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Économie

Washington sanctionne la Jammal Trust Bank pour ses liens avec le Hezbollah

Liban

"Les institutions financières corrompues comme Jammal Trust Bank sont une menace directe à l'intégrité du système financier libanais", a affirmé la sous-secrétaire au Trésor en charge de la lutte contre le financement du terrorisme, Sigal Mandelker.

OLJ
30/08/2019

Le Trésor américain a annoncé jeudi soir des sanctions contre la banque libanaise Jammal Trust Bank, accusée de faciliter "les activités bancaires du Hezbollah".  "Les institutions financières corrompues comme Jammal Trust Bank sont une menace directe à l'intégrité du système financier libanais", a affirmé la sous-secrétaire au Trésor en charge de la lutte contre le financement du terrorisme, Sigal Mandelker.

Jammal Trust, qui opère au Liban depuis plusieurs décennies, est officiellement qualifiée par Washington d'organisation "terroriste" pour avoir fourni des services financiers au conseil exécutif du Hezbollah et à la Fondation des martyrs, basée en Iran. L'établissement bancaire est accusé d'avoir laissé le Hezbollah utiliser des comptes pour payer ses représentants et leurs familles et d'avoir "activement dissimulé ses relations bancaires avec de nombreuses organisations affiliées à la Fondation des Martyrs". Cette dernière organisation, déjà placée sur la liste noire des sanctions américaines depuis 2007, est considérée comme une entité parapublique iranienne transmettant un soutien financier au Hezbollah notamment.

Quatre autres filiales de la Jammal Trust, spécialisées dans l'assurance, sont également mises à l'index.

Cette pression sur Jammal Trust, une banque à la taille modeste mais considérée comme "un établissement de choix" pour le Hezbollah, selon un responsable américain, "doit être considéré comme un avertissement". Il s'agit de faire comprendre "au Hezbollah et à ses marionnettistes iraniens qu'ils doivent rester en dehors des institutions financières libanaises", a affirmé un responsable de l'administration américaine sous couvert de l'anonymat. La stratégie est "d'étouffer toutes les possibilités de financement", a-t-il ajouté.

Peu de temps après l'annonce, le secrétaire d’État Mike Pompeo, a déclaré que ces sanctions "illustrent notre détermination à lutter contre les activités illégales et terroristes du Hezbollah au Liban". "Nous continuerons de viser les personnes et les sociétés impliquées dans le financement et le soutien au Hezbollah", a-t-il ajouté.


(Pour mémoire : Action collective lancée aux États-Unis contre des banques libanaises : l’ABL relativise)



Ces sanctions gèlent les avoirs de la banque aux États-Unis et interdisent toute transaction via le système financier américain.

Le Trésor américain enjoint le gouvernement libanais de pallier les conséquences de ces sanctions pour "les détenteurs innocents de comptes en banque qui ignoraient que le Hezbollah mettait leurs économies en danger", affirme encore le communiqué.

L’Association des banques du Liban (ABL) a immédiatement regretté que la Jammal Trust Bank ait été placée sur la liste des entités sanctionnées pour terrorisme de l’OFAC, l’agence du Trésor américain en charge des sanctions. Dans un communiqué publié dans la soirée, l'ABL assure que ces sanctions contre la banque libanaise n'auront "aucun impact sur le secteur bancaire libanais, de quelque manière que ce soit".Tout en réaffirmant "le respect par le secteur bancaire libanais des règles internationales et libanaises en vigueur", l'ABL souligne que les dépôts de la Jammal Trust Bank (qui représentent moins de 0,5% du total des actifs de la soixantaine de banques établies au Liban), étaient "sûrs". Elle salue "la capacité de la Banque du Liban à prendre toutes les mesures nécessaires pour traiter le problème, comme cela s'était produit précédemment".

Washington, en partenariat avec le sultanat d'Oman a en outre ajouté sur sa liste des sanctions, quatre financiers, basés au Liban et à Gaza. Elle les accuse d'avoir transféré des "dizaines de millions de dollars" entre la Force iranienne al-Qods, unité d'élite chargée des opérations extérieures au sein des Gardiens de la Révolution iranienne et les brigades al-Qassam, branche armée du mouvement islamiste Hamas au pouvoir à Gaza. Parmi ces intermédiaires financiers, Muhammad Sarur, basé à Beyrouth, est considéré comme le principal responsable de ces systèmes de transferts.

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