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Société - Reportage

Le coup de barre des propriétaires de pubs et bistros de Beyrouth

« La crise du coronavirus est catastrophique pour le secteur du tourisme », déplore Tony Ramy, président du syndicat des propriétaires de restaurants, cafés, boîtes de nuit et pâtisseries.

« Conformément à la décision du ministère du Tourisme, nous sommes fermés jusqu’au 15 mars », affirme cette pancarte.

Sur l’un des nombreux escaliers qui montent du quartier beyrouthin de Mar Mikhaël, des groupes d’amis sirotent des bières. « On était dans le bar à côté, mais la police est entrée et l’a fermé », raconte un couple, qui compte quand même profiter de sa soirée, même si elle doit se poursuivre en extérieur, sous la lumière des lampadaires. Le quartier, d’habitude pris d’assaut par les clients des nombreux débits de boissons, sonne creux. Seuls se font entendre les klaxons des taxis cherchant désespérément des chalands près des restaurants ou supérettes qui étaient encore ouverts, malgré la décision du ministre du Tourisme, Ramzi Moucharrafiyé, lundi, de fermer les pubs jusqu’au 15 mars, dans le prolongement de la décision prise deux jours plus tôt de fermer les boîtes de nuit et les cabarets.

Dans les bars retardataires, les agents de police portent aux gérants l’avis de fermeture administrative, conformément à la décision du ministère. Mais parfois avec quelques couacs. « Le ministre a clarifié sa décision, qui est la bonne, et a retiré les doutes que l’on pouvait avoir : seuls les pubs doivent fermer pour éviter les regroupements de gens trop proches », estime Michel, propriétaire de l’hôtel Lost. « Mais L’application est faite par des policiers sans bonne compréhension de la décision ministérielle. Les décisions de fermeture sont un peu aléatoires et se font au visu de l’établissement », complète-t-il, alors qu’il a été contraint, au moins pour la soirée, de fermer le zinc du lobby de son établissement, pourtant théoriquement hors du champs d’application de la nouvelle mesure.

« Toute l’industrie du tourisme est touchée par l’épidémie. La fréquentation dans l’hôtel et le bar baisse et les annulations s’accumulent », ajoute le gérant.


(Lire aussi : Un prêtre jésuite en isolement témoigne : Je suis privilégié par rapport aux autres)


Une crise « catastrophique »

C’est aussi ce que regrette Tony Ramy, président du syndicat des propriétaires de restaurants, cafés, boîtes de nuit et pâtisseries.

« Cette décision va évidemment avoir un impact sur tout le pays. La crise du coronavirus est catastrophique pour le secteur du tourisme, au Liban comme dans les autres pays ». Hier, M. Ramy a annoncé que les restaurants de tout le Liban vont fermer « jusqu’à nouvel ordre » leurs portes, afin de lutter contre l’épidémie, précisant que les services de livraisons à domicile des restaurants continueront de fonctionner. « Financièrement, le manque à gagner ajouté aux coûts fixes, en plus de la crise, est dur à supporter. Une fermeture veut aussi dire une rupture avec nos clients réguliers qui iront dans des endroits à qui l’on a permis d’ouvrir sans raison valable », explique Sami, propriétaire du Vagabond, une microbrasserie au cœur du quartier de Badaro, où les clients peuvent goûter toutes sortes de bières artisanales. « La décision ne vient pas résoudre le problème : plus de clients vont se concentrer dans le peu d’établissements restés ouverts et augmenter ainsi le risque de contamination. Ou bien tout le monde doit fermer, ou bien tout le monde devrait être autorisé à rester ouvert », précise-t-il.

Même son de cloche au Roy Karaoke Pub. Alors que l’établissement battait encore son plein samedi soir, les portes, sur lesquelles on peut lire « Closed until March, 15th » (fermées jusqu’au 15 mars), sont aujourd’hui verrouillées par un cadenas.

« Cette décision va accroître la crise économique actuelle et mener à d’importantes pertes matérielles. La réouverture de notre bar est aujourd’hui menacée, et dépendra de la durée de cette fermeture », déplore le tenant.

Il était pourtant encore difficile de croire à un tel scénario ce week-end : même si les clients avaient en tête la menace du virus, se lavant régulièrement les mains au gel hydroalcoolique, et que le personnel prenait la température de chaque nouvel arrivant dans le bar, rien ne semblait alors pouvoir stopper les musiciens et chanteurs en herbe. « La situation a changé aujourd’hui et le coronavirus est une menace réelle, le gouvernement a donc pris la bonne décision », admet le gérant.



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Sur l’un des nombreux escaliers qui montent du quartier beyrouthin de Mar Mikhaël, des groupes d’amis sirotent des bières. « On était dans le bar à côté, mais la police est entrée et l’a fermé », raconte un couple, qui compte quand même profiter de sa soirée, même si elle doit se poursuivre en extérieur, sous la lumière des lampadaires. Le quartier, d’habitude...
commentaires (3)

Ce que Corona veut , Téhéran l'execute. Il n'y a pas de raison que Corona perde des marchés face à Guiness .

FRIK-A-FRAK

13 h 11, le 12 mars 2020

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Commentaires (3)

  • Ce que Corona veut , Téhéran l'execute. Il n'y a pas de raison que Corona perde des marchés face à Guiness .

    FRIK-A-FRAK

    13 h 11, le 12 mars 2020

  • LA PANIQUE EST CATASTROPHIQUE POUR LES ECONOMIES DES PAYS.

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    12 h 31, le 12 mars 2020

  • En tous cas, vu que c'est le Liban, le gouvernement peut decider tout sorte de chose, ce qui se passe en pratique est autre chose. Je pense que beaucoup de Libanais vont continuer simplement aller aux bistros et pubs.

    Stes David

    10 h 54, le 12 mars 2020

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