contamine 42 personnes venait de l'Iran ?

    Eleni Caridopoulou

    18 h 01, le 04 juin 2020

  • ON RAPATRIE ET ON LACHE DANS LA NATURE AU LIEU DE METTRE CES GENS DANS DES LIEUX CONTROLES EN QUATORZAINE. L,ETAT EN EST RESPONSABLE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    17 h 57, le 04 juin 2020

  • Cinquante contaminations en 24h ?Un bilan assez lourd pour un si petit pays et on peut craindre le pire le samedi prochain avec le déferlement des protestataires dans la rue .

    Antoine Sabbagha

    17 h 48, le 04 juin 2020

  • Si certains des rapatriés sont des bajams et ne respectent pas la quatorzaine, ce n’est pas une raison pour punir tous les autres libanais en conservant l’aéroport fermé. Si le technocrate de la santé compte sur le civisme de ces libanais, alors l’aéroport restera fermé à jamais. Un peu de bon sens, vous n’avez qu’à faire respecter par la force la quatorzaine au lieu d’envoyer la police tabasser les manifestants pacifiques

    Liberté de Penser

    16 h 47, le 04 juin 2020