Des pneus incendiés lors d'une manifestation sur la route reliant Abdé à Halba, dans la région du Akkar au Liban-Nord, le 20 mai 2026. Photo relayée par Michel Hallak
Des manifestants ont brièvement coupé, mercredi matin, la route reliant Abdé à Halba, au niveau des localités de Deir Dloum et Majdala, dans le Akkar (Liban-Nord), à l'aide de pneus incendiés, sur font de contestation de proches de détenus islamistes concernant la proposition de loi d'amnistie, qui devrait être adoptée jeudi par le Parlement.
La voie a été rapidement rouverte par l'armée, qui a retiré les pneus obstruant la voie publique, selon les informations de notre correspondant Michel Hallak. Cette manifestation, qui avait débuté à 7 heures du matin, avait provoqué d'énormes embouteillages, la route coupée étant un des axes majeurs de la région.
Cette même route a déjà été coupée mardi, après l'approbation par les commissions parlementaires conjointes du texte pour l'amnistie générale, jugé « injuste et inéquitable » par les proches de détenus islamistes. Mardi, des mouvements de protestation ont été signalés dans plusieurs régions du Liban, notamment à Tripoli, au Akkar, dans la localité frontalière de Ersal (Baalbeck-Hermel) ainsi qu’à Khaldé, au sud de la capitale libanaise, pour dénoncer ce texte, finalement approuvé au terme d’un débat de plusieurs semaines, avec des modifications prenant en compte les exigences des protagonistes, dont l’armée libanaise.
Le débat a débouché sur des modifications significatives du texte, qui concernent notamment les détenus condamnés à la peine de mort, qui n’a plus été appliquée depuis 2004. Ils passeront désormais 28 années carcérales (à raison de 9 mois chacune) derrière les barreaux. Quant aux prisonniers condamnés à la perpétuité, leur peine est désormais réduite à 17 années carcérales. Naturellement, plusieurs détenus dits « islamistes » pourraient profiter de cette nouvelle disposition de la loi, comme le veulent certains ténors de la communauté sunnite, sauf que le texte proposé dispose que la loi ne s’appliquera pas dans le cas où les proches des victimes de meurtre ne se désistent pas de leur droit personnel.


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