X

À La Une

Le Drian : "il faut que les autorités politiques libanaises se secouent"

crise

Le Liban "est dans une situation dramatique", déplore le chef de la diplomatie française.

OLJ/Agences
15/12/2019

Les responsables politiques libanais doivent "se secouer" et mettre fin à la crise qui paralyse le pays en formant un gouvernement d'ici "Noël", a déclaré dimanche le chef de la diplomatie française.

"Il faut que les autorités politiques se secouent parce que le pays est dans une situation dramatique", a lancé Jean-Yves Le Drian dans l'émission "Questions politiques" sur la radio France Inter. "Le président (Michel) Aoun a annoncé qu'à partir de demain il allait reprendre des consultations (pour la formation d'un gouvernement). Je souhaite que ça puisse aboutir pour Noël", a insisté le ministre français des Affaires étrangères. "Dans quelque temps, le pays aura du mal à s'approvisionner en matières essentielles. Des entreprises commencent à ne plus payer les salaires. Il est très urgent d'agir", a souligné Jean-Yves Le Drian. "Les manifestations dépassent les clivages antérieurs qui existaient au Liban entre les religions, les géographies, les ethnies, les clans", a-t-il poursuivi. "On a une nouvelle donne dans la population. Ils veulent de la transparence (...). Ils veulent en finir avec un dispositif qui fait que la gouvernance était assurée par des rapports de force entre les différents clans."


(Reportage : « Pourquoi ? » : les manifestants consternés, dans le centre-ville de Beyrouth, par la violence de la répression)



La révolte populaire sans précédent a réussi à obtenir la démission du gouvernement de Saad Hariri, le 29 octobre. Depuis, le président de la République, Michel Aoun, n'a toujours pas désigné un nouveau Premier ministre, en raison des différends entre les formations politiques autour de la nature du prochain cabinet. Le chef du gouvernement sortant Saad Hariri est actuellement donné favori et pourrait être à nouveau nommé demain à l'issue des consultations parlementaires contraignantes qu'organise la présidence de la République au palais de Baabda.

La première réunion internationale consacrée au Liban depuis le déclenchement du soulèvement s'est tenue le 11 novembre à Paris. Elle a adressé depuis la capitale française un message clair : le Liban n’est pas abandonné, mais il doit former dans les plus courts délais un gouvernement "efficace et crédible" capable de mener à bien les réformes nécessaires pour continuer de jouir de l’appui de la communauté internationale.

Réuni au Quai d’Orsay, le Groupe international de soutien au Liban avait estimé qu’il était "urgent de mettre en place un nouveau gouvernement aussi vite que possible". La réunion était coprésidée par la France et les Nations unies, et rassemblait des représentants de la Chine, d’Égypte, d’Allemagne, d’Italie, de France, du Koweït, des Émirats arabes unis, de Russie, du Royaume-Uni et des États-Unis, de même que de plusieurs institutions internationales, dont la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Les États-Unis étaient représentés par leur secrétaire d’État adjoint pour le Moyen-Orient, David Schenker. L’Arabie saoudite, donnée initialement présente, n’était finalement pas autour de la table.

A cette occasion, Jean-Yves Le Drian avait déjà appelé les responsables politiques à "mettre de côté leurs intérêts propres et avoir à l’esprit l’intérêt général de tous les Libanais". "Les Libanais sont mobilisés depuis plusieurs semaines pour demander des réformes. Ils doivent être entendus. La situation économique du pays l’exige", avait-il martelé. "Le seul critère doit être celui de l’efficacité de ce gouvernement au service des réformes attendues par la population" avait estimé M. Le Drian, lors de la séance de clôture de la réunion.

Samedi soir, à Beyrouth, des dizaines de personnes ont été blessées dans des heurts, alors que les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser des manifestants antipouvoir. Les manifestations de masse qui secouent le Liban depuis le 17 octobre pour dénoncer une classe politique accusée de corruption et d'incompétence se tiennent généralement dans le calme. Mais ces dernières semaines, les accrochages se sont multipliés. A plusieurs reprises, des partisans du Hezbollah et d'Amal s'en sont pris à des rassemblements de la contestation, à Beyrouth, mais aussi à Tyr et Baalbeck, deux grands bastions des partis chiites. Cette semaine, l'armée et la police ont aussi eu recours à la force pour disperser les contestataires.



Lire aussi

Fumant !, l'éditorial de Issa Goraieb

Appels à manifester pour la "dignité", à la veille des consultations de Baabda

Affrontements de samedi : Raya el-Hassan ordonne une enquête

«Ya aayb el-choum»,  Un peu plus de Médéa AZOURI

Nous sommes tous libanais (oui, tous)

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Sissi zayyat

Monsieur Le Drian sait pertinemment qui est derrière le blocage du processus de sauvetage. Malheureusement si les libanais n'ont pas le courage de les nommer personne ne pourra rien pour le Liban. Ce n'est pas aux états amis de le faire.

Au lieu de prendre des tournures pour expliquer que HB, Amal et leurs supporters il faut que les partis opposant les dénoncent et les clouent au pilori face à leurs actes.
Il faut demander de l'aide aux autres pays ouvertement en précisant que nous sommes coincés et ne pouvons plus avancer à cause de Hassan Nassrallah qui prend le pays et ses citoyens en otage pour exécuter les plans d'Iran. Mais il faut que ca soit fait publiquement et officiellement sans retenue.
Le seul moyen d'y arriver est de faire un choix patriotique quitte à fâcher HN pour le pousser à se démasquer. Voilà tout.
Soit il sera un vrai patriote et se plie à la volonté du peuple ou bien il montre ses crocs et ce sera aux libanais de jouer.
Il est en train de créer un terrain favorable à une sédition et utilise avec Berry le plan de diviser le peuple et ses protecteurs avec la bénédiction du CPL alors vite agissez avant qu'ils ne réussissent leur coup.
Les échauffourées de samedi en sont la meilleure preuve.

hala younes

QUELQUE SOIT LE FOND DE CE QU IL DIT CE N EST PAS EN CES TERMES QU ON S ADRESSE AUX DIRIGEANTS D UN PAYS , POUR QUI SE PREND CE MONSIEUR?

MGMTR

Bravo la France, merci !

Irene Said

Monsieur le Drian,
vous n'avez pas le droit de nous conseiller et de nous dire ce que nous devons faire pour sauver notre pays,...mais nous Libanais avons le droit de vous dire quoi faire chez vous à Paris...compris !?
Irène Saïd


Amir Amiri

Asa

Eleni Caridopoulou

Bravo M. Le Driàn mais le pauvre Liban n peut rien faire sans que l' Iran donne son OK

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE DRIAN ET TOUT LES RESPONSABLES ETRANGERS LE COMPRENNENT. LES BOITES VIDES DE NOS ABRUTIS CORROMPUS ET INCOMPETENTS NE VEULENT PAS LE COMPRENDRE. IL LEUR FAUT TOURNER LA MACHINE MAIS COMMENT QUAND ILS N,ONT PLUS DE MATIERE !
LE PAYS S,EFFONDRE ET ILS MARCHANDENT TOUJOURS.
GARE CAR LA CONTESTATION PEUT VITE DEVENIR REVOLUTION !

BOSS QUI BOSSE

Le friand drian n'a pas à nous dire ce qui est urgent et bon pour le libanais.

Par contre il pourrait conseiller aux français qui ont tout de finir le blocage de Paris.

Les français au M.O sont encore plus nocifs que leurs maîtres us/sionistes.

Irene Said

Messieurs Michel Aoun, Nabih Berry et Saad Hariri, comment pouvez-vous encore supporter que l'on vous répète les mêmes avertissements et conseils depuis deux mois...sans rien entreprendre de concret pour sauver notre pays ?
Un enfant ne se le permettrait pas...il aurait honte...
ou il irait se cacher et laisserait la place à d'autres
ayant plus de courage et de volonté !!!
Irène Saïd

Bustros Mitri

Ca s’appelle la guerre froide cher Monsieur..Un mur politique sépare les libanais , sur la ligne du un tiers/ deux tiers..
Il faudrait nous aider à fouiller leurs poches et leurs comptes en banque pour que ça bouge...

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants