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Liban

Sanctions américaines contre la puissante Fondation du martyr

Liban-USA

« Le Hezbollah profite de la vente de biens vitaux pour la santé et l’économie du peuple libanais, tels que les produits pharmaceutiques et l’essence », déclare le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin.

OLJ
27/02/2020
Les États-Unis ont annoncé hier de nouvelles sanctions à l’encontre du Hezbollah, visant en particulier des responsables et des sociétés liées à la puissante « Fondation du martyr » qui subvient aux besoins des familles des militants du parti pro-iranien tués au combat.

Dans un communiqué, le département du Trésor américain a indiqué que trois responsables du Hezbollah et douze entités basées au Liban et « liées à la Fondation du martyr qui fait partie du réseau de soutien au Hezbollah » étaient concernés par ces nouvelles sanctions.

Ces sanctions resserrent encore plus l’étau financier autour du parti chiite, dont les rentrées sont déjà affectées par les sanctions américaines contre l’Iran, mais ne visent pas de responsables de premier plan du Hezbollah.

Selon le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (Office of Foreign Assets Control – OFAC), sont notamment visés la compagnie Atlas Holding, « appartenant à ou contrôlée par la Fondation du martyr », ainsi que Kassem Mohammad Ali Bazzi, PDG et président du conseil d’administration d’Atlas Holding depuis 2019 et plus grand actionnaire de la société.

Deux responsables de la Fondation du martyr, déjà sous le coup de sanctions depuis 2007 pour « soutien au terrorisme », Jawad Noureddine et le cheikh Youssef Assi, sont également concernés par les sanctions.

Noureddine est directeur général de la Fondation du martyr, selon le communiqué qui précise qu’il « supervise les paiements aux familles des combattants du Hezbollah qui ont été tués » et travaille « en étroite collaboration avec de hauts responsables du Hezbollah ». « Le cheikh Youssef Assi est responsable au sein de la Fondation du martyr et l’un des fondateurs d’Atlas Holding », poursuit le communiqué.

Dix compagnies affiliées à Atlas sont concernées par les sanctions, notamment Amana Fuel Co, qui contrôle un vaste réseau de stations d’essence au Liban, ainsi que Medic, Shahed Pharm, Amana Plus Co., al-Kawthar, Amana Sanitary and Paints Company L.T.D., City Pharma SARL, Global Touristic Services SAL, Sanovera Pharm Company SARL, et Capital SAL.

Mirath SAL, « appartenant à ou contrôlée par Jawad Noureddine », a également été qualifiée d’organisation terroriste.


« Des transactions à hauteur de centaines de millions de dollars »
« Le Hezbollah profite de la vente de biens vitaux pour la santé et l’économie du peuple libanais, tels que les produits pharmaceutiques et l’essence, a déclaré le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin. L’administration Trump se tient aux côtés du peuple libanais, et nous nous engageons à dénoncer les procédés commerciaux de financement du terrorisme du Hezbollah. »

« Le Hezbollah met le secteur bancaire libanais en danger à travers sa profonde coordination avec la Jammal Trust Bank, qui a été qualifiée d’organisation terroriste en août 2019 », a ajouté le communiqué, soulignant qu’Atlas Holding ainsi que plusieurs de ses filiales ont traité avec la Jammal Trust Bank. Selon le département du Trésor américain, la Jammal Trust Bank aurait « facilité des transactions à hauteur de centaines de millions de dollars pour le compte d’Atlas Holding et de ses filiales ».

Dans les détails, le département du Trésor indique qu’Atlas Holding « contrôle au moins dix entreprises dans de nombreux secteurs au Liban, y compris le carburant, les produits pharmaceutiques, le tourisme et l’habillement ».

« À la fin de 2017, Atlas faisait partie de plusieurs entités identifiées comme étant subordonnées au conseil exécutif du Hezbollah, qui profite de l’apparence légitime et civile de ses entités pour dissimuler les transferts d’argent destinés à l’usage militaire du Hezbollah. Bien que le financement de ces sociétés soit versé dans les caisses et les activités militaires du Hezbollah, la formation espérait que les fonds commerciaux apparemment légitimes pourraient la protéger des sanctions », indique le département du Trésor.

La Fondation du martyr dépendait directement de l’Iran dans les années 80 avant de devenir, dans les années 90, une institution dépendant du Hezbollah. Elle subvient aux besoins des familles de milliers de combattants de la formation chiite tués dans le conflit contre Israël, et plus récemment dans la guerre en Syrie. Selon des sources informées, elle aurait réduit récemment ses aides en raison des difficultés financières du parti. Seraient notamment affectées les familles des volontaires tués en Syrie, qui reçoivent moins d’aides que celles des familles des membres de permanents du parti tués dans ce pays.

Le 13 décembre 2019, le département du Trésor américain avait sanctionné deux ressortissants libanais, Nazem Said Ahmad et Saleh Assi, propriétaires de plusieurs entreprises en RDC, accusés d'avoir financé, à hauteur de dizaines de millions de dollars, « les activités du groupe terroriste Hezbollah », selon un communiqué consulté par l'AFP.

Fin janvier, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, avait appelé les pays alliés des Etats-Unis à mener des actions plus énergiques contre le Hezbollah. Quelques jours plus tard, l'ancien ambassadeur des États-Unis au Liban, Jeffrey Feltman, avait affirmé qu'il comprenait le débat sur d'éventuelles sanctions américaines contre l'ex-ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, « responsable de l'extension de l'influence du Hezbollah au Liban ».

Le « parti de Dieu » a été créé en 1982 à l'initiative des gardiens de la révolution d'Iran, dans la foulée de l'invasion israélienne du Liban. Seule faction à ne pas avoir abandonné son arsenal militaire à l'issue de la guerre civile libanaise (1975-1990), le Hezbollah s'est imposé à domicile comme une force politique incontournable, siégeant pour la première fois en 2005 au gouvernement. Le mouvement libanais est aussi militairement impliqué dans le conflit qui ravage la Syrie depuis 2011, au côté du pouvoir de Bachar el-Assad.



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Chucri Abboud

Le Liban est-il donc une colonie américaine ?
C'est vraiment inadmissible !

Eleni Caridopoulou

Les américains ont raison mais c'est le peuple libanais qui paye

Pierre Hadjigeorgiou

Ce n'est que le début! GB et compagnie suivront sous peut. J'ai cru lire dans un autre article que le Président jubile sur le fait que le Liban a commencé les forages... Il a oublié seulement que ceux-ci sont effectués par ceux la même qui les sanctionnent. Jamais le Liban ne pourra exploiter ses ressources tant que le Hezbollah existera! Frondeurs ne vous trompez pas de cibles! Tout changera en moins de deux des que ce parti étranger sera neutralisé. Le reste sera réalisé en moins d'un mandat présidentiel de l’électricité, a l'eau, aux pensions, etc...

Saliba Nouhad

On a beau ne pas aimer les américains et leurs tendances impérialistes dans le monde, mais, avouons-le, le Liban a toujours été une démocratie (théoriquement) ouverte vers l’Occident, possédant le plus grand nombre d’universités aux curriculums des meilleurs niveaux internationaux, attirant les étudiants et les élites de tous les pays arabes, avec un niveau d’éducation supérieur à tout son environnement rétrograde....
C’est pourquoi, depuis l’installation du Hezbollah dans notre environnement social et politique, avec sa structure théocratique et autoritaire, on réalise qu’il fait fausse note et contre nature pour la réalité Libanaise éduquée, libérale et ouverte sur le monde...
Lorsque le Hezbollah veut aller guerroyer en Syrie, Irak, Yémen et autre à la solde de l’Iran, en envoyant sa jeunesse comme chair à canon, pour ensuite créer une “fondation des martyrs” aux tentacules multiples, échappant totalement au contrôle de l’état, on ne peut qu’applaudir à ces mesures de rétorsion de ces sanctions américaines, car notre gouvernement est totalement impuissant, sinon complice de cette milice qui serait en grande partie responsable de notre débâcle économique (sans vouloir minimiser le rôle de corruption généralisée de nos politiciens)!
Et ce n’est pas pour rien que même notre ex-ministre des affaires étrangères est dans la ligne de mire de ces sanctions, ayant fait beaucoup de torts à notre position diplomatique dans le monde!

Sissi zayyat

Ils aboient à longueur de journée pour faire arrêter la corruption et poursuivre les corrompus alors qu’ils ont dépouillé le pays et raclé les fonds des tiroirs-caisses.
On comprend mieux pourquoi ils refusent que le FMI se penche sur les comptes tenus par les voleurs vertueux et au dessus de tout soupçon.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET APRES... A QUAND LA FIN ?

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