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À La Une - pandémie

Coronavirus au Liban : les préparatifs vont bon train dans les hôpitaux publics

A l'issue du Conseil des ministres, le gouvernement rappelle l'importance du principe de la quarantaine à domicile pour contenir l'épidémie.

Des Libanais portant des masques de protection achètent des rosaires à un vendeur ambulant, à Beyrouth, le 11 mars 2020. Photo AFP / JOSEPH EID

Le gouvernement libanais, réuni jeudi au palais présidentiel de Baabda, a annoncé que, pour faire face à la pandémie de coronavirus, les préparatifs vont bon train dans les hôpitaux publics afin qu'ils puissent accueillir les malades dans les différentes régions du pays. Au Liban, le virus a touché 66 personnes au cours des dernières semaines et a fait trois morts

"Les préparatifs vont bon train dans les hôpitaux publics des différents mohafazats", a annoncé au nom du cabinet la ministre de l'Information Manal Abdel Samad, à l'issue de la réunion gouvernementale. Elle a dans ce cadre souligné qu'un prêt de la Banque mondiale était actuellement consacré à l'équipement des établissements hospitaliers gouvernementaux. Selon une source ministérielle, citée par notre correspondante à Baabda Hoda Chedid, ce prêt de 39 millions de dollars sera réparti entre l'hôpital Rafic Hariri, l'hôpital gouvernemental de Bouar, dans le Kesrouan, et les établissements publics de Machghara et Baalbeck-Hermel.
Depuis le début de l'épidémie, seul l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, qui dispose d'une centaine de lits, est équipé pour l'hospitalisation des patients atteints du virus.

La ministre de l'Information a par ailleurs indiqué que le Liban "accueillait favorablement toutes les aides qui pourraient être obtenues" de la part de la communauté internationale. Elle a en outre rappelé l'importance du principe de la quarantaine à domicile pour contenir l'épidémie. Afin de motiver les Libanais à se confiner chez eux, le gouvernement a décidé d'améliorer la connexion à internet pour tous les utilisateurs des réseaux fournis par Ogero, et ce jusqu'à la fin du mois d'avril. 



(Lire aussi : Coronavirus : le Liban est-il prêt à une multiplication des cas ?)



Le coronavirus parmi les réfugiés
Le cabinet a par ailleurs décidé de demander aux organisations internationales de s'occuper de la question de la propagation du coronavirus dans les communautés de réfugiés palestiniens et syriens, autant en ce qui concerne la prévention que les soins à fournir aux personnes contaminées. 

"Le Premier ministre, Hassane Diab, a admis qu'il régnait actuellement un réel effroi" dans le pays, a rapporté Mme Abdel Samad. Le président du Conseil a déploré par ailleurs les "campagnes d'intimidation" lancées contre l'Exécutif concernant sa gestion de la crise sanitaire. "Le nombre de personnes atteintes au Liban par le coronavirus est parmi les plus bas dans le monde. Il pourrait augmenter, mais cela est le cas dans tous les pays touchés", a ajouté M. Diab. Concernant les mesures prises pour contrer la propagation de la maladie, Hassane Diab a souligné que le gouvernement avait "fait tout son possible dès le début, et sans tarder".


Deux cas de source inconnue
De son côté, le ministre de la Santé, Hamad Hassan, a affirmé, au début de la séance, que la majorité des cas détectés dans le pays sont liés à des contacts avec des personnes qui sont rentrées de voyage en Iran, en Grande-Bretagne, en Égypte et en France. Il a précisé que la source de la maladie était inconnue en ce qui concerne deux patients seulement sur les 66 cas détectés. Hamad Hassan a encore insisté, dans le cadre des mesures de prévention, sur l'importance de limiter au maximum les déplacements dans le pays et de réduire les contacts entre les gens. 

Peu auparavant, lors d'une réunion organisée avec des représentants de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et des hôpitaux publics au ministère de la Santé, M. Hassan avait déjà souligné que le Liban était "entièrement prêt" à faire face à la pandémie, et ce dans tous les hôpitaux gouvernementaux". Il avait annoncé que le nombre total de lits disponibles au Liban, dans les établissements privés et gouvernementaux, est de 12.555 lits, dont 2.026 sont réservés aux soins intensifs.

Lors d'une conférence de presse avec le ministre Hassan dans l'après-midi, le président de la commission parlementaire de la Santé, le député Assem Araji, a décrit la préparation des hôpitaux gouvernementaux comme étant le "plan B" envisagé par l’État. Il a souligné que le Liban dispose de 500 respirateurs artificiels.  M. Hassan a pour sa part estimé que les mesures prises la veille par le gouvernement s'apparentent à "déclarer un état d'urgence sanitaire et civil". Il a souligné que les Libanais "sont conscients" de la situation actuelle et assument leurs responsabilités.



(Lire aussi : « C’est la folie, on dirait que c’est la fin du monde ! »)


"Grand soulagement"
Concernant par ailleurs la crise financière et économique que traverse le pays, le chef de l’État a affirmé, selon des propos rapportés par Manal Abdel Samad, que "les marchés financiers restent relativement calmes" depuis l'annonce samedi que le Liban suspendait le remboursement de sa dette. "Il ne faut pas tarder à approuver un plan exhaustif" de réformes, a-t-il ajouté. 

Pour sa part, le président du Conseil a indiqué avoir "perçu un grand soulagement à tous les niveaux, lorsque nous avons annoncé que nous ne paierons pas les eurobonds". Il a notamment indiqué que le non-remboursement avait des retombées positives, comme la réduction de 2,24% du service de la dette en livres libanaises, ce qui équivaut à près de 300 milliards de livres, selon des chiffres que lui a fourni le ministre des Finances, Ghazi Wazni.  "Nous avons commencé à étudier un plan régulant les mesures de contrôle des capitaux, que nous allons évoquer en Conseil des ministres dès qu'il sera prêt", a-t-il dit. 

Hassane Diab avait annoncé officiellement la décision du Liban de ne pas honorer la série d'eurobonds d'une valeur de 1,2 milliard de dollars qui sont arrivés à échéance lundi dernier. Des négociations doivent commencer sous peu avec les créanciers, tandis que le gouvernement s'est engagé à mettre en place un plan de réformes pour sortir le pays de la crise. Avec une dette de 90 milliards de dollars - soit environ 170% du PIB - le Liban fait partie des pays les plus endettés au monde.



(Lire aussi : Wazni : Le plan de sauvetage sera conforme aux recommandations du FMI)


Nominations et déchets
Concernant les nominations judiciaires, la ministre de la Justice Marie-Claude Najm a expliqué au gouvernement le suivi de ce dossier et "ce qu'il s'est passé entre elle et le Conseil supérieur de la magistrature", auquel elle a renvoyé hier le projet de permutations. Elle a indiqué "attendre la réponse du CSM à ce propos, suite aux commentaires qui ont été présentés".

Le gouvernement a enfin discuté du plan de gestion des déchets, que le ministre de l'Environnement Damien Kattar est en train de finaliser. Une commission ministérielle a été chargée de l'étude des différentes options concernant les décharges à travers le pays, qui seront proposées par le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), a annoncé la ministre de l'Information. Le cabinet s'est entendu sur la nécessité de trouver une solution à ce problème avant la fin du mois d'avril, a rapporté la source ministérielle.


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Le gouvernement libanais, réuni jeudi au palais présidentiel de Baabda, a annoncé que, pour faire face à la pandémie de coronavirus, les préparatifs vont bon train dans les hôpitaux publics afin qu'ils puissent accueillir les malades dans les différentes régions du pays. Au Liban, le virus a touché 66 personnes au cours des dernières semaines et a fait trois morts. "Les...

commentaires (3)

Je le répète le clown américain ment aux américains les personnes infectées et les morts se comptent de façon exponentielle. Je me demande pour quelles raisons on ne veut pas en parler dans l'olj. La vérité vous rattrapera même si on focalise sur l'Iran.

FRIK-A-FRAK

19 h 59, le 12 mars 2020

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Commentaires (3)

  • Je le répète le clown américain ment aux américains les personnes infectées et les morts se comptent de façon exponentielle. Je me demande pour quelles raisons on ne veut pas en parler dans l'olj. La vérité vous rattrapera même si on focalise sur l'Iran.

    FRIK-A-FRAK

    19 h 59, le 12 mars 2020

  • SOUHAITONS ET ESPERONS !

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    18 h 14, le 12 mars 2020

  • Note de lecture ; "Le coronavirus est sans le moindre doute une punition envoyée par Allah aux Chinois qui maltraitent l'islam et les musulmans". Hadi al-Modarresi, théologien irakien de premier plan, expliquant l'épidémie, avant d'être lui-même atteint par le virus. (Le Point du 12 mars 2020 p.18.)

    Honneur et Patrie

    17 h 58, le 12 mars 2020

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