Nominations

Vers une nouvelle collusion CPL-Futur ?

Samir Geagea s’entretient avec Saad Hariri et revient à la charge, exhortant le président Michel Aoun à remettre à sa place Gebran Bassil.

Saad Hariri s’entretenant avec Samir Geagea en présence de Ghattas Khoury et Melhem Riachi. Photo Dalati et Nohra

Bien au-delà de la séance calme qu’a tenue le Conseil des ministres hier au Sérail, c’est surtout sur le dossier des nominations administratives que les regards sont braqués pour évaluer la nouvelle phase dans les rapports entre les deux piliers du compromis présidentiel, à savoir le Courant patriotique libre et le courant du Futur, inaugurée à la suite de la longue réunion tenue lundi entre le Premier ministre, Saad Hariri, et le chef du CPL, Gebran Bassil.

À la faveur du climat d’optimisme et d’entente distillé par les deux partis à l’issue du meeting de MM. Hariri et Bassil, lundi, nombreux sont ceux qui s’attendent à une nouvelle collusion entre aounistes et haririens en matière de nominations. Ce cas de figure s’était présenté il y a près de deux ans, lorsque le gouvernement Hariri II avait procédé à un train de nominations jugé monochrome (en faveur du CPL), avec l’approbation du Futur, lequel était lui aussi parvenu à mener ses candidats à certains postes-clés de l’administration, avec la bénédiction du CPL… grâce au partenariat qui lie les deux formations depuis 2016.

Ce tableau n’est certainement pas sans susciter des interrogations autour du positionnement du Futur entre ses deux alliés chrétiens, le CPL et les Forces libanaises, qui se préparent déjà à une bataille acharnée en Conseil des ministres en matière de nominations administratives.

Interrogé à ce sujet par L’Orient-Le Jour, un cadre FL se montre particulièrement confiant en misant sur le Premier ministre. « Nous sommes sûrs que Saad Hariri fera barrage à toutes les tentatives de monopoliser les postes vacants au sein de l’administration », dit-il, rappelant que lors des laborieuses tractations pour la formation de son cabinet, le chef du gouvernement avait refusé de former une équipe à laquelle les FL ne prendraient pas part. Le responsable au sein du parti de Samir Geagea s’empresse cependant de préciser que l’opposition de sa formation à toutes nominations monochromes ne signifie pas que les FL cherchent à garantir leur quote-part de nominations. « Il s’agit simplement de continuer à plaider pour la mise en application d’un mécanisme clair fondé sur le mérite, afin de mener les bonnes personnes aux bonnes places », souligne le cadre précité.


(Lire aussi : La cohabitation entre Bassil et Hariri réanimée)



« Un mécanisme clair »

Cette question a naturellement été, entre autres, au menu de l’entretien entre Saad Hariri et Samir Geagea, hier à la Maison du Centre. Étaient présents Melhem Riachi et Ghattas Khoury, respectivement collaborateurs de MM. Hariri et Geagea. « Nous ne voulons rien en matière de nominations. Ce qui nous importe, c’est l’application d’un mécanisme clair », a déclaré M. Geagea à l’issue de la rencontre, se félicitant du fait qu’avec le Premier ministre, il converge sur la préservation de la souveraineté. « Jusqu’à présent, nous n’avons donné aucun bon signe quant aux réformes », a déploré le leader chrétien, exhortant le gouvernement à s’acquitter de ses responsabilités sur ce plan. Pour en revenir aux nominations et plus tôt dans la journée, le leader des FL était revenu à la charge, critiquant implicitement les tentatives de Gebran Bassil de monopoliser les postes réservés aux chrétiens.

S’exprimant lors d’un point de presse à l’issue de la réunion du bloc de La République forte, Samir Geagea n’a pas mâché ses mots : « La tension politique observée récemment n’a d’autre cause que les nominations, parce qu’un des adhérents au compromis présidentiel insiste pour que toutes les nominations aux postes chrétiens lui reviennent », a-t-il tonné, dans une claire allusion au chef du CPL. Il est « désormais impossible de sauver la situation sans intervention directe du président Michel Aoun ».

De leur côté, les milieux haririens préfèrent pour l’instant fuir cette question épineuse, accordant la priorité à la pérennité de l’entente élargie de 2016. « Il n’est pas encore question de nominations. Les discussions à ce sujet n’ont même pas commencé », confie une source proche de la Maison du Centre.

Cette prudence quant aux nominations administratives se fait également sentir chez les aounistes, qui multiplient les signaux positifs en direction de la Maison du Centre. Le bloc dit Le Liban fort a ainsi évité de s’attarder sur ce dossier, mais a réitéré son attachement indéfectible à son partenariat avec les haririens. S’exprimant à l’issue de la réunion hebdomadaire du bloc tenue hier au siège du CPL à Sin el-Fil, le ministre d’État pour les Affaires de la présidence, Salim Jreissati, a indiqué que M. Bassil a insisté sur le caractère « solide » des rapports avec le courant du Futur et Saad Hariri, dans la mesure où ils sont « essentiels pour la stabilité dans le pays ».


(Lire aussi : Geagea à Aoun : Agissez parce que Bassil contrôle le jeu sans limites !)



Le Conseil des ministres

En attendant la bataille pour les nominations administratives et à la faveur de la rencontre Hariri-Bassil, le Premier ministre est parvenu à présider au Grand Sérail la première séance gouvernementale depuis l’adoption du budget (le 24 mai dernier) dans une atmosphère calme. À en croire des milieux ministériels, la réunion a permis à l’exécutif d’approuver quarante des cents points prévus à l’ordre du jour (voir aussi page 5).

Prenant la parole au début de la séance, Saad Hariri a insisté sur l’importance d’adopter le budget au Parlement dans les plus brefs délais. « La solidarité ministérielle exige que nous défendions, à la Chambre, ce que nous avons approuvé en Conseil des ministres », a-t-il déclaré, exhortant les ministres à « faire preuve d’un sens des responsabilités et de solidarité lors des débats ». Notons enfin que le président du Parlement, Nabih Berry, a convoqué la Chambre à une séance législative (non consacrée au vote du budget), le mercredi 26 juin, à 11 heures.


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commentaires (6)

Rien ne va changer au Liban . Des rencontres tribales pour nommer des petits chefs de tribus . Triste .

Antoine Sabbagha

18 h 04, le 19 juin 2019

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Commentaires (6)

  • Rien ne va changer au Liban . Des rencontres tribales pour nommer des petits chefs de tribus . Triste .

    Antoine Sabbagha

    18 h 04, le 19 juin 2019

  • LES BULLES DE GAZ A L,ODEUR PESTILENTIELLE DEVIENNENT UN AIR DE FOLKLORE DANS L,ATOLL CRABIEN QU,EST DEVENU LE PAUVRE LIBAN. DOMMAGE ET MILLE FOIS DOMMAGE ! C,EST TRES TRISTE ET TRES MALHEUREUX.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 54, le 19 juin 2019

  • Je déduis que les nominations monochromes revendiquées par Maître Goupil mijotent déjà sur un feu doux. C'est la politicardie à la sauce libanaise. Il ne reste à Samir Geagea qu'à bougonner : "Adieu, veau, vache, cochon, couvée..." A la prochaine fois.

    Honneur et Patrie

    12 h 02, le 19 juin 2019

  • Je me demande comment Saad Hariri fait encore confiance au gendre ministre touche-à-tout qui change de position vingt fois par jour comme un tournesol et ce, pour un strapontin à Baabda. C'est l'histoire du renard et le corbeau...

    Honneur et Patrie

    11 h 07, le 19 juin 2019

  • J,AI DIT : SANS MAZOUT POINT DE BULLES DE GAZ !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    07 h 05, le 19 juin 2019

  • Sahh al nawm M. Geagea.

    Lecteurs OLJ

    06 h 57, le 19 juin 2019