X

Économie

Le gouvernement veut réduire davantage les dépenses des ministères

Budget 2019

L’exécutif espère que les économies supplémentaires lui permettront d’honorer l’engagement pris durant la CEDRE de baisser à 8 % la part du déficit public par rapport au PIB pour l’année en cours.


10/05/2019

Le gouvernement, qui s’est réuni une nouvelle fois hier en Conseil des ministres afin de poursuivre l’étude de l’avant-projet de budget pour l’année en cours, s’est engagé à réduire davantage les dépenses de tous les ministères, de 660 à 800 millions de dollars, de sorte à aboutir à un ratio déficit public/PIB situé entre 7 et 8 %.

« Tous les postes de dépenses ont été passés en revue, et les montants des réductions des dépenses ont été fixés de manière à obtenir 1 000 à 1 200 milliards de livres (660 à 800 millions de dollars) d’économies par rapport à l’avant-projet de budget de 2019 », a annoncé le ministre de l’Information, Jamal Jarrah, lors d’un point de presse à l’issue de la réunion.

L’avant-projet de budget de 2019 prévoit déjà une réduction de l’ordre de 1,6 milliard de dollars du déficit par rapport à celui effectivement enregistré en 2018. Le déficit prévu dans l’avant-projet de budget pour 2019 totaliserait 4,68 milliards de dollars, alors que le déficit réel pour 2018 devrait se situer à 6,3 milliards de dollars, selon plusieurs estimations convergentes. Toutefois, si l’on tient compte des 793 millions de dollars d’avances du Trésor déjà débloqués par le Parlement cette année pour payer le carburant commandé par Électricité du Liban, le déficit public prévu pour 2019 devrait plutôt être autour de 5,4 milliards de dollars. « Cela a nécessité du temps, environ deux heures (...), afin que chaque ministre étudie la manière de mettre en œuvre ces réductions des dépenses au sein de son ministère », a poursuivi M. Jarrah. Il a expliqué que chaque ministre devra soumettre, lors d’une nouvelle réunion du Conseil des ministres prévue aujourd’hui, les sources identifiées d’économies budgétaires au sein de son ministère pour arriver à cette réduction, « de sorte à respecter notre objectif de baisser le déficit public entre 7 et 8 % du PIB », en référence à l’engagement pris par le Liban lors de la conférence de Paris, dite CEDRE, en avril 2018. Beyrouth s’était en effet engagé à baisser de cinq points de pourcentage le ratio déficit public/PIB sur une durée de cinq années consécutives. Le gouvernement avait présenté à ce moment-là un budget prévisionnel pour 2018 dont le déficit public ne dépassait pas les 9 % du PIB (alors qu’en réalité il a fini par atteindre 11,2 % cette même année), ce qui signifie que celui de 2019 devrait baisser à 8 %.



(Purge illusoire, le billet de Gaby NASR)



Estimations peu fiables
Le mois dernier, le ministre des Finances Ali Hassan Khalil avait assuré que l’avant-projet de budget pour 2019 (dans sa version initiale) tablait sur un déficit représentant moins de 9 % du PIB, en se basant sur une croissance de 1,5 % la même année. Tandis que la Banque mondiale table sur une croissance de 0,9 %, et le Fonds monétaire international sur 1,3 %.

Le ministre de l’Économie Mansour Bteich avait d’ailleurs remis en cause la fiabilité des objectifs chiffrés avancés par Ali Hassan Khalil dans l’avant-projet de budget, tant sur l’estimation du déficit public que celle de la croissance du PIB, en pointant du doigt des calculs approximatifs et contradictoires.

Une source anonyme avait indiqué à L’Orient-Le Jour que les donateurs de la conférence de Paris allaient « probablement demander au FMI de vérifier la sincérité, la crédibilité et la faisabilité du projet de budget de 2019 ». La prochaine visite de la mission du FMI au Liban dans le cadre des consultations annuelles au titre de l’article IV est programmée pour juin, après un premier passage en mars dernier au cours duquel la délégation a décidé de suspendre son évaluation en attendant que le budget de l’État pour 2019 soit adopté.

En attendant de voter ces nouvelles réductions budgétaires, le Conseil des ministres a approuvé une proposition faite il y a trois mois par le ministre des Télécommunications, Mohammad Choucair, qui permettrait à l’État d’économiser 2 millions de dollars par an. Cette mesure prévoit que tous les fonctionnaires et responsables d’institutions publiques bénéficiant d’une ligne téléphonique mobile gratuite, payée par les institutions les employant, seront désormais tenus de payer leurs propres factures téléphoniques.



(Lire aussi : Budget 2019 : des dispositions polémiques en passe d’être tranchées aujourd’hui)



Des mesures polémiques toujours en suspens
Les ministres étaient censés aborder hier plusieurs dispositions polémiques, qu’ils avaient laissées en suspens, notamment l’article 30 de l’avant-projet de budget prévoyant une nouvelle hausse de la taxe sur les intérêts bancaires de 7 à 10 %, qui avait déjà été relevée de deux points en octobre 2017. Cette disposition a été critiquée par les représentants du secteur bancaire. Attendue pour la réunion d’hier, une étude concernant l’ensemble des services de sécurité et de l’armée doit être présentée aujourd’hui par les ministres de l’Intérieur et de la Défense. Ils feront des propositions sur la base desquelles le gouvernement tranchera, notamment sur l’article 55 du texte qui prévoit une ponction mensuelle de 3 % sur les pensions de retraite des militaires en échange de leur couverture maladie. Les militaires à la retraite, les fonctionnaires et de nombreux groupes et syndicats avaient lancé des mouvements de grève et organisé des sit-in, craignant que les mesures d’austérité annoncées dans cet avant-projet ne portent atteinte à leurs avantages salariaux et sociaux. « Il n’y a pas eu de discussions autour des réductions de salaire (des fonctionnaires) », a assuré M. Jarrah, en réponse à une question d’un journaliste. « Les points relatifs aux salaires ont été mis de côté, en attendant l’étude d’autres dispositions, et sachant que de nouvelles propositions ont été faites par certains ministres pour augmenter les recettes et réduire les dépenses », a-t-il expliqué. Le ministre a d’ailleurs laissé entendre que de nouvelles réunions du Conseil des ministres seront prévues durant le week-end, alors que le gouvernement prévoyait de finaliser l’examen du texte aujourd’hui.



Lire aussi

Budget 2019 : confusion sur les dispositions relatives aux militaires

Quels services ont été affectés par la grève de la BDL ?

Les juges décideront ce matin du sort de leur mouvement

Budget 2019 : le FMI fait « confiance » au gouvernement, assure Bteich

Budget 2019 : qui supportera le poids de l’austérité ?

Les tiroirs de la fêtel'édito de Issa Goraïeb

Lettre ouverte aux dirigeants libanais, de Médéa AZOURI


À la une

Retour à la page "Économie"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

gaby sioufi

Y EN A QUI AIMENT TT LE TEMPS RIGOLER !
KHAYY CA DESTRESSE NOS PAUVRES MINISTRES TELLEMENT DE SOUCIS ILS ONT... IMAGINEZ LES A TROUVER A FAIRE DES ECONOMIES.... CE TRAVAIL DANTESQUE EN QQS JOURS....
IMAGINEZ LE RESULTAT OBTENU.
PS/ SUREMENT MOINS ABERRANT QUE L'ECHELLE DES SALIRES ELABOREE PAR IBRAHIM K EN TT CAS !

Gebran Eid

DÉDUIRE DAVANTAGE LES DÉPENSES DES MINISTÈRES, OU DÉDUIRE LES AVANTAGES DES MINISTRES, CHAUFFEURS, VOITURES DE LUXES, GARDES DU CORPS, ETC....ETC....

Tina Chamoun

Pas touche à mon porte-billets mais à oui à mon portefeuille !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CA CE SONT DES SOUHAITS. SANS UNE COMMISSION DE CONTROLE OBLIGATOIRE ET INSTANTANEE SUR TOUS LES MINISTERES RIEN DE CA NE SERA APPLIQUE ! JE VOUS LE DIS.

Stes David

Je pensais d'abord avoir lu "Le gouvernement veut réduire davantage les dépenses des ministres" et je pensais "bonne idée" mais il s'agit des ministères et non pas des ministres ...

NAUFAL SORAYA

« Cela a nécessité du temps, environ deux heures (...), afin que chaque ministre étudie la manière de mettre en œuvre ces réductions des dépenses au sein de son ministère »:

Non mais, on croit rêver... du temps = 2h???

Si c'était aussi simple d'alléger un budget, pourquoi ont-ils attendu tant de temps pour le faire???

Dernières infos

Les signatures du jour

Un peu plus de Médéa AZOURI

Collabos ou résistants ?

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants